‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 31 sur 377 · XLII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XLII PRÉFACE

Aussi l'Empire peut-il faire face sans difficulté aux nouvelles dépenses militaires votées en janvier 1SS8. La dette de l'Empire ne dépassait pas à cette époque 1 milliard n'exigeant pas annuellement plus de 34 millions m.

Les dettes des autres Etats allemands ne formaient pas, y compris celle de l'Empire, un ensemble de plus de dix milliards.

Le mouvement protectionniste s'est encore accusé par une loi douanière du 21 décembre 1887 qui a fixé à 5 marcs par 100 kilog. les droits d'entrée sur les blés et les seigles, avoines, 4 m. blé noir, légumes, orge et maïs 2 m. malt 4 m., amidon 2,50.

Les projets de monopole de l'alcool et de tabac pourraient bien renaître de leurs cendres. Les intérêts particuliers, fort ardents en Allemagne, tendent les mains vers le Cliancelier de fer, qui, condamné au repos militaire et diplomatique par l'Empereur Frédéric III, compte se rattraper par l'activité économique. Les banquiers ont surtout à cœur le monopole de ralcool(l).La conception d'une spiritus monopol ^a;2/i leur apparaît toujours comme splen-

1889, consiste dans l'augmentation des recettes ordinaires au moyen de l'impôt : "771,201,097 m. au lieu de 040,915,815 m. En dehors des contributions matriculaires l'accroissement des charges fiscales en 1889 est évalué à 105 m. de marcs.

Les dépenses ont suivi la même progression. Dépenses ordinaires en 1889, 771,901,097 m. ; dépenses extraordinaires, 149,727,443.

(1) D'après une communication de M. Balny d'Avricourt, consul de France à Hambourg, il n'y avait en activité, en Allemagne, au cours de l'exercice 1880-1887 que 30,173 distilleries au lieu de 33,892 l'année précédente. Cette diminution provient de la disparition d'usines distillant des substances non farineuses telles que lie de vin, marc de raisin, raves, fruits. Ces usines, situées presque toutes en Alsace-Lorraine, sont tombées de 20,078 à 23,144. Le nombre des usines distillant des substances farineuses (pommes de terre, céréales) n'a, par contre, que faiblement décru : de 7,184 à 7,024. Quant à la production de l'alcool elle a subi une assez forte diminution. Le rendement des impôts est tombé de 05,852,238 marks à 57,188,552 marks. Il faut déduire de ce chiffre 14,895,094 marks pour restitution de droits à l'alcool exporté, ce qui réduit le rendement à 42,293,458 marks. Toutefois, ce chilfre doit être accru de 102.442 marks pour l'alcool importé en Allemagne du Sud (Bavière, Wurtemberg et Bade) et du Luxembourg, et de 3,009.340 marks pour l'alcool importé

PRÏ'FACE XLIII

dicle. On formerait un syndicat général qui fixerait définitivement le prix minimum de vente à la consommation intérieure, tandis que le prix à l'exportation serait établi chaque mois, suivant les circonstances. On ne paierait aux producteurs que le prix minimum convenu ; Texcédent serait à la disposition du syndicat général jusqu'à la clôture de l'exercice et formerait un fonds de garantie. Cette mesure permettrait d'opérer avec un capital-actions relativement peu considérable, bien rente. Tous les négociants, fabricants d'alcool, etc., engagés envers la société, s'obligeraient à ne pas s'approvisionner auprès des distilleries ne faisant pas partie du syndicat. Ils achèteraient et vendraient aux conditions générales établies par le syndicat. De cette manière on écarterait de la concurrence les distilleries nouvelles qui se créeraient en dehors du syndicat.

Si le monopole de l'alcool obtenait jamais l'agrément des catholiques, le monopole du tabac deviendrait une sorte de nécessité publique.

La prospérité générale de l'Allemagne a suivi son cours en 1887. L'Allemagne a été favorisée par une belle récolte pour toutes les céréales ; les pommes de terres et les fourrages, il est vrai, ont été moins bien traités; les prix agricoles ont continué à obtenir des cours moyens plus avantageux qu'en Angleterre et qu'en France (1).

Les progrès de l'industrie ne le cèdent pas à ceux de l'agriculture. La production de la fonte a atteint en 1886 au chiffre de 3,339,803 tonnes.

Ces progrès n'ont été retardés, à aucun point de vue, par l'application des grandes lois sociales qui font plus d'hon-

de l'étranger, ce qui élève le rendement net à 40,095,296 marks, soit 4,087,048 marks de moins que l'année précédente. Le rendement par tête de population est de 1 m. 23 pf.

(1) Consulter : Journal des Économistes, décembre 1887, un article de M. Grad ; Économiste français, 24 décembre 1887, l'enquête agricole en Allemagne : BuUelin des Finances de lévrier 1888., Economiste français """3, no 13 article de M. Block.

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