HUSKISSON
Au contraire, les plus grands sacrifices étaient exigés des classes laborieuses surtout, pour pourvoir aux dépenses. Le budget de 1825 se décomposait ainsi :
Douanes L. S. 3.925.386 13.o.=>4.033
Accise 8.730.820 28.440.917
Timbre (Stamps) 1.36i.783 7.426.405
Postes 379.000 2.168.851
Taxes directes 2.037.627 5.221.310
Divers revenus 5^.068.027 7.824.600
En admettant môme que les divers impôts compris sous le titre de Stampa fussent des impôts directs et en laissant de côtelés revenus divers, même les postes, on trouvait que les impôts directs, portant plus spécialement sur les classes riches, avaient augmenté de 9.248.305 1. s. — tandis que les impôts indirects, portant plus spécialement sur les classes laborieuses, avaient augmenté de 29.220.504 1. s. ou de 725 millions.
Ainsi : i° les classes laborieuses devaient payer leur alimentation plus cher pour garantir les bénéfices des landlords ou desfarmers (1);2'' elles devaient prendre la principale part dans l'accroissement de 725 millions de contributions indirectes ;5'' les classes riches prélevaient, sans impôt, sur l'ensemble du budget les 725 millions d'intérêts annuels de la dette publique.
Voila la situation qui a modifié successivement les idées d'Huskisson, de Robinson, de Robert Peel, qui a suscité le grand mouvememt théorique dont Ricardo, Malthus, Mac- Culloch, Stuart-Mill ont été les plus illustres promoteurs, qui a provoqué la constitution de l'Anti-corn League et qui, malgré des réformes considérables, explique la tendance actuelle de la société anglaise vers des changements plus profonds. Les injustices sociales se réparent chez les peuples pourvus d'une vitalité puissante ou conduisent les peuples épuisés à une décadence irrémédiable.
1. Mac-CuUoch a évalué à 508 millions par an le montant de l'impôt résultant de la législation sur les céréales en Angleterre.
Les premières réformes criluskisson eurent pour but de modifier les lois de navigation maritime, maintenues pendant la guerre, mais absolument contraires au développcnienl du commerce maritime, de préparer le changement du régime colonial de l'Angleterre, et de porter quelque peu d'ordre dans l'effroyable labyrinthe des taxes douanières. « Il serait « dangereux poumons, disait-il en îS'iô, a la chambre des « Communes, de nous dissimuler le changement profond qui, « depuis l'indépendance de l'Amérique, s'est opéré dans les « sentiments de l'Europe par rapport aux questions de com- « merce et de navigation. Elles occupent aujourd'hui la « première place dans les pensées de tous les gouver- « nements. Partout elles sont l'objet d'études et d'intérêt gé- « néral. » Les lois de navigation furent modifiées ; de nombreux traités de navigation furent signés, notamment avec les Etats-Unis et la France. Les droits d'entrée ou de sortie furent supprimés ou abaissés sur un grand nombre de marchandises ; les entrepôts furent autorisés et organisés dans toutes les villes.
Huskisson porta ensuite son attention sur les taxes de consommation qui, soit par la douane, soit par l'accise, atteignaient principalement les classes laborieuses. Pour les blés, la loi de 1828 régularisa définitivement Téchelle mobile de manière 'a ce que la protection ne dépassât pas 8 francs par hectolitre en aucun cas, et que toute prohibition fût écartée. Huskisson provoqua ensuite les diminutions de droits d'entrée sur les sucres, les laines, les soies, les cafés, les vins, les poivres etmême sur un certain nombre de produits manufacturés, tels que les soieries, les poteries. La plus grande réforme a laquelle il concourut, celle qui accuse le mieux sa politique, a été l'abolition, en 1825, du droit d'accise sur le sel : cet impôt produisait 57 millions de francs.
A la suite de cette suppression, la consommation du sel prit un développement considérable.
Il eut, dans les dernières années de sa carrière politique, 'a prononcer plusieurs discours importants devant la chambre des Communes; j'en reproduis quelques passages afin de