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REFORMES DIO RUiiiaiT l'JOKL :ii)
Les impôts directs, qui s'élevaient, en 1815, a près de 30 millions de 1. s., ont été ramenés, en 18M, ii 12 millions pour remonter en 1852 a 14 millions. Il est vrai que les taxes locales, appartenant presque toutes aux impôts directs, ne sont pas comprises dans ces chiffres.
Les impôts indirects qui dépassaient, en 1815, 4'2 millions de L., représentaient encore 58 millions en 1841 et en 1852.
De 1815 h 1852 la population de l'Angleterre est passée de 18 millions a 27 millions d'habitants. En 1815 l'impôt indirect était de 58 francs par tête ; il n'était plus que de 35 francs en 1852.
Quant a l'impôt direct, il ne peut être apprécié que d'après le total approximatif de la richesse en Angleterre. J'ai évalué, selon les documents anglais, ce total à 07,500 millions en 1815, 'a 114 milliards en 1847, estimation qui devait être la même en 1852. L'impôt direct représentait donc un peu plus de 11 0/0 en 1815 ; 2 1/2 0/0 seulement en 1847, et 3 1/4 0/0 en 1852.
Ces proportions indiquent combien étaient fondées les revendications populaires ; combien étaient légitimes les réformes d'Huskisson et de Robert Peel.
D'un autre côté, la portée des réformes Je Robert Peel ne doit pas seulement être appréciée a raison delà diminution dfr l'impôt par tête. Il faut aussi tenir compte de la progression de la consommation par suite de l'accroissement des facultés d'une population moins surtaxée.
Nous retrouvons, ici, la grande loi économique, mise en évidence par Boisguillebert. Au fur et a mesure que les objets nécessaires a la vie deviennent meilleur marché, les ressources des populations augmentent, parce que la dépense quotidienne de la subsistance est l'article fondamental du budget annuel du plus grand nombre. Plus ces objets baissent de prix, plus leurs épargnes s'augmentent. La masse des consommateurs peut alors se reporter sur d'autres objets. Ils améliorent ainsi leur existence. C'est sur ces objets, tels que tabac, spiritueux, café, thé, sucre, que des taxes légères.
sans nuire au développement de la consommation, n'en fournissent pas moins des sommes considérables aux gouvernements qui savent respecter le nécessaire du peuple.
Ainsi en 1852 l'impôt sur le thé a donné 'a l'Echiquier 5.900.625, 1. s., soit en francs 148.695.505, au lieu de 5.979.662 1. s. soit en francs 100,287,472 en 1841. Le droit sur le thé était en 1841 de 5 schellings et 5 0/0 et en 1852 de 2 schellings la livre.
Les résultats de la réforme, quant aux céréales, sont encore plus curieux. En 1841 avec les droits variables de l'échelle mobile qui ne pouvaient, a moins de disette, descendre audessous de 8,60 par hectolitre, l'Echiquier avait encaissé 568.541, 1. s. ; en 1852, avec le simple droit de balance de 0,45 par hectolitre, il a encaissé 504.921. L. S. Ce droit modique n'avait aucune influence sur les prix. Il n'avait pu empêcher ni l'entrée des blés ni la baisse de leur prix.
J'ai indiqué plus haut que, de 1846 à 1855, l'accroissement de l'importation des céréales et farines avait été de 12.550 quarters, soit près de 56 millions d'hectolitres et que l'accroissement de l'importation des thés avait été de 17 millions de livres.
Jamais loi mathématique n'a été plus clairement démontrée que la loi économique de Boisguillebert. Quand on compare les budgets anglais, on est frappé, en dehors des années de guerre, de leur similitude et de l'accroissement progressif du rendement des douanes et de l'accise, c'est-'a-dire des impôts indirects. Mais il faut analyser et décomposer les chiffres. Cette progression des rendements est le résultat du développement de la consommation sur des objets de moins en moins strictement nécessaires à la vie, de moins en moins nombreux et de moins en moins taxés.
I 7. — Réformes de M. Gladstone.
Ce sera l'honneur de l'Angleterre d'avoir persévéré, avec une volonté calme, malgré tous les obstacles, dans la politi-