‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 158 sur 377 · LES SPIRITUEUX · texte numérisé non relu

LES SPIRITUEUX

venu local. Elles content de 2,000 a 5,000 fr. Enfin les lois sur l'ivrognerie sont plus sévères et plus sérieusement appliquées qu'en France (1).

La perception du droit est très rigoureuse. Toutes les distilleries, y compris les bouilleurs de crû (1), sont exercées. Les opérations des distilleries se font en présence des employés mêmes. Les alcools ne circulent que dans des tonneaux portant des timbres attestant le paiement du droit. Ce timbre paraît plus pratique que le vieux papier jaune des buralistes français. Les marchands en gros sont soumis a Texercice.

III. Boissons fermentées. — Les taxes sur les boissons fermenlées ne produisaient que 1,628,954 D. en 1865 ; elles ont fourni, en 1885, 18,230,282 D., soit 95 millions. La bière et le vin sont les deux principaux éléments de ces taxes. Leur consommation a beaucoup augmenté, ainsi qu'en Angleterre. De 1876 a 1885, cette augmentationa été de près de 500 miliens de gallons pour la bière (589 millions au lieu de 508) et de 6 millions de gallons pour le vin (26 millions au lieu de 20). Pour les alcools, l'accroissement a été de 19 millions de gallons (78 millions au lieu de 59). Le nombre des bars ou salons oùse débitent les boissons a diminuédans les dernières années.

Les sociétés de tempérance, qui exercent aux Etats-Unis une sorte de contrôle fort respectable sur les consommations publiques, ont multiplié les efforts pour obtenir des Etats des lois plus sévères. Elles évaluent a 5,500 millions la somme que les Américains consacrent annuellement aux alcools ou boissons fermentées, soit plus de 50 fr. par tête ou plutôt 250 fr. par famille de cinq personnes. Comme en Europe, elles portent au compte de la bière ou de l'alcool les progrès de la criminalité et de la misère. D'après les statistiques qu'elles publient, 75,000 Américains succomberaient chaque année 'a l'ivrognerie, sur 60 millions de têtes ; c'est un chilTre des plus modestes.

(1) Economiste français, 188'., n° 4i. Dans rillinois, le nombre des bars ou salooiis a été réduil de 13,000 à 9,000. Banhcrs' magaxine, novembre 1884.

(2) On compte 1291 distillateurs de grains el mélasses et 3,653 bouilleurs de tout genre.

Les TABAca 257

ÎÏI. tmportalions dé boissons. — L'imporlalion ne joue qu'un rôle tout à fait secondaire dans les consommations et dans les produits de l'impôt. Le droit est de 0,20 a 0,35 par gallon pour les bières ; de 2 dollars pour les alcools ; de 0,50 poiu" les vins en fûts et de 1 d. 50 en bouteilles ; de 5 d. 50 a 7 d. pour le Champagne. Sur ces bases, les perceptions ne se sont élevées, en 1885, qu"a 7,156,56i D., dont 1,586,000 D. pour le Champagne, 2,035,500 D. pour les vins, 540,000 D. pour les bières, et le surplus pour les divers spiritueux.

IV. Thés, cafés, sucres. — Thés, cafés, chocolats ne sont soumis a aucun droit. L'imi)orlation des ihés, en 1885, a été de 72 millions de livres et celle des cafés de 572 millions de livres; chocolats 10 millions de livres. Les sucres bruts sont exempts de droits : importations en 1885, 169,652,000 de livres; autres sucres, importations 2,600,000,000 de livres, ayant produit 52,100,000 D. de droits; sur le pied de 1 à 3 d. 50 par livre.

La culture du café ne convient pas au sol et au climat des Etals-Unis. Jusqu'à présent, ni la canne 'a sucre, ni la betterave n'y ont réellement prospéré. Les terres 'a betterave sont assez rares sur le globe. Par suite, le sucre et le café pourraient devenir des éléments liscaux d'une rare puissance aux Etats-Unis. La consommation moyenne du sucre par tête était, en 1884, de 56 livres, 25 en F'rance, 18 en Allemagne, 67 en Angleterre et 8 en Russie.

L'opium a donné au trésor fédéral 626,552 D., soit plus de 3 millions de francs.

V. Tabacs. — La culture du tabac est l'une des richesses des Etats-Unis. Les Américains n'ont pas encore eu l'idée de la supprimer pour constituer un monopole d'Etat au profit des étrangers. Le tabac est actuellement cultivé sur 700,000 acres; la production annuelle est d'en viron600millions de livres. En 1885, la consommation des cigarres seulement a été de plus de 3,867 millions. La taxe intérieure a produit 26 millions 407,088 D. au lieu de 3,097,620 D. en 1863. L'importation a représenté 12,805,600 livres qui ont versé en douane 7,356,000 D.; ensemble 53,763,000 D. ou 175 millions de fr.

Page 1