‹ Traité de critique et de statistique comparée des institutions financières, systèmes d'impôts, et réformes fiscales des divers états au XIX siècle; Première Série; de nombreux tableaux son affectés aux impôts et aux finances de chaque étatChapitre 96 sur 377 · LA QUESTION AGRAIRE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LA QUESTION AGRAIRE EN ANGLETERRE

toutes les parties du royaume-uni. Il est plus violent en Irlaiule à raison de l'oppression systématicjucment organisée depuis les guerres de (luillaunie III, et des souffrances intolérables des Irlandais; il est très énergi(iue en Ecosse où les e\|)uisions, dénoncées avec tant de justice et d'éloquence, il y a cinquante ans, par Sismondi, ont laissé de si amers souvenirs dans les populations des Ilighlands; (i) mais il n'est pas moins intense en Angleterre, a raison des obstacles de toute sorte que l'organisation de la propriété foncière apporte a la mobilisation du sol, a l'échange des terres et a l'administration locale.

Non seulement !e marché des immeubles est très restreint dans tout le royaume-uni, mais les aliénations ne i)résentent qu'une sécurité nicomplète par suite de l'insuriisance de son régime juridique ; les propriétaires ont longtemps exercé et exercent encore leurs droits, sauf de très honorables exceptions, avec une vigilance excessive.

Ils ont possédé comme possèdent et agissent tous les propriétaires de monopoles, faisant valoir, en général, avec habileté et i)révoyancc, leurs domaines, mais toujours avisés et inllexibles.

L'Angleterre a longtemps subi ce monopole sans murmurer. Peut-être lui doit-elle son empire. Il ne saïu'ait être dans la nature des monopoles de durer toujours. Les générations ont changé. Elles n'obéissent plus aux mêmes mobiles. Il y a un quart de siècle, elles approuvaient encore le système foncier qui perpétuait, dans quelques familles privilégiées, la propriété du sol, ces arrangements secrets qui reportaient sur une seule tête, même avant la naissance, l'immense héritage

(1) De là les Holdings et Croftersbills(i883 et 1885). Leduc d'Argyll a publié dans le Times (mai 1884) une lettre sur les Crofters écossais (petits fermiers) dans laquelle il montre comment les grands propriétaires ont souvent favorisé la petite culture — mais ils n'en ont pas moins abusé du droit de LooK-out (expulsion). M. John Raé a consacré aux Crofters un article dans le Contemporary mars t883. Le croft es!, une portion d'une grande ferme. Au-dessous du crofler vient le cottar. Fermiers, crofters, cottars sont sous la dépendance du Landiord. Ils ne peuvent posséder, qu'à tiLre précaire, malgré l'attachement traditionnel des Celtes pour le sol sur lequel est établie leur famille.

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