‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 309 sur 377 · CRÉDIT ET CHANGE · texte numérisé non relu

CRÉDIT ET CHANGE

fallu avoir recours au papier-monnaie. Le papier-nionnaie a toujours le change comme régulateur. Le change présente un double aspect. Il peut s'établir à Tinlérieur même, comme cela a eu lieu en France pour les assignats et aux États- Unis, lorsque toute proportion entre la monnaie métallique et celle du papier disparaît, la monnaie métallique offrant par sa nature une valeur intrinsèque qui est toujours fictive pour la monnaie de papier. Il s'établit encore a propos des échanges internationaux. Le premier effet du papier-monnaie est toujours de grever d'un agio les règlements que doit faire TEtat qui y a recours. Telle a été la situation de l'Italie de 1866 à 1884. L'agio s'est élevé en moyenne à 10 O/q- En 1873 et 1874 il a atteint 17 O/q. C'était pour les finances de l'Italie et pour les profits de la production une très lourde charge. L'Italie est grevée d'une dette de plus de 12 milliards en capital dont une bonne partie est aux mains de capitalistes étrangers. Il fallait les payer en or, c'est-a-dire subir l'agio. Il en était de même pour les autres sommes dont l'Italie pouvait se trouver débitrice. On évalue que cet agio a coûté plus de 2 milliards a l'Italie.

Tant que le gouvernement italien n'a pu aligner ses dépenses avec ses recettes, il a été obligé de conserver le papiermonnaie. La circulation avait été portée de 1866 à 1879 à 1672 millions. Ce sont les propres besoins du gouvernement qui ont ainsi imposé cette lourde perte a l'Italie. Il en est actuellement de même en Russie et en Autriche-Hongrie. Le papier-monnaie n'est, en réalité, qu'une forme de l'emprunt, forme très-coûteuse parce qu'à côté de l'agio que le gouvernement subit luimême, il faut placer l'agio que subit la production. De 1866 à 1883 la perte du Trésor italien n'a pas dépassé 200 millions ; celle de l'Italie a été décuple. Il n'y a pas de matière dans laquelle s'applique plus rigoureusement le mot c'e Bastiat ; ce qu'on voit et ce que ton ne voit pas.

L'opération de l'abolition des cours forcé, commencée en avril 1883, n'est pas encore close. Toutefois à moins d'événements imprévus on peut la considérer comme un succès. L'Ita- Jie a pu se pourvoir de 600 million^ d'or, les conserver ou les

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