‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 254 sur 377 · ÉPARGNE ET ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

ÉPARGNE ET ENSEIGNEMENT

en outre, six villes de plus de 100,000 âmes. Brcslau, avec 272,000 âmes, est plus inipoiiant que Bordeaux.

La Prusse vient au premier rang en Allemagne et même en Europe par Fimporlance de ses inslilulions de crédit populaire. Elle est le centre des banques Schulze-Delitsch et RafTeisen ; les dépôts de ses caisses d'épargnes, en 1880, s'élevaient a plus de 2 milliards.

Le développement intellectuel de la Prusse est supérieur à ses progrès économiques. Depuis Leibnitz, Berlin est resté le foyer scientifique de rAllemagne. C'est la qu'ont vécu ou enseigné les savants, les professeurs Humboldt, Ilégcl, llclmliollz, qui ont illustré rAllemagne et l'Europe. En 1882, la Prusse renfermait 55,040 écoles primaires avec 4.559,000 élèves, elle n'avait que 2 O/o d'illettrés ou inalpbabeti. L'enseignement secondaire de toute nature était distribué par 251 gymnases, Ci progym.nases, 88 réalgymnascs, 15 obcrréalschulcs, 27 réalschulcs, 47 hohcreschuîes, 27G liohcrcscliules de filles. Vingt universités donnaient l'enseignement supérieur ; elles étaient fréquentées par 12,800 étudiants, dont 4,000 h Berlin (1).

Ainsi, en moins de deux siècles, il s'est constitué dans l'Allemagne du iN'ord un peuple nouveau, un Etat nouveau qui est passé de moins de 2 millions 'a plus de 28 millions d'habitants. Cet Etat doit une nartie de ses agrandissements à la guerre, parce que, de même que Rome, il a la guerre pour élément principal ; néanmoins la guerre, ainsi que Rome au surplus, dans sa belle époque, n'est pas la cause déterminante de la rapidité de sa marche et de sa puissance. Ses progrès économiques, sa haute culture scientifique sont plus étonnants encore que ses conquêtes. Ses conquêtes, au siècle dernier et en celui-ci, sont dues 'a la connivence ou à la décadence de la France, tandis que son développement propre, sa natalité, son agriculture, son industrie, son commerce, la supériorité

(i) Encyclopedia Britannica^ mènie article. On compte en Allemagne 25 universités avec 2,046 professeurs et 24,000 élèves.

D'après M. Block, il n'existait en Prusse en 1865j que 25,056 écoles primaires avec 2,826,000 élèves (page 379).

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