‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 249 sur 377 · LES RÉFORMES SOCIALES · texte numérisé non relu

LES RÉFORMES SOCIALES

les faire valoir de provoquer dans l'Empire, en proposant deux monopoles écrasants, la résistance qui a abouti aux élections générales de 4887. Or, pour obtenir la majorité, le gouvernement prussien a été obligé de menacer l'Ailemagne d'une nouvelle guerre contre la France et de traiter avec le Vatican. Evidemment un plan de réformes fiscales qui ne peut se réaliser, même incomplètement, qu'avec des perspectives de guerre ou des négociations religieuses, est une conception anormale, qui repose sur des idées cbimériques. ïl est vrai que beaucoup d'hommes politiques et de publicistes se refusent 'a attribuer a la Prusse et à l'homme d'État que la dirige aucun projet réel de réformes. A leurs yeux, il ne s'agit que de procurer à la Prusse les moyens de continuer les armements de l'Allemagne et de dominer l'Europe. Le monopole de l'alcool était un moyen fiscal tout aussi légitime que le tarif douanier. Nous hésitons a adhérer à ce sentiment. Les événements qui se déroulent en Europe depuis vingt ans, et dans lesquels l'Allemagne a joué le premier rôle, ne s'expliquent pas uniquement par l'action des hommes d'État. Les idées y ont aussi leur part. (1)

§ 9. — Lès réformes sociales.

On en retrouve la trace dans les expérimentations sociales qui ont accompagné les réformes fiscales. Après de nombreuses difficultés, le gouvernement prussien a fait accepter par le Reichstag deux grandes lois d'assurances, l'une contre les accidents dans les ateliers, l'autre contre les maladies. Cette législation atteste une volonté réfléchie d'intervenir dans les relations du capital et du travail. Le gouvernement qui a conçu, préparé, obtenu et appliqué les lois du 15 juin i883 sur les assurances des ouvriers des usines contre la

{{) Il y a lieu notamment d'.-iccorrler une mention particulière à la motion de M. Rickert (séance du tt mars 1887) pour établir un impôt général sur le revenu dans l'I-lmpire. L'impôt devait être proi^ressif ; il no portail que sur les revenus de plus de 0,000 m. L'impôt a été repoussé. A celte oecagion on a rappelé le projet do taxe ppécialo Fur les personnes exemptes du service militaire. {Uulletin des Finances, mars 1887).

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