LE DÉFICIT
tantiel, M. De Clercq essaie d'amoindrir les effets funestes de la baisse du change pour la Russie, en montrant que le peuple russe ne profiterait pas, autant qu'on peut le supposer, de la hausse du rouble, je pense que c'est une erreur. Un seul chiffre, rapporté plus haut, en fournit la preuve. La perte sur le change est calculée en 1887, pour le service seul de la dette russe, à 47,228,167 r. soit 107 millions de fr. Le commerce russe doit réaliser des pertes proportionnelles a celles du Trésor, c'est-adire plus élevées. Le commerce d'exportation russe ne commande en rien les marchés; ses blés ne sont plus indispensables. Le commerce d'importation lui-même doit beaucoup souffrir, non-seulement à cause de l'excès des droits, mais à cause de leur acquit en or; ce que le Trésor gagne, le commerce le perd. L'Italie a eu une situation analogue de 1866 a 1884; aussi ses hommes d'État, la plupart économistes déliés, ont-ils multiplié les efforts et les sacrifices pour renoncer au papier-monnaie et rayer le change (1).