‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 273 sur 377 · PROGRÈS ET DISTRIBUTION DE LA RICHESSE · texte numérisé non relu

PROGRÈS ET DISTRIBUTION DE LA RICHESSE

tal et de la richesse qui a été déjà signalé en Angleterre et sur lequel M. Gladstone a appelé, a diverses lins, l'attention des économistes et des hommes d'Etat.

Ce n'est pas qu'il faille en conclure que les riches peuvent supporter seuls le poids des dépenses publiques ou des expérimentations socialistes. Les tableaux de M. Soetben sont, a ce sujet, aussi probants qu'un axiome géométrique. D'après ses calculs 8,315,516 personnes avaient, en Prusse, en 1885, un revenu moyen de 402 m. Elles prélevaient déjà 30 0/0 du revenu national. Puis 17,221,986 personnes, formant le noyau principal de la Prusse, prélevait 4,482,288,795 m. avec un prorata moyen de 909 m. ;ce prélèvement représentait 51,25 0/0 du total des revenus. Ces deux classes étant exemptes de tous impôt direct du revenu, il en résulte que 70 0/0 du revenu national ne supporte pas cet impôt ; — Classen ou Einkom. mensteuer — or la catégorie suivante, classe C, avec un revenu de 1,570,134,415 m. — prorata moyen 5230 m. est en partie détaxée — c'est encore 15,63 0/0 du revenu 'a déduire. D'où la conséquence que le plein de l'impôt ne porte que sur le surplus du revenu national soit 14,52 0/0 (1).

Si ces 14,32 0/0 étaient répartis entre un nombre de têtes triple, il serait iiDpossible de lui demander le même concours. C'est ainsi qu'on se rend compte, au moyen de la statistique, de la véritable fonction des riches dans les Etats et de la nécessité absolue de prévenir une trop grande dissémination de la richesse. Dans les États où les lois démocratiques mettent la richesse en poussière par une répartition factice, elles préparent la misère. De même le Rhin reste un fleuve puissant tant que ses eaux ne se divisent pas entre les divers bras qui le conduisent impuissant jusqu'à la mer.

Appliquons ces réflexions h l'incidence de l'impôt en Prusse. Les revenus de 400 à 900 marcs, sont trop faibles pour venir au secours de l'État; des taxes élevées de consommation les accableraient (2). D'où la conséquence logique que le poids

(1) Bulletin des finances, mai 1886.

(2) M. Paul Mùller a abordé le même sujet {Journal des Économistes,

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des dépenses piil)liqiies retombe sur les bras des familles qui ont un revenu supérieur à 1 ,000 marcs. Eh bien, pour ces familles, dont une partie doit être même détaxée, les dépenses pul)li(jucs sont trop élevées, d'autant plus (|ue les propriétaires les plus riches n'en supportent pas leur part proportionnelle. La Prusse ne pourrait pas aligner ses budgets sans les domaines et les services publics qui lui constituent une magnifique réserve.

Même avec ces réserves, il ne lui est désormais possible d'entretenir et surtout d'agrandir encore ses armées qu'en ayant recours au crédit ou aux taxes de consommation,

La statistique révèle ainsi les secrets de la politique. Les monopoles du tabac et de l'alcool étaient des nécessités militaires, mais ces monopoles, ou toute autre surélévation des taxes de consommation, pèseront durement sur des populations dont les revenus sont modiques

Et le moment reviendra bientôt où une nouvelle guerre sera nécessaire comme en 1870, pour graisser les rouages d'une machine qui est loin de marcher toute seule. L'indemnité de 1871 est déj'a consommée. Telle a été la condition de la machine romaine (1).

I 21. — De la dette de la Prusse.

Malgré ses victoires et sa parcimonie relative, la Prusse s'est trouvée par suite contrainte a augmenter sa dette. Elle

décembre 1882) ; il a admis que le revenu de la Prusse devait être de 10 milliards de marcs (évaluation trop élevée) ; que ce revenu appartenait pour un cinquième aux familles ayant plus de 3,000 marcs de revenu; que de 1877 à 1881, les grandes fortunes avaient augmenté en nombre et en ressources, mais que les petites avaient diminué et que la pauvreté s'était développée parallèlement à la richesse. 1877, pauvres, 3. 146, 401, 500, 1881, 3,439,698,540; revenus de 600 à 7,000 marcs, 1877, 3,026,766,658 tètes, 1881, 2,871,939,750. Néanmoins M. Paul .Muller en conclut que les pauvres ont une part plus grande que les riches. Il oublie de faire la répartition.

(I) Consulter sur les progrès de la richesse en Prusse, Schanz — Finanx,urcluv 1887, premier volume — et une publication de la Chambre de commerce de Berlin Das deutsche wirtli-schaftsjakr, 1880, Berlin, 1881.

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