‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 335 sur 377 · TARIFS DIVERS · texte numérisé non relu

TARIFS DIVERS

ritable voisin, le voisin riche? Serait-ce rAllemagiie, malgré le St-Golliard ? Serait-ce l'Antriche? Serait-ce la Suisse? Les exportations (le l'Italie en France sont supérieures de i 40 millions à celles qu'elle fait péniblement en Allemagne, en Autriche et en Suisse réunies. Elles se sont élevées en 1881 a 552 millions, valeur italienne. Elles ont baissé depuis, sous l'in- Ihience des tarifs de l'Italie, quoique toujours plus élevées que celles de la Suisse, de l'Allemagne et de l'Italie réunies ('!).

L'Italie a eu, depuis 1860, trois tarifs généraux, celui de 1861, celui de 1878 et celui de 1887. Les deux premiers tarifs ont été modifiés par les traités de commerce avec la France de 1865 et de 1881 que l'Italie a tous deux dénoncés.

Le tarif général de 1887 a été établi après une grande enquête faite par une commission composée des financiers les plus distingués de l'Italie. Cette enquête a donné lieu aux deux rapports l'un de M. le sénateur Lampertico sur la production agricole, l'autre de M. le député Ellena,surla production industrielle ; ce dernier rapport contient les conclusions générales et les discussions fiscales. Les deux rapporteurs sont restés fidèles au principe de la liberté des échanges ; ils se sont prononcés sans hésiter contre les idées rétrogrades et protectionnistes qui ont repris faveur. M. Ellena insiste sur le caractère fiscal des droits de douane, sur leur influence quant aux prix des denrées alimentaires, sur l'infériorité du salaire en Italie, sur la nécessité pour l'Italie de vendre ses produits agricoles tels que ses vins et ses soies. Mais si les principes ont été sauvegardés, les droits ont été surhaussés, grains, froments, riz 5 lires au lieu de 1,40 les 100 kilog; farines 5,50 au lieu de 2,77; pâtes 9 lires au lieu de 5,50 ; cafés 140 lires au lieu de 100; sucres 78 et 65 lires au lieu de 70

(1) Voici les chifFres des exportations de l'Italie en \< Autriche-Hongrie .... 151 m.

Suisse 135

Allemagne 68

Total. . . . 354

T.VIUFS DIVERS 527

et 50 ; Ions les tissus de colon sont surtaxés de 20 0/0 ; tissus mélanges 200 0/0 ; les droits sur le papier sont augmentés do LO 0/0, les peaux de 20 0/0, les chapeaux de paille de 150 0/0 ; les fontes paieront 10 lires la tonne; les droits sur les rails sont portés de 5 à 6 lires ; huiles minérales, 58 lires au lieu de 27 ; au surplus le surhaussement est général puisque ses effets ne sont pas évalués a un rendement de moins de 40 millions (1).

Le plus grand inconvénient de ces surélévations excessives, c'est d'aggraver le caractère des rapports internationaux entre la France et Tltalie (2). ^fon seulement c'est en France que l'Italie i)lace a peu près la moitié de ses produits, mais les importations de la France en Italie ont plus d'importance que celles d'aucun autre peuple. Aussi, en surhaussant ses tarifs, l'Italie frappe principalement les produits français. Il en résulte, par réciprocité, qu'elle provoque elle-même à des représailles inévitables le client qu'elle a le plus grand intérêt a ménager, puisque ce client a plus de valeur pour elle que l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche-Hongrie ensemble. Elle fortilie ainsi, en France, le parti protectionniste, qui est déjà formidable. Elle oublie également les services décisifs qui ont coûté fort cher à la France ; mais ce qu'elle méconnaît, avant tout, c'est qu'elle n'est encore qu'une dépendance économique de la France. Le concours de la France, au point de vue financier et monétaire, n'est pas moins nécessaire a i'Ita-

(1) Economiste français, 1887, fascicules .3 et 9 ; Bulletin des Finances^ mai 1880, janvier, mai et juillet 1887. Le rapport de i\L Ellena et les tarifs ont été traduits par les soins de la chambre de commerce française de Milan. Voir aussi deux articles du Messager de Paris parus en octobre 1887.

(2) i\I. Luzzatti, l'un des délégués qui représentent ordinairement 'es intérêts italiens en France, a prononcé en 1585 un très curieux discours {Bulletin du ministère des Finances, octohve. 1885) qui indique le mouvement de réaction contre la liberté des échanges, en Italie. i\I. Luzzatti abandonne le terrain théorique et propose de ne traiter les questions douanières qu'au point do vue de TelTet immédiat des taxes. C'est à peu près la théorie de List.

Sur la question douanière en Italie, consulter : Économiste français, décembre 1886 ; Journal des Économistes, octobre 1887, et un article de M. Amé, ancien directeur général des douanes, juin 1882.

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