PROJETS DR RÉFORMES
Les Italiens étaient convaincus, en 1870, que Rome deviendrait une des sept merveilles du monde, si on enfermait le pape au Vatican et si Victor-Emmanuel s'installait au Quirinal. Il semblait que le nom de Rome allait faire sortir de terre toutes les générations et toutes les splendeurs d'autrefois. D'immenses travaux ont été entrepris ; des emprunts ont été lancés dans le public. Mais les pertes supportées par les créanciers de Florence et de Naples ont obligé l'Etat h garantir ces emprunts. Il s'est réservé, comme compensation, la gestion éventuelle de l'octroi de Rome et le contrôle immédiat de ses finances. Mais les papes avaient plus ménagé Rome que Garibaldi Naples, ou les spéculateurs Florence. Les droits d'octroi sont moins élevés à Rome que dans les autres villes d'Italie ; la municipalité n'a pas encore eu besoin d'avoir recours aux diverses taxes locales des autres communes. Sa situation financière est favorable. Néanmoins, les espérances des Italiens ont été déçues en partie. Depuis 4870 Rome n'a gagné que 80,000 âmes, malgré le transfert du gouvernement et les nouveaux travaux. D'autres villes ont gagné bien davantage. On ne manie pas les villes comme des châteaux de cartes. Milan est aussi prospère que Rome, quoique qu'il ne possède aucune cour. Il sera difficile aux radicaux italiens de modifier le caractère réel de Rome. Rome a été, mais n'est plus un grand centre politique. Elle est située hors des lignes que suivent les mouvements politiques. Elle est devenue excentrique. Sa véritable importance consiste bien plus h être la capitale de l'Eglise catholique qui compte 225 millions de fidèles que la résidence du roi d'Italie.