RÉSISTANCE DE L'ANGLETERRE
fiscal, le régime économique de l'Irlande devront fatalement différer <ln système fiscal, du régime économique de l'Angleterre, puisque les conditions qui déterminent fun et l'autre ne seront pas les mêmes qu'en Angleterre.
I 19. — Résistance de l'Angleterre
Le mouvement électoral de 1885 avait eu un double résultat. D'une part, la majorité des électeurs avait voté pour des représentants favorables aux réformes discutées devant eux ; d'autre part, cette majorité n'avait d'existence que par les 86 voix des députés irlandais. Ces 86 voix disposaient en fait du gouvernement de l'empire britannique.
Pendant la période électorale, le parti tory avait déclaré que des changements eflicaces étaient nécessaires et auraient lieu dans l'administration de f Irlande. Ce fut le prétexte saisi par les électeurs irlandais, fixés en Angleterre, pour lui accorder leurs voix : ce ne fut pas la raison. La raison était de démontrer aux whigs et aux radicaux réunis que, sans le concours des députés irlandais, tous leurs projets de réformes étaient a l'avance condamnés.
L'avantage des institutions libres, c'est que par un mode ou par un autre, elles permettent aux minorités de se défendre.
M. Gladstone n'avait pa^ besoin d'être le premier tacticien parlementaire de son temps pour comprendre cette situation. L'occasion se présentait à lui, occasion unique, de faire a l'Irlande et d'accomplir, en Angleterre, des réformes nécessaires. Il tendit la main aux Irlandais. Il conclut un pacte avec M. Parnell. L'acte frauduleux de 1800 serait rapporté. L'Irlande recouvrerait son indépendance, tout en demeurant membre, associée de la fédération anglaise. Elle en ferait partie an même titre que le Canada, que la colonie du Cap, sauf quelques changements commandés par la proximité. L'empire anglais ne pouvait se composer d'États soumis à des institutions contradictoires. Quant au passé d'oppression et