‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 217 sur 377 · LE PAPIER MONNAIE ET LE CHANCE · texte numérisé non relu

LE PAPIER MONNAIE ET LE CHANCE

rentii 350 millions r. et à 500 millions pcnrlanl celle d'Orient. Dans ces dernières années d'énergiques efforts ont été faits, pour diminuer ou garantir la circulation du papier-monnaie. Cette circulation est exclusivement confiée à la Banque de Russie. Au {"janvier 1885, la Banque de Russie avait en circulation 710,515,125 r. et en réserve 1 74,234,295 r. ; ensemble 890,749,420 faisant, au change de 2,40, 2,237,798,608 fr. ; somme qui n'est pas exagérée eu égard à l'étendue du terri' toire et au chiffre de la population, d'autant plus qu'à la même époque la Banque de Russie avait une encaisse de 203,739,750 r. or. Mais, d'autre part, la Banque avait émis pour ses affaires de commerce 557 millions r. de billets de crédit ; elle avait avancé au Trésor 218 millions r., soit 575 m. r. ou 1.380 millions. Elle avait donc un découvert total de 2,805 millions pour compte du Trésor.

Si la Banque de Russie était en mesure de rembourser les billets de crédit à vue, un découvert de 2,800 millions n'aurait rien d'inquiétant pour son crédit, avec une encaisse proportionnelle à ses risques, mais il n'en saurait être de même avec le cours forcé, d'autant plus que, sous un gouvernement autocratique, il suffit d'une simple signature du Tzar pour aggraver subitement la situation.

Dans les rapports que les habitants d'un Etat soumis au papier-monnaie ont entr'eux, il est bien rare que le papier-monnaie ne donne pas lieu 'a un agio dont les fluctuations ne se compensent pas toujours. C'est une première cause de perte. Cet agio est d'autant plus élevé que l'Etat est plus vaste et que ses institutions offrent moins de garantie au capital. La perte la plus sensible se fait toutefois dans les rapports de cet Etat avec l'étranger, parce que l'étranger s'efforce d'en bénéficier le plus possible et qu'elle est irréparable

Dans son livre sur les finances de la Russie (1), livre subs-

(1) Je ne puis discuter à fond, dans cet ouvrage, la question du change russe ; je renvoie au livre de iM. De Clercq, page 176 et suiv. Le lecteur peut consulter le tableau dressé par M. De Clercq, page 171 des paiements et des encaissements de la Russie. Je relève un seul fait, c'est que la remise par le Trésor de 131 millions r. coule 49. Je ne crois pas que la

Page 1