‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 344 sur 377 · ÉGLISES · texte numérisé non relu

ÉGLISES

Les opérations de cette nature mettent toujours en émoi l'intérêt privé. Les gouvernements spoliateurs sont a la recherche de défenseurs, de partisans qui pactisent et se compromettent avec eux. Il en a été ainsi pour toutes les spoliations. Elles ont et probablement elles auront toujours et partout le même caractère, ceux qui les exécutent, loin de redouter les appétits de Tintérêt privé, les provoquent et les exaltent ; ce sont des complices dans le présent et dans l'avenir.

Parla loi du 19 juin 1866 l'Etat mit la main sur tous les biens mobiliers et immobiliers des corporations, congrégations, ordres religieux réguliers et séculiers, conservatoires ; il ne respecta même pas les maisons fondées pour la retraite des prêtres et des religieux. En échange il offrit d'abord aux religieux et aux prêtres, par une sorte de dérision, la libre jouissance des droits civils et politiques et des pensions variant d'après l'âge des titulaires. Le minimum n'était pas gros: 50 lires et le maximum 600. L'État se saisit même des dots. Il ne consentit qu'a servir des pensions à ceux qui les avaient apportées. La maxime de M. Depretis s'est donc appliquée dans toute sa crudité. L'Etat a saisi le bien d'autrui. Parmi les établissements dont l'Etat s'emparait, un certain nombre était nécessaire au culte. L'Etal échangea leurs propriétés contre une rente de 5 0/0 ; cette rente devait servir de fonds de culte.

III. Dépossession de toutes les Églises catholiques. — Bientôt le gouvernement s'aperçut et tous les intérêts particuliers surexcités lui dénoncèrent qu'il avait laissé échapper la plus riche portion de leur commune proie. Bien qu'imbu des théories économiques, M. Scialoja ne proposait pas moins, dès l'année 1867, tant s'accroissait l'insondable déficit, de mettre la main sur l'entier patrimoine de l'Église ; on laissait à l'Église les 2/3 de ses biens ; on en attribuait I/o au déficit. En versant 600 m., l'Église aurait été déchargée. Les évêques avaient accepté cet arrangement, les Chambres le trouvèrent trop généreux ; la loi du 12 août 1867 déclarait que de même que l'État avait cessé de reconnaître les corporations, communautés et établissements religieux, de même il ne reconnaissait plus les

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