‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 35 sur 377 · PRÉFACE LI · texte numérisé non relu

PRÉFACE LI

griculture italienne, accablée d'impôts, mal outillée, mal pourvue de capitaux, avait les marchés français pour première ressource, pour suprême espérance. L'Algérie et l'Espagne prendront sur ces marchés la place qu'elle occupait. Dans le premier semestre de 1888, les importations de la France n'ont pas fléchi d'un million. Elle a demandé à d'autres voisins tout ce que l'Italie lui procurait. C'est un mécompte cruel pour l'Italie, peut-être irréparable.

La dépendance économique a toujours pour conséquence la dépendance monétaire et financière. L'Italie ayant brisé ses liens commerciaux avec la France a dû solliciter le concours des marchés étrangers. Elle paraît avoir réussi à obtenir celui des banquiers anglais, auxquels elle a négocié 600,000 obligations des chemins de fer italiens. Cette opération a fait remonter le change de 1 0/0 ; mais elle cache un nouvel emprunt, une nouvelle charge qui s'ajoute encore à un ensemble dont l'Italie supporte le poids avec peine. Le marché spéculateur de Londres vaudra-t-il pour l'Italie le bas de laine du petit capitahste français? Les banquiers avisés en doutent fort. Ils notent que pour le premier semestre de 1887, il a fallu envoyer à Paris pour le service des rentes italiennes 57,190,000 fr., 3,500,000 fr. à Londres et 77,000 fr. à Berlin. Il est donc à craindre que les 600,000 obhgations ne deviennent une valeur de circulation et que le change ne redescende (1).

Rompre avec la France pour s'allier avec l'Allemagne, c'était s'engager à armer, armer sur terre, armer sur mer, c'est ce qu'a fait l'Itahe. En 1886, les dépenses de son armée se sont élevées à 243 millions dont 40 millions à titre extraordinaire (2) et celles de sa flotte à 79 millions dont

1. Consulter sur les finances de l'Italie, le rapport de M. Luzzati : La, Reluzione délia commissione générale del Bilancio, janvier 1888. Les dépenses ordinaires de la guerre sont évaluées à 241,262,6601., extraordinaires 72,620,000; marine, 91,586,534, ordinaires ; 26,616,000, extraordinaires ; travaux publics ordinaires, 21,586,574; extraordinaires, 322,821,935.

(2) Elles dépasseront de beaucoup ces chiffres en 1887-88.

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