DROITS DE DOUANE
miroiter les facettes, selon les courants du moment, en faveur de l'Allemagne, de l'Aulriche, de la Suisse et de la France, signant des traités, les renouvelant, les dénonçant dans la double vue d'augmenter son iniluence politique et ses ressources fiscales. De la des changements incessants dans sa politique douanière, dans ses tarifs et une activité presque tracassière qui caractérise toute la législation douanière de l'Italie depuis qu'elle a brisé l'alliance française (l).
La crise agricole et les progrès de quelques belles industries en Italie ont imprimé une nouvelle impulsion à cette activité sans en changer le double mobile. C'est ainsi que le Parlement italien ayant voté en 1887 un tarif général avec des rehaussements de droits exagérés afin d'accroître ses budgets et de protéger ses produits agricoles ou industriels, le gouvernement italien a immédiatement essayé de négocier de nouveaux traités de commerce afin d'atténuer les résultats du tarif général.
L'Italie est encouragée dans cette politique par les avantages qu'elle en a obtenus. De 1862 a 1888 le produit de ses douanes a quadruplé. Elle encaisse 202 millions au lieu de 59. Elle évalue que le nouveau tarif général lui procurera dans le seul exercice 1887-1888 une plus-value de 4U millions, c'està-dire 20 0/0; mais il y a le revers de la médaille ; les diplomates italiens, qui sont les plus fins des diplomates, le savent bien. De 1862 a 1886, les exportations de l'Italie ont passé de 657 à 1,204 millions. Il faut donc que l'Italie place ses produits. Peut-elle espérer les placer facilement si elle prélève des taxes énormes sur les marchandises étrangères? Or des voisins de l'Italie, quel est le principal, le grand voisin, le vé-
(1) A consulter : les deux rapports de MM. Lampertico et Ellena et le chapitre du livre de M. Sachs, Tarifs de douanes et traités de commerce de r Italie, p. 749 à 791. On ne saurait trop faire l'éloge de cet ouvrage qui est le type des manuels à désirer pour chaque Etat.
Les deux rapports de MM. Lampertico et Ellena ont résumé la grande enquête qui a précédé le tarif italien nouveau de 1887. Ce sont deux documents d'une grande valeur. Le rapport de M. Lampertico a un caractère plus scientifique, celui de M. Ellena plus fiscal. On trouve dans le rapport de M. Ellena un résumé des législations douanières des principaux Etats.