LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES DE L'ANGLETERRE
Mais si l'on considère la fin, on est contraint de reconnaître que tôt ou tard les victimes ont leur jour de revanche.
C'est le cas de la Hongrie, c'est le cas des peuples des Balkans, c'est le cas de la Grèce ; c'est le cas de l'Irlande.
Toutes les réformes contenues dans le programme de 1885 resteront impraticables, le développement normal des institutions de l'Angleterre sera paralysé, tant que l'Irlande n'aura pas recouvré son autonomie.
Rien à faire en Angleterre, tant que l'Irlande n'aura pas eu satisfaction. Le vote de 1886 qui refuse l'autonomie à l'Irlande est la condamnation de la désagrégation de la propriété foncière, de lamunicipalisation du sol, de la mobilisation de la terre, de l'égalisation de l'impôt, de la désaffectation des biens de l'Eglise, de la réforme de l'administration locale ; c'est la négation de tout le mouvement de 1885 ; c'est l'inertie, l'impuissance, la paralysie.
g 20. Des institutions financières de l'Angleterre.
D'aussi graves discussions, des divisions aussi profondes, des réformes aussi importantes et aussi nécessaires troubleraient la situation politi(|ue, économique et financière de la plupart (les Etats de l'Europe. L'Angleterre les accepte ou les supporte sans eml)arras. C'est le résultat de sa longue pratique du gouvernement lil)re, de la force de tempérament de la race anglo-saxonne, et de ses institutions financières.
Les institutions financières de l'Angleterre sont supérieures à ses institutions fiscales, conséquence naturelle de l'histoire de son gouvernement. Pour celles-ci les intérêts aristocratiques ont longtemps prévalu. Ces intérêts ont imposé au peuple anglais, tout en le dotant d'un magnifique empire maritime et colonial, une législation fiscale compliquée, 'a certains égards arriérée, et longtemps tout a fait partiale, en faveur des familles aristocratiques.
Il ne pouvait en être de même quant aux institutions financières. La liberté de discussion, le vote de l'impôt, le contrôle des dépenses, la surveillance de la presse, devaient nécessai-