LA RÉFORME DOUANIÈRE
d'imparfait dans la répartition des bénéfices sociaux, de redoutable dans rimprévoyance des classes les moins bien traitées.
A TEtat encore de veiller aux intérêts et aux droits d'ordre supérieur de la race allemande sur le globe, de lui conserver son rang dans la civilisation,, de lui préparer des colonies, de lui assurer une place de plus en plus grande au soleil?
D après ces raisons développées avec la passion et l'originalité de sa puissante nature, M. de Bismarck soumettait conformément au message impérial du 17 novembre 1881, dès la fln de 1881, au Reichtag, un ensemble de réformes qui sont toujours encours.
Ces réformes touchaient à des intérêts trop opposés ou fournissaient aux partis des occasions trop favorables de lutte pour ne pas provoquer une violente contradiction. J'en ai indiqué, au point de vue politique, le caractère et les principaux incidents sous le § 5. Le point de vue économique, le point de vue fiscal n'ont pas moins d'importance.
I. Régime économique de l Allemagne. — Réforme douanière^— Pendant le XVIII' siècle et jusqu'aux traités de Vienne, les idées libre-échangistes, propagées par les Économistes français, adoptées par Adam Smith, prévalurent auprès des divers gouvernements allemands, notamment en Prusse qui, depuis Frédéric II, avait la véritable direction économique de l'Allemagne. A partir de 1815 le régime économique de la Prusse, Etat principal, a suivi presque les mêmes oscillations que celui de la France. De 1815 a 1830, l'influence protectionniste l'emporte avec la réaction monarchique. Les idées libérales reprennent faveur de 1830 à 1845. De 1845 'a 1860, les théories de List se propagent en Allemagne : tout en concourant au développement du Zollverein, elles n'en sont pas moins contraires aux principes de la liberté commerciale. Mais le traité de commerce entre la France et l'Angleterre, l'influence de la France, la politique économique de Napoléon III qui se prolonge après la chute de l'Empire, assurent de 1860 à 1875 le triomphe dulibre~échange,c'estl époque de la popularité de Bastiat, deCobden et des réformes de Gladstone; c'est l'époque la plus brillante et la plus prospère du siècle. La crise améri-