CRÉDIT KT CHANGE
20 O/o et celui de gros tissus de 60 O/q- Les salaires ont éié moins favorisés dans les campagnes. Toutefois ils se sont sensiblement améliorés, bien ([ue cette amélioration se soit inégalement répartie dans les diverses parties de l'Italie.
IX. Il n'y a 'a ce tableau qu'une seule ombre. La propriété foncière rurale supporte de lourdes charges, charges hypothécaires, charges fiscales. L'Italie est une très vieille terre de culture; plusieurs civilisations s'y sont succédé. L'impôt et l'hypothèque sont les sources du passé. Au 51 décembre 1885 la dette hypothécaire de l'Italie était de 7,582,727,585 produisant un intérêt moyen de 8 O/q, soit un prélèvement annuel de 586 millions. L'impôt foncier rural pour l'État, la province, la commune s'élevait 'a 265 millions, c'est donc 851 millions a demandera une masse brute de 4,700 millions.
Je reviendrai 'a propos de l'impôt foncier sur la condition de la propriété foncière rurale en Italie, § 7.
Quant 'a la propriété urbaine, elle est très prospère en Italie comme dans toute l'Europe. De tout temps la civilisation a eu en Italie un caractère urbain, 'a raison des effluves de la terre qui rendent inhabitables une grande partie des belles campagnes de l'Italie.
g 3. — Abolition du cours forcé. La rente et le change.
Tous les progrès économiques de l'Italie se résument dans une opération financière fort délicate dont le succès exige encore beaucoup d'habileté et de sagesse. Les révolutions diverses qui ont unifié l'Italie ne se sont pas faites sans de lourds sacrifices (1). Le gouvernement nouveau a dû liquider les dettes des gouvernements anciens et les accroître dans une proportion considérable. Il a dû augmenter sensiblement les impôts afin défaire face a des dépenses militaires, depuis longtemps inconnues de l'Italie et de préparer la rénovation économique de l'Italie. Ni l'impôt, ni l'emprunt n'auraient pu suffire. Il a
(1) Consulter un article que j'ai publié sur cette question dans le Journal des Économistes, mars 1884.