POLITIQUE DE M. GLADSTONE
de spoliation, justice serait rendue a l'Irlando. Les landlords seraient dépossédés et indemnisés {)ar elle avec le concours de l'Angleterre.
Dès la fin de novembre 1885, des rumenrs se propagèrent en Angleterre et en Europe sur les clauses de ce pacte. Ces clauses furent discutées avant d'être connues. L'opinion ne se trompa ni sur leur caractère, ni sur leur portée. Le débat fut ouvert de toutes parts. Le ministère tory était d'avance condamné. Il dut se retirer en février 1886. Quelques jours après le commencement de la session, M. Gladstone reprit le pouvoir en y associant la plupart des hommes politiques du parti radical M. Chamberlain, M. Morley, M. Jessé Collings, M. Arch, M. Broadhurst, tous ceux qui avaient conduit le grand mouvement réformateur de 1885. D'accord pour accomplir de vastes réformes en Angleterre, plusieurs des collègues, des amis de M. Gladstone se montrèrent opposés a tout arrangement sérieux avec l'Irlande. M. Gladstone passa outre; il déclara 'a la chambre des Communes que le moment d'opérer dans le gouvernement de l'Irlande des changements importants était venu ; il dcinanda un délai pour les formuler. Dans la séance du 4 mars 1886, M. llolmer provoqua sur le délai un débat des plus vifs qui révéla l'opposition probable de la chambre des Communes a la politique de M. Gladstone.
Depuis longtemps, surtout depuis le Land act de 1881, toutes les questions concernant l'Irlande avaient été traitées, toutes les probabilités de solution avaient été examinées soit dans les journaux, soit dans les revues, soit même dans plusieurs livres importants (1). Néanmoins le grand public et les
(1) A consulter : 1886, The Irish prohlem, a book of Light, parReid; ce livre contient des extraits de nombreux écrivains : Arthur .\rnold, Thorold Hogers, AUred Wallace, el des extraits des constitutions de la Suisse, l'Autriche-Hongrie, des l-ltats-Unis. Swift Macneille. Insli Parliament ; Shaw Lefevre, English and Irish land Laws, 1881; Nineteenth, lévrier 1881; Conteniporarxj , b.vn\ 1884; article du niarquis de Lorne, Contemporary . septembre 1885 ; Contemporanj , avril 1886 ; quatre articles de MM. Courtney, Laing, Michael Dawitt, Shawl^efevre- Nineteenth. mars 1886, la solution; Contemporary, février 1886, articles de MM. Dicey et Freeman ; yoi'tk atnerica revieœ, février 1886, article de H. Georges ; Economat, 13 février 1886.
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hommes politiques de second ordre, qui accommodent leurs opinions aux siennes, n'y avaient prêté (ju'une attention discrète. Très peu de personnes, même dans les cercles politiques, avaient sérieusement rélléchi au rôle décisif que les 86 Irlandais étaient appelés a jouer entre les whigs et les torys, a peu près en nombre égal, et à la nécessité inéluctable de faire droit aux demandes de l'Irlande. Le grand public fut donc surpris et mécontent de voir l'Angleterre a la merci de l'Irlande. Il est encore sous cette impression.
Les masses électorales de l'Angleterre (5 millions d'hommes) ne se sont réellement occupées de la question irlandaise que lorsque furent publiées les lettres échangées entre M. Gladstone et lord de Vesci sur les changements réclamés par l'Irlande. Lord de Vesci n'appartient pas au parti national, mais au parti loyaliste, c'est-a-dire au parti favorable au maintien de l'union entre l'Angleterre et l'Irlande. Lord de Vesci indiquait trois points : 4° le rétablissement de l'ordre, de la paix sociale; "i" la solution de la question agraire; 5" une administration indépendante en Irlande, sans rompre l'union.
Ces lettres saisirent le public de la question irlandaise tout entière. Les journaux les accompagnèrent de conlidences indiquant que, depuis le mois de novembre 1885, M. Gladstone et M. Parnell s'étaient mis d'accord. Ils révélèrent les conditions de cet accord: le rappel de l'union, l'établissement d'un libre parlement a Dublin, l'expropriation des landlords. Toutes ces conditions étaient depuis longtemps connues des publicistes (1) ; mais le public ne s'en doutait pas. Les esprits se montrèrent, même parmi les whigs, même parmi les radicaux, très perplexes. Leur anxiété fut augmentée par les dis-
(1) Consulter notamment : les discours de M. Gladstone et de M. Shaw Lelevre, les articles déjà cités Nmeteenth, mars 1884; Contemporary, avril 1884 et lévrier 1886. M. Henri Georges a consacré dans la No?'tk amcrica rcview {^kw'iQv 1886), un article à l'autononie de l'Irlande. Il n'a pas d'embarras à montrer l'elîroyable injustice de ces iniques fiefs Irlandais selon l'impression de M. Gladstone.
Enfln l'historien Freeman a examiné l'autonomie de l'Irlande dans le Contemporary (février 1886), 11 est favorable et se sépare ainsi de MM. l'roude et Leckv.
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eussions des journaux, la plupart liostiles a l'Irlande, notamment le TiiiicsoA VI-Jc()jif)/{>isf, par les déclarations d'Iiommes politi(|uos eonsidérahles, M. Forster, M. (iosclien, lord Selhorne, sir James Stcplien (1). On apprit (jue M. Gladstone n'avait donné a ses collèL;nes du cahinel que (piehjues indications et que ces indications avaient sufli pour déterminer le manjuis de Harlington, M. Trevelyan, même M. Chamberlain a se retirer.
Le mouvement électoral de 1885 avait préparé les Anglais il de nombreuses réformes en Angleterre, réformes (jui seraient accomplies grâce h l'immense popularité et h l'expérience de M. Gladstone. Au lieu de ces réformes, dont ils auraient profité, on leur proposait et les sacrifices considérables pour exproprier les landlords irlandais et les périls de la séparation de rirlande. Le contraste était pénible. Aussi de l'anxiété, le public passa bientôt à l'hostilité. On invoquait les nécessités de l'intégrité de l'empire, la crainte de voir l'Ecosse, le pays de Galles soulever les mêmes exigences, le danger de rendre a un peuple violent, presque sauvage, une indépendance dont il userait mal pour l'Angleterre, mal |)0ur lui-même. On s'apitoyait sur l'humiliation, les soulfranccs des Anglais abandonnés 'a leur malheureux sort en Irlande. L'Irlande pourrait-elle lever des troupes, entretenir des rapports diplomatiques, établir des impôts, des tarifs douaniers? Sans doute, le Canada, Maurice, le Cap, jouissent d'une complète liberté; mais ce sont des colonies éloignées. L'Irlande est aux portes de rAnglelerre. Aux objections politiques, économiques, se réunissaient les objections religieuses, si graves pour les Anglais. Pouvait-on déserter la cause protestante en Irlande, laisser sans défense, au milieu de catholiques fanatiques et féroces, les protestants Irlandais?
Mais ce qui navrait le plus, c'était l'apparition d'un emprunt de 5 milliards, le chiffre fatidique que la France avait subi en 1871. Le monde financier, très puissant en Angleterre, en-
(1) Lord. Selborne et sir James Stepheii sont des juriseoasultes de irrande autorité.
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trevit la baisse des consolidés, des valeurs. Dans la cité, les habitués du Stock-Exchange, Juifs, Américains, Grecs, ne pouvaient se faire a la nécessité d'émettre des rentes pour avoir les voix de M. Parnell. Les dynamitards leur semblaient moins dangereux que M. Gladstone.
Il y eut comme une clameur générale dans tous les journaux, les revues, les clubs, les meetings. L'historien Fronde, de retour d'un voyage autour du monde, déclara qu'il fallait reconquérir l'Irlande et que la force devait avoir encore le dernier mot (1). Sir James Stephen, propriétaire en Irlande, adressa plusieurs lettres au Timeîi pour démontrer l'alisurdité et la honte d'un libre parlement a Dublin (2). Le marquis d'Hartington, lui-ménîe, esprit ouvert et modéré, laissa entrevoir que l'emploi de la force pourrait redevenir nécessaire (5). M. Lccky, qui a écrit, avec un si grand talent, l'histoire des souffrances et des malheurs ^e l'Irlande au xvni" siècle , n'hésita pas 'a reconnaître que l'intérêt de l'Angleterre devait toujours primer les droits de l'Irlande (4). Ce fut un déchaînement général, qui n'a pas honoré l'Angleterre et qui projette des lumières nouvelles sur sa véritable condition morale. L'honorable M. James Caird, entouré d'une si grande considération, se montra plus équitable. Dans une lettre adressée au Times, il osa demander justice, justice pour l'Angleterre, justice pour l'Irlande, M. Caird croit que l'Irlande a droit a une réparation. Il demandait, an moins, un changement agraire
(1) JSineteenth. Septembre 1880. — L'article est d'une très extrême violence. M. Froude a depuis fait un voyage autour du monde dont il a rendu compte dans un livre charmant (Océana). Chemin Taisant, il aborde au Cap et prend parti en faveur des Boers contre les Anglais. Il établit longuement les motifs qui justifient l'autonomie des Boers tout en renouvelant ses attaques contre celle des Irlandais. — M. Froude a été très véhément dans la campagne électorale de 18SG.
(2) Times, 4 janvier 1886. « Le projet d'un parlement irlandais est si absurde, si monstrueux qu'il me fait reculer de honte et d'horreur. »
(3) Discours au Eighty club, 5 mars 1886.
(4) Après Augustin Thierry, M. Lecky est l'historien qui a le mieux compris les malheurs de l'Irlande (history of Eigtheenth century — livre remarquable). — Au mois de juin 18S6 une correspondance curieuse a été échangée, dans le Times, sur l'Irlande entre M. Leeky et sir Harcourt.
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complot et sans rom|»i'e runion, un tout antre régime |)0litiquo (I).
La justice ! c'est bien, eu ell'et, de la justice (|u"il b'agit. Aussi est-ce sur ce terrain que, dans la mémorable séance du 8 avril, M. Gladstone porta le débat. Déserté par ses collègues les plus influents, attaqué par ses amis, ses disciples, ses élèves, il a fait Iront de toutes parts, au nom de la justice, au nom de la liberté. Pendant trois siècles, l'Angleterre a essayé de conquérir, de dompter, d'anéantir l'Irlande : elle n'y est pas parvenue. Elle n'a plus le droil ni de la gouverner, ni de l'opprimer. La justice commande qu'elle répare le mal (ju'elle a fait. Voici ce qu'exige la liberté : L'Angleterre est un pays libre : elle a constitué un vaste empire. Les institutions de cet empire ne sauraient être contradictoires. La liberté a Londres ne peut concorder avec la servitude 'a Dublin Déjà un parlement libre a fonctionné 'a Dublin, 'a une époque de paix et de grandeur pour l'Angleterre. C'est au xvni'' siècle que l'Angleterre a jeté les bases de son empire colonial, qu'elle a créé cette colossale industrie manufacturière dont les produits se distribuent sur le globe entier. Eli bien ! tout cela a eu lieu 'a une époque où il y avait un parlement a Dublin. L'autonomie de ce parlement a élé garantie par un traité solennel qui n'a été détruit que par la violence et la fraude. D'autres nations sont soumises aux mêmes conditions. Il en est ainsi pour la Suède et la Norwège, pour l'Autricbe et la Hongrie, pour les cantons suisses. Le lien, d'une fédération libre convient seul a l'empire anglais. Pourquoi traiter l'Irlande moins bien que le Canada, moins bien que la colonie du caj). moins bien que l'Australie ?
Comme fondement de cette nouvelle politique, M. Gladstone déposait sur la table de la chambre le projet de loi qui, reprenant l'œuvre de Grattan, annulant les fraudes de 1800, rendait l'autonomie politique a l'Irlande et constituait son gouvernoment. C'était la Charte de l'Irlande.
D'après ce projet, contenant 41 articles et u cédules, le
(1) Times, 2 janvier 1886.
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pouvoir exécutif était exercé par le lieutenaut de la Reine et le pouvoir législalil", composé d'une chambre des pairs el d'une cliambredes députés. Le parlement irlandais avait pleine autorité, dans les limites de l'acte constitutionnel qui réservait au gouvernement central les droits de la dynastie et de la couronne, les libertés religieuses et civiles, la paix et la guerre, les rapports avec les peuples étrangers, Tarmée et la marine, la monnaie, les douanes, l'accise, les phares, les postes, les télégraphes, le droit de prorogation et dissolution, les titres et honneurs, etc.
M. (iladstone avait parlé pendant près de quatre heures, sans repos ni fatigue. Son discours est une œuvre extraordinaire comme abrégé de l'histoire de l'Irlande, comme exposé du mécanisme de son autonomie, comme explication des conditions actuelles du gouvernement des peuples libres, et comme éloquence.
A peine M. Gladstone s'était-il assis, au milieu des applaudissements de ses amis et de l'admiration de ses adversaires, que ses anciens collègues, ses lieutenants se levèrent pour attaquer ses combinaisons. M. Trevelyan, quelques jours auparavant secrétaire pour l'Irlande, parla le premier. Il déclara que toute entente était chimérique et que la force seule devait régner en Irlande. Sans être aussi violent, le marquis de Hartington, dans un très remarquable discours, développa avec beaucoup de tact et d'insistance, les arguments auxquels il n'a été rien ajouté, l'empire anglais est un fait récent; cet empire est mal joint ; il a ses difficultés, ses nécessités inexorables. Est-il admissible que Dublin légifère ii côté de Londres? L'expérience de 1800 nest-ellc pas probante? Il faut donc quel'Irlande obéisse et si elle ne veut pas obéir spontanément, l'intérêt commun, son propre intérêt commandent d'employer la force. M. Chamberlain dut tenir un langage plus réservé. Il soutint l'opinion que des modifications dans les lois agraires et dans les institutions locales suffiraient pour satisfaire les Irlandais.
Quehjues jours après, le 10 avril, M. Gladstone reprenait la parole pour déposer le projet de loi sur l'autonomie agraire de l'Irlande (Sale and purcbase of land bill in Ircland), divisé en cinq parties, avec 55 articles et 4 cédules.
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Tout on adoptant los l)ases du plan développé par M. Gif- Icn et discute dans tous les organes de la presse anglaise, M. Gladstone en niodiliait le mécanisme. Le gouvernement n'expropriait plus les landlords ; il entreprenait le rachat volontaire de leurs domaines, sans comprendre les résidences et les forêts. La land commission était chargée de fixer le prix qui, en moyenne, ne pouvait dépasser 20 fois le revenu net (1). Le gouvernement était autorisé a traiter, d'autre part, avec les tenanciers moyennant paiement, pendant 49 ans, du fermaçit' actuel, diminué de 20 0/0. Le landlord était remboursé en rentes 5 0/0 au pair. La diflérence entre le prix payé par le fermier et le prix reçu par le landlord suffisait à garantir et Tintérêt et l'amortissement.
Pour plus de sécurité, l'Angleterre conservait, pendant toute la durée de l'opération, le contrôle supérieur des finances de l'Irlande. Elle faisait fonction de trésorier général.
Ce plan, habilement conçu, faisait concourir 'a une grande œuvre de justice sociale le crédit de l'Angleterre, le désir des landlords de sortir d'une situation intenable, la nécessité de prendre des précautions contre les Irlandais mêmes.
Il répondait aux nécessités immédiates. Nul doute que, dans un court délai, il n'eût suffi 'a modifier sérieusement la condition agraire de l'Irlande. Le contrôle financier était une institution qui, en limitant l'indépendance de l'Irlande, ^donnait toutes les garanties à l'Angleterre. Entre l'indépendance et l'autonomie M. Gladslone constituait une période de transition. M. Giften avait fixé 'a i milliards le coût total du rachat, M.Gaird l'avait élevé a 5 milliards; un premier crédit de 1250 millions fut indiqué par M. Gladstone (2). La situation finan-
(i) Le revenu nel équivalait au revenu brut diminué de 20 0/0. La laiid commission pouvait élever le prix à 22 fois ce revenu pour les meilleures terres.
(2) Consulter : Sur la situation et les réformes financières.
10 Les discours de M. Gladstone du 8 et 16 avril.
2» Economist,^ février et 7 novemlire 1885, .30 et 23janvier 1SS6, 13 et 6 février 1886. Américain banker's Magazin, décembre 1885 ; février 1886. Economiste français 1885 no 34; Contemporary, yaWlel 1882.
Et les articles publiés par M. Giiïen dans le Statist et le ninetenth mars
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cière de l'Irlande vis-a-vis de lAngieterre était réglée soit pour sa part dans la dette commune tixée a 48,000,000 1. s. soit pour sa part dans les dépenses communes, portées a 4,242,000 1. s. (1)
Ces combinaisons, ces discussions, la perspective d'emprunter plusieurs milliards pour compte de l'Irlande, la menace d'un parlement catholique a Dublin où MM. Parnell, Michael Davitt, Healy, O'Brien et probablement les dynamitards auraient la majorité, plongèrent l'Angleterre dans la stupeur. Les hautes idées de réparation, de justice, de concorde sociale, d'équilibre dans les institutions de l'empire, développées avec tant de vigueur et d'éloquence par M. Gladstone, ne furent pas comprises. Les générations auxquelles il s'adressait ignoraient l'existence et 1 histoire du Parlement d'Irlande, l'œuvre de Grattan, le pacte de 1785, sa violation par Pitt, les services que ce parlement avait rendus à l'Irlande, quoique protestant. L'impuissance de la force, l'inlluence extérieure des Irlandais, les difficultés du régime parlementaire surprenaient l'opinion publique, depuis longtemps irritée contre l'Irlande, tout en méconnaissant les causes de sa désafiéction et de ses souffrances.
La question avait été cependant précédée de très nombreux travaux (2). Elle était élucidée depuis plusieurs années. Les
Times, 2 janvier, 10 et 4 avril 1886, 5 avril 1886 et plusieurs articles de Lord Waveney.
(1) Dans ce règlement, M. Gladstone tenait compte de la surcharge d'impôts que subit l'Irlande. Cette surcharge, malgré de longues discussions, a été définitivement établie. D'après le produit des taxes successorales, la proportion de richesse <entre la Grande-Bretagne et l'Irlande est comme 1 est à 13. Par suite, M. Gladstone fixait à 1/15 la part de Tirlande dans les dépenses communes. Elle supporte actuellement 1/12 (Nineteenth, mars 1886, Article de M. Gifîen).
(2) Consulter sur l'expropriation ou le rachat des domaines deslandlords: 1" Les mémoires de i\L\I. Longfield et Brodrick dans les Systems oj land tenure. Gobden Club, 1880 ; — 2° English and Irish Land questions, par Sliaiu Lefèvre, ancien membre du cabinet de M. Gladstone, 1881 ; — 3» Cant-Wall, Ireland under the Land act, 1882; — 4° Richey, Irish Land Laws, 1880 ; />n/T// O'Brien, The Irish Land question, 1880; — 5o Caird, The Brilish Land question, 1881 ; — Go la brochure de M. Gladstone, août l!S8G ; — 7» dans le Nineteentk Ccntury, articles de janvier et lévrier 1880, mars et décembre 1881, janvier 1884, novembre
KLECTIONS DE 188(5 207
laiid-acls de I8(S1 et de 1885 avaient i)réparé le terrain. Les esprits restèrent j)artagés.
Il fut possible aux hautes classes de créer un courant hostile à M. Gladstone, d'attaquer ses projets, de lutter contre son immense popularité. Ses anciens lieutenants le comhatlirent avec un acharnement inllexihle.
Aussi lorsque, dans la séance du 10 mai, M.(iladstone reprit la parole pour présenter et expliquer en seconde lecture les deux projets de loi, la majorité de la Chamhre des Communes prit-elle une attitude délavorable. Les discussions se prolongèrent sans apporter d'éléments nouveaux.
M. Gladstone avait obtenu l'assentiment de la Reine pour consulter le pays sur cette grave question. Le parlement fut dissous dans les derniers jours de juin. Ses élections eurent lieu sur le champ.
Elles furent précédées d'une très rapide mais très active campagne électorale, conduite contre M. Gladstone, son influence, sa personne, sa politique, ses projets, par ses anciens collègues Les torys n'eurent qu'a se croiser les bras. Le marquis de Salisbury, sir Randolph Churchill, lord Iddesleigh, sir Hicks Beach descendirent cependant dans l'arène, mais surtout pour attiser le feu entre les combattants.
M. Chamberlain, le marquis de Hartington, M. Goschen, sii James, prirent en main la direction du mouvement. Au dernier moment John Bright, délaissant son vieil ami de 50 ans, vint joindre ses efforts aux leurs. Lord Selborne, lord Grey, le duc d'Argyll les secondèrent. Le faisceau des forces qui avaient imprimé leur caractère aux élection de j 885 se brisa
et décembre 1885, et principalement, Ungratefud Irelaiid, par sir Gavan Duffii, décembre 1883 ; les Reveadications de l'Irlande et les remèdes de l'Angleterre, pa.v Barry O'Brien, décembre 1885; un article de M. Sullivan, '][i\y 1833; ces trois articles sont du plus vif intérèt| ;ils présentent un résumé saisissant des griefs de l'Irlande; un article de M. Tuke, août 1880, et de lord Derby, octobre 1881. — 8» Dans le Conternporarxj : La crise agraire janvier 1881 ; janvier 1880; la réforme agraire février, 1884; janvier 1882, mars 1882; les drames de l'Irlande, juillet 1881 ; Excès de M. Jone Bence, juillet et août 1881 ; la Land League, décembre 1880; trois articles sur la nationalisation du sol en Irlande, novembre 1880 et 1882 de M. A. Wallace et un dernier, décembre 1883.