‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 117 sur 377 · AUTONOMIE FINANCIÈRE · texte numérisé non relu

AUTONOMIE FINANCIÈRE

Pourquoi l'Irlande échapperait-elle a la loi de tous les pays, de tous les peuples dont la condition politique s'améliore? cette loi ne souffre pas d'exception. L'indépendance, même une indépendance relativement imparfaite, s'est toujours payée cher. Il en sera très certainement ainsi de l'Irlande.

'5° Autonoînie financière de l' Irlande. — C'est ce qui résulte des discussions qui se sont engagées a propos de Tautonomie financière de l'Irlande. Quel aurait été le bilan financier du nouvel Etat? On admettait en général (pi'eu égard a sa population et a ses ressources, il aurait, du contribuer pour 1/10 dans les dépenses communes, évaluées a 13,500,000 1. s. ; soit 4,500,000 1. s. aux(|uels il aurait fallu joindre 2,000,000 1. pour sa part dans la dette de l'Angleterre : ensemble 6,500,000 1. En 1799, la dette de Tlrlande était de 1,400,000 \. s. L'attribution de 2 millions est donc très modérée. Il restait a y ajouter les dépenses locales qui ont représenté, en 1884,7,188,400; le tout formait 15,088,940 1. ; somme qui devait être augmentée des services auxquels l'Irlande avait a pourvoir directement, puisqu'ils cessaient d'être considérés comme des dépenses communes (police, salubrité, justice, canaux, routes, école, etc.). On ne peut les évaluera moins de 2 millions de l. ; ensemble 15,688,940 l. ou 591 millions de fr. faisant 78 fr. par tête.

On faisait face a cette dépense : 1" par le montant actuel des taxes générales 6,700,000 1. ; 2" par celui des taxes locales 5,788,940 1., ensemble 10,488,940 1. Le délicit était de plus de !5 millions de livres. Ce délicit s'augmentait des frais du gouvernement propre a l'Irlande. Par suite, le paiement de la rente foncière, due par les nouveaux propriétaires, devenait le fondement même du nouvel Etat.

Il n'y a dans ce fait rien de très extraordinaire. Le revenu foncier, l'impôt foncier sont dans beaucoup d'Etats le fondement de l'Etat. Sans cet impôt le gouvernement nouveau de l'Irlande ne pouvait fonctionner. La difficulté était grande.

J'ai montré, en elfet, en rendant compte des finances de la France pendant la Révolution, que les propriétaires anciens, affranchis des droits féodaux, des dîmes, des contributions

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