‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 59 sur 377 · LEUR CARACTÈRE · texte numérisé non relu

LEUR CARACTÈRE

que do réforme qu'elle avait imposée a ses hommes (FKtat. De très grands iiitért''ts avaient été atteints par le rappel des lois sur les céréales et sur le bétail. Les rentes des propriétaires fonciers, les profits des fermiers étaient menacés d'une diminution qui ne s'est produite qu'un quart de siècle plus tard, mais qu'on pouvait prévoir dès lors. Ils étaient menacés en même temps qu'un nouveau régime fiscal leur demandait un concours important et permanent dans les dépenses publiques. Ces intérêts opposèrent donc, ils opposent encore une énergique résistance a des changements dont ils supportent presque tout le poids. Si, depuis cette époque, cette résistance s'est fortifiée d'éléments nouveaux, sous l'influence de la concurrence américaine et de la réaction protectionniste en Europe, elle était encore très redoutable, il y a quelque 40 ans; elle parvint 'a renverser le grand ministre qui avait fait faire un pas si décisif au mouvement réformateur.

La période qui s'est écoulée, de 1850 à 1885, quoique d'une remarquable unité^ peut se partager en deux époques. La première s'étend de 1850 a 1860. Elle est profondément troublée par les changements politiques qui s'accomplissent en Europe, notamment en France et par la guerre de Crimée qui coûte a l'Angleterre 2 milliards de francs. La seconde s'étend de 1860 à 1885, On peut considérer, a divers points de vue, qu'elle a pris fin avec le dernier ministère de M. Gladstone. Cette période entière, du moins quant 'a l'histoire intérieure de l'Angleterre, et surtout en ce qui est de son développement économique, est dominée par la haute personnalité de M. Gladstone. M. Gladstone a fait partie du grand ministère de Robert Peel ; il a quitté le pouvoir avec lui ; il a été associé à ses vues, a son œuvre ; il en a les traditions, et comme disciple et comme héritier. A partir de 1855, M. Gladstone a été au pouvoir, soit comme premier, soit comme chancelier de l'Echiquier pendant 17 ans ; et. depuis la mort de Palmerston, au pouvoir, comme dans l'opposition, M. Gladstone est resté le membre le plus important de la Chambre des Communes. Reconnu, depuis le budget de 1855, qu'il soumit aux Communes, comme le premier financier de l'Angleterre, c'est

lui qui a exercé la véritable direction du mouvement réformateur, bien que toutes les réformes n'aient été provoquées ou réalisées ni par lui, ni par son parti.

Huskisson et Robert Peel avaient progressivement cédé, dans leur politique économique et fiscale, a deux mobiles : TalTrancbissement de la production, raffrancbisscment du travailleur. Cet affranchissement a été complètement effectué par M. Gladstone. Tous les impôts qui pouvaient entraver la production ou aggraver la condition du travailleur ont été successivement abolis. Ce n'est pas l'œuvre personnelle de M. Gladstone ; c'est celle qu'il a conduite 'a bon port comme héritier de Robert Peel ou collègue de Cobden.

Le mouvement réformateur du xviu" siècle, en France et même en Europe, n'a pas eu seulement pour but de modifier les systèmes d'impôt des Etats. Cette modification, bien que nécessaire en elle-même, n'était qu'une forme de changements plus profonds, plus graves a opérer dans la condition même des Etats pour correspondre a l'évolution naturelle des idées et des besoins. Quelques-uns de ces changements s'étaient opérés en Angleterre aux xvi" et xvii" siècles ; mais, sous l'influence de la révolution politique de 1088, de la révolution industrielle de la fin du xvui" siècle, de la guerre d'Amérique ou contre la France, ils s'étaient arrêtés. En France, ces changements n'avaient pas eu lieu ; l'Assemblée constituante avait dû les accomplir.

C'est ce qui explique le caractère, parfois révolutionnaire, des théories de Stuart-Mill et des polémiques de l'Anti-Corn- League. A côté des réformes fiscales, les esprits éclairés en entrevoyaient, en réclamaient d'autres, soit dans le régime de la propriété foncière, rurale ou urbaine, soit dans les lois successorales qui ont une influence si grande sur la constitution des sociétés. Tel est a peu près le programme des revendications des disciples d'Herbert Spencer.

Sans aller peut-être jusque-la, M. Gladstone s'est expliqué, depuis longtemps, et à diverses reprises, sur les inégalités excessives de la distribution de la richesse en Angleterre, sur l'opportunité de modifier les bases* d'une législation inégali-

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