PROSPÉRITÉ DE L'ANGLETERRE
2° La progression de toutes les recettes de TEtat, sous forme d'impôt, sans y comprendre celles qui sont le prix de services, telles que les postes et les télégraphes, ou qui proviennent des biens et droits domaniaux, avait été de 1825 à 1871, malgré les incessantes diminutions de taxes, de 54 5/4 millions 1. s. a 60 1/2 ; de 1825 a 1850, il n'y avait pas eu de progression.
Le développement de la consommation de la bière, du tabac et des spiritueux avait suffi a compenser la plupart des réductions ou suppressions d'impôts. La consommation de la bière était passée de 8 a 26 millions de barils, celle des boissons spiritueuses de 20 millions de gallons à 28 1/2, celle du tabac de 16 5/4 millions de livres a 41 1/2 millions.
Le penny de l'income-tax qui valait 867,880 I. s., en 1850, représentait 1,129,125 1., en 1871.
5° Le mouvement commercial avait, depuis 1825, marqué trois colossales étapes :
Importations, 1. S 37.500.000 10b.7.o0.000 .303.250.000
Exportations, 1. s .59.000.000 190.000.000 244.000.000
4° Même progrès pour la navigation :
Entrées. — Tonnes... 3.000.000 7.000.000 18.000.000 Sorties. — Tonnes 2.500.000 7.500.000 18.500.000
L'effet produit par cet exposé fut trop favorable. Le public,
en présence de résultats si brillants, resta indifférent a la i
question d'amortir la dette ; il se montra beaucoup plus sen- :
sible a de nouveaux dégrèvements. Il fut encouragé dans cette i
tendance par la continuation, pendant quatre autres années, i de cette prospérité vraiment extraordinaire.
L'exercice 1872 donna un nouvel excédent de 87 millions i
fr., ce qui autorisa M. Lowe à réduire Tincome-tax à 4 pence, .i
Remarquez l'élasticité de ce puissant instrument fiscal : Le i
taux primordial avait été 7 pence; en 1855, ce taux fut élevé ï
jusqu'à 16 pence; il descend a 4 pence en 1872. C'est la i
réfutation catégorique d'un axiome fiscal qu'on rencontre ï
même dans Adam Smith, dans beaucoup d'économistes et qui i
MINISTKKE DISRAELI 47
trôno dans le système fiscal français : l'immohilité de linipôt, la fixité de rinipùt. Comment l'impôt peut-il être immobile puisque les besoins sont mobiles? L'Assemblée constituante n'avait pas voté la fixité de l'inipùt foncier. Elle avait indiqué une liiiîit^, le cinquième du revenu, mais, étant donné Taccroissement du revenu, il restait une large marge.
Ce magnifique excédent permit a M. Lowe d étendre les réductions de l'income-tax et de diminuer les droits sur les cafés.
Celui de 1875 fut encore plus extraordinaire. Il s'éleva à 1 42 millions. 40 millions furent affectés a l'indemnité de l'Alabama, 54 millions a dégrever les sucres et lincome-tax fut ramenée à 5 pence. Telle est la splendide situation qu'en se retirant, ?ur la question d'Irlande, le ministère Gladstone remettait aux Torys. Pendant ce ministère de cinq ans, M. Gladstone avait balayé tout droit sur les céréales, préparé l'alTranchissement complet des sucres, diminué de moitié les droits sur les cafés, modifié les droits de timbre et de locomotion. Tout cela représentait des dégrèvements montant à 6,550,000 L.. Il avait, en outre, abaissé de 5 pence le taux de l'income-tax, soit 4,560,000 1. à raison de 1.520,000 1. par pence. Ensemble, 270 millions de francs.
Le grand ministère de M. d'Israéli, devenu lord Beaconsfield, avec son éminent collègue, Sir Stafford Northcote, à l'Echiquier, a duré six ans. Pendant ces six années, le mouvement de prospérité qui remonte, a vrai dire, jusqu'aux réformes de Robert Peel, notamment à partir de 1849, a atteint son apogée en 1875 et l'inévitable réaction a commencé sous l'influence de faits nouveaux. Le cabinet avait évalué l'excédent a 150 millions. Il s'éleva a 162 millions. Cet excédent fut employé à réduire à 2 pence le taux de l'incorae-tax. C'était pour les contribuables un cadeau de 75 millions. Quel démenti a la prétendue règle de la fixité de l'impôt ! Un cadeau non moins apprécié fut l'abolition de tout droit sur le sucre. « Les enfants et les jeunes filles, disait paternellement Sir Stafford Northcote, adorent les sucreries : Voila mes étrennes. » Les taxes sur les chevaux de courses, les jockeys, les