‹ Traité de désinfectionChapitre 36 sur 134 · II · texte numérisé non relu

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MINISTÈRE DE l'iNTÉRÎEUR

CONSEIL SUPÉRIEUR D'HYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE

INSTRUCTIONS PROPHYLACTIQUES APPLICABLES AUX MALADIES SE MANIFESTANT PRINCIPALEMENT PAR DES SYMPTÔMES PULMONAIRES.

Notions générales

Les germes sont contenus dans les crachats rejetés par les malades ; ils se transmettent par les particules humides projetées par la toux, par les crachats humides ou desséchés, par le mucus nasal et souvent par les linges, les mains

souillées ; ils peuvent aussi être transportés par les mouches.

Prescriptions essentielles

Les crachats sont recueillis dans des crachoirs ou autres récipients appropriés, à moitié remplis de solution désinfectante ; ils restent en contact prolongé avec cette solution ou sont soumis à 1 ebuliition en même temps que les crachoirs.

Les linges souillés ayant servi au malade sont plongés dans des récipients remplis d'eau additionnée d'une solution désinfectante ou soumis à 1 ebuliition prolongée. Ces linges ne doivent jamais être envoyés aux lavoirs ou aux blanchisseries avant d'avoir été désinfectés. La même prescription s'applique au cardage ou à l'épuration des matelas, objets de literie ou couvertures.

On ne doit jamais jeter, secouer ou exposer aux fenêtres aucun linge, vêtement, objet de literie, tapis ou tenture ayant servi au malade ou provenant des locaux occupés par lui. Si les linges ou vêtements souillés ne peuvent être immédiatement désinfectés ils doivent, être, en attendant, soigneusement enveloppés dans des sacs ou toiles fortes.

Les linges sans valeur ou usés, les ouates salies sont immédiatement détruits par le feu ou plongés pendant une heure dans une solution désinfectante forte avant d'être jetés dins les fosses ou enfouis.

Après transport éventuel du malade ou terminaison de la maladie, la désinfection totale porte sur les locaux occupés par le patient, sur les objets de literie, linges, vêtements et tous objets avec lesquels il s'est trouvé en contact.

Les ustensiles de cuisine, assiettes, tasses, verres, cuillères, etc., les crachoirs, les récipients qui en tiennent lieu doivent être plongés pendant une heure dans une solution désinfectante ou dans de l'eau qu'on portera à l'ébulliiion et soigneusement nettoyés.

Les petits objets à usage personnel des malades, livres, jouets, crayons, fournitures de bureau, porte-monnaie sont détruits par le feu dans la cheminée ou le poêle toutes les fois que la chose sera possible en raison du peu de valeur

de ces objets, ou soumis à la désinfection par dégagement de gaz antiseptique tel que l'aldéhyde formique gazeuse.

Les aliments ayant séjourné dans la chambre ne devront être consommés qu'après avoir subi, autant que possible, une nouvelle cuisson.

Modes de désinfection a employer (1)

Pour les produits d'expectoration (crachats, sécrétions des voies respiratoires) :

Lessive de soude en solution à 10 p. 100 (teintée) ;

Crésylol sodique (2) en solution forte à 4 p. 100 ;

Eau de Javel étendue d'eau de façon à obtenir une solution titrant un degré chlorométrique par litre d'eau ;

Sulfate de cuivre en solution à la dose de 50 grammes par litre ;

Chlorure de chaux en solution conservé dans des vases clos à la dose de 20 grammes pour un litre d'eau (il doit sentir fortement le chlore) ;

Lait de chaux fraîchement préparé (3) à 20 p. 100.

(Jamais le sublimé corrosif).

Pour les linges [chemises, draps de lit, taies d'oreillers, essuie-mains, mouchoirs, etc.) :

Ébullition pendant une heure au moins dans une lessive chaude au carbonate de soude ou à la cendre de bois :

(1) Les divers procédés indiqués au choix des intéressés pour chaque catégorie d'opérations peuvent être employés suivant les circonstances ou les ressources locales.

(2) Formule du crésijlol sodique liquide ou solution alcaline concentrée de crésylol officinal :

Crésylol officinal un kilogramme ;

Soucie caustique liquide un kilogramme.

Effectuer le mélange dans un récipient en grès ou en métal. La réaction dégage beaucoup de chaleur et pourrait provoquer la rupture des récipients en verre épais. Ne s'emploie que dilué suivant les indications prescrites.

(3) Pour avoir du lait de chaux actif on prend de la chaux de bonne qualité, on la fait déliter en l'arrosant petit à petit avec la moitié de son poids d'eau. Quand la délitescence est effectuée, on met la poudre dans un récipient soigneusement bouché et placé dans un endroit sec. Comme un kilogramme de chaux qui a absorbé 500 grammes d'eau pour se déliter a acquis un volume de 2 litres 200, il suffit de le délayer dans le double de son volume d'eau soit 4 litres 400 pour avoir un lait de chaux qui soit environ à 20 pour

Trempage prolongé (six heures au moins) dans le crésylol sodique à 4 p. 100 ;

Trempage prolongé (six heures au moins) dans le formol du commerce à 40 p. 100 d'aldéhyde formique, à la dose de 40 grammes de formol po-ir un litre d'eau.

Pour les vêtements :

En loile ou assimilables : ébullition, trempage dans une solution comme pour les linges ;

En drap, laine ou matière analogue : passage à l'étuve (à vapeur ou à dégagement de gaz antiseptique).

Pour les ustensiles et menus objets {de table, de cuisine, de toilette) :

Ébullition, trempage dans le formol du commerce comme pour les linges.

Trempage dans l'eau de Javel étendue d'eau.

Pour les mains, la figure et la barbe des personnes qui soignent ou visitent les malades :

Sublimé en solution d'un gramme par litre d'eau après savonnage.

Pour les objets de literie {matelas, oreillers, traversins) :

Passage à l'étuve (à vapeur ou à dégagement de gaz antiseptique) ;

A défaut d'étuve : enlèvement des enveloppes qui seront soumises à un trempage prolongé et trempage plus court des laines, crins, etc

Pour les couvertures, les tapis, rideaux, tentures :

Passage à l'étuve (à vapeur ou à dégagement de gaz antiseptique) ;

A défaut d'étuve : ébullition totale ou partielle en lessive ; trempage ou lavage à l'aide de solution désinfectante comme pour les \êtements.

Pour les planchers, parois, murs, meubles {lit, table de nuit, etc.) :

Lavage au crésylol sodique à 4 p. 100 ;

Lavige à l'eau de Javel étendue d'eau ;

Lavage au formol du commerce à 40 p. 100 d'aldéhyde formiquo, à la dose de 10 grammes de formol pour un litre d'eau :

Badigeonnag; des muriilles non tapissées au lait de chaud fraîchement préparé.

Pour l'ensemble des locaux et objets les garnissant :

Dégagement de ga/, antiseptique dans les conditions prévues à l'aide des appareils spécialement autorisés à cet effet.

Pour les vidoirs et éviers :

Lavage à une solution forte (crésylol sodique à 4 p. 100).

Pour les cabinets d'aisances :

Lavage à l'aide d'une solution forte (crésylol sodique à 4 p. 100) du siège et des abords.

Recommandations spéciales

Éviter autant que possible la souillure des objets de literie par les crachats et produits d'expectoration.

S'efforcer d'empêcher la transmission des germes par les mouches ou les insectes qui souillent facilement leurs trompes ou leurs pattes dans les déjections, les crachats ou les produits d'expectoration. Se mettre à l'abri des autres insectes, puces, punaises, moustiques, etc.

Ces instructions ont été adoptées par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France et sanctionnées par une décision du ministre de l'intérieur en date du 23 iuillet 1907 pour l'application des articles 14 et 17 du règlement d'administration publique du 10 iuillet 1906 sur les conditions d'organisation et de fonctionnement du service de désinfection ; elles se réfèrent à l'engagement que peuvent prendre les intéressés, en vue d'assurer eux-mêmes la désinfection obligatoire, suivant le modèle de formule A ou B annexée à la circulaire ministérielle du 18 mars 1907.

MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR

CONSEIL SUPÉRIEUR D'HYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE

INSTRUCTIONS PROPHYLACTIQUES APPLICABLES AUX MALADIES SE MANIFESTANT PRINCIPALEMENT PAR DES SYMPTÔMES AFFECTANT LA PEAU OU LES MUQUEUSES DES VOIES RESPI- RATOIRES, OCULAIRES OU GÉNITALES.

Notions générales

Les germes se transmettent par les mucosités de la bouche, du nez, de la gorge, des bronches, des yeux, par les fausses membranes vulgairement appelées peaux, par les fragments d'épiderme lorsque la peau se desquame, par les pustules et les croûtes desséchées, par les matières issues soit de pustules ulcérées ou gangrenées, soit des bubons, d'une manière générale par toutes les sécrétions ou sérosités provenant des organes malades et par tous les objets étrangers {vêtements, chaussures, etc.) sur lesquels ces sécrétions, croûtes ou sérosités seraient tombées.

Prescriptions essentielles

Isoler autant que possible le malade de manière qu'il ne puisse être approché que par la ou les personnes chargées de le soigner.

Les sécrétions de l'arrière-gorge et les fausses membranes sont recueillies dans des crachoirs ou autres récipients appropriés contenant un liquide désinfectant. Les crachoirs et leur contenu sont désinfectés par un séjour prolongé dans une solution désinfectante ou par l'ébullition,

Les matières issues des pustules ulcérées ou gangrenées et des bubons, les croûtes, les pellicules sont détruites par le feu, stérilisées par l'eau bouillante ou maintenues dans une forte solution désinfectante jusqu'à ce qu'elles soient complètement imprégnées.

Tous les linges ayant servi au malade sont plongés dans des récipients remplis d'eau additionnée d'une solution désinfectante ou soumis à l'ébullition prolongée. Ces linges ne doivent jamais être envoyés aux lavoirs ou aux blanchisseries avant d'avoir été désinfectés. La même prescription s'applique au cardage ou à l'épuration des matelas, objets de literie ou couvertures.

On ne doit jamais jeter, secouer ou exposer aux fenêtres aucun linge, vêtement, objet de literie, tapis ou tenture ayant servi au malade ou provenant des locaux occupés par lui. Si les linges ou vêtements souillés ne peuvent être immédiatement désinfectés ils doivent être, en attendant, soigneusement enveloppés dans des sacs ou toiles fortes.

Les linges sans valeur ou usés, les ouates salies sont immédiatement détruits par le feu ou plongés pendant une heure dans une solution désinfectante forte avant d'être jetés dans les fosses ou enfouis.

Après transport éventuel du malade ou terminaison de la maladie, la désinfection totale porte sur les locaux occupés par le patient, sur les objets de literie, linges, vêtements et tous objets avec lesquels il s'est trouvé en contact.

Les ustensiles de cuisine, assiettes, tasses, verres, cuillères, etc., les crachoirs, les récipients qui en tiennent lieu doivent être plongés pendant une heure dans une solution désinfectante ou dans de l'eau qu'on portera à l'ébullition et soigneusement nettoyés.

Les petits objets à usage personnel des malades, livres, jouets, crayons, fournitures de bureau, porle- monnaie sont détruits par le feu dans la cheminée ou le poêle toutes les fois que la chose sera possible en raison du peu de valeur de ces objets, ou soumis à la désinfection par dégagement de gaz antiseptique tel que l'aldéhyde formique gazeuse.

Les aliments ayant séjourné dans la chambre ne devront

lïO TRAITÉ DE DÉSINFECTION

être consommés qu'après avoir subi, autant que possible, une nouvelle cuisson.

Modes de désinfection a employer (1)

Pour les sécrétions de la gorge et les fausses membranes :

Crésylol sodique (2) en solution forte à 4 p. 100 ;

Eau de Javel étendue d'eau de façon a obtenir une solution titrant un degré chlorométrique par litre ;

Sulfate de cuivre en solution à la dose de 50 grammes par litre ;

Chlorure de chaux fraîchement préparé et conservé dans des vases clos à la dose de 20 grammes pour un litre d'eau (il doit sentir fortement le chlore) ;

Lait de chaux fraîchement préparé (3) à 20 p. 100.

Lessive de soude en solution à 50 p. 100 (teintée).

Pour les linges {chemises, draps de lit, taies d'oreillers, essuie-mains, mouchoirs, etc.) :

Ébullition pendant une heure au moins dans une lessive chaude au carbonate de soude ou à la cendre de bois ;

Trempage prolongé (six heures au moins) dans le crésylol sodique à 4 p. 100 ;

Trempage prolongé (six heures au moins) dans le formol du commerce à 40 p. 100 d'aldéhyde formique, à la dose de 40 grammes de formol pour un litre d'eau.

(1) Les divers procédés indiqués au choix des intéressés pour chaque catégorie d'opérations peuvent être employés suivant les circonstances ou les ressources locales.

(2) Formule du crésylol sodique liquide ou solution alcaline concentrée de crésylol officinal :

Crésylol officinal un kilogramme ;

Soude caustique liquide un kilogramme.

Effectuer le mélange dans un récipient en grès ou en métal. La réaction dégage beaucoup de chaleur et pourrait provoquer la rupture des récipients en verre épais. Ne s'emploie que dilué suivant les indications prescrites.

(3) Pour avoir du lait de chaux actif on prend de la chaux de bonne qualité, on la fait déliter en l'arrosant petit à petit avec la moitié de son poids d'eau. Quand la délitescence est effectuée, on met la poudre dans un récipient soigneusement bouché et placé dans un endroit sec. Comme un kilogramme de chaux qui a absorbé 500 grammes d'eau pour se déliter a acquis un volume de 2 litres 200, il suffit de le délayer dans le double de son volume d'eau soit 4 litres 400 pour avoir un lait de chaux qui soit environ à 20 pour

INSTRUCTIONS illl

Pour les vêtements

En toile ou assimilables : ébullition, trempage dans une solution comme pour les linges ;

En drap, laine ou matière analogue : passage à l'étuve (à vapeur ou à dégagement de gaz antiseptique).

Pour les ustensiles ou les menus objets {de toilette, de cuisine, de table ou autres) :

Ébullition, trempage dars le foimol du commerce comme pour les linges.

Trempage dans l'eau de Javel étendue d'eau.

Pour les mains, la figure et la barbe des personnes qui soignent ou visitent les malades :

Sublimé en solution d'un gramme par litre d'eau après savonnage.

Pour les objets de literie (matelas, oreillers, traversins) :

Passage à 1 etuve (à vapeur ou à dégagement de gaz antiseptique) ;

A défaut d'éluve : enlèvement des enveloppes qui seront soumises à un trempage prolongé et trempage plus court des laines, crins, etc.

Pour les couvertures, les tapis, rideaux, tentures :

Passage à l'étuve (à vapeur ou à dégagement de gaz antiseptique) :

A défaut d'étuve : ébullition totale ou partielle en lessive ; trempage ou lavage à l'aide de solution désinfectante comme pour les vêtements.

Pour les planchers, parois, murs, meubles {lit, table de nuit, etc.) :

Lavage au crésylol sodique à 4 p. 100 ;

Lavage à l'eau de Javel étendue d'eau ;

Lavage au formol du commerce à 40 p. 100 d'aldéhyde formique, à la dose de 40 grammes de formol pour un litre d'eau ;

Badigeonnage des murailles non tapissées au lait de chaud frai chement préparé.

Pour l'ensemble des locaux et objets les garnissant :

Dégagement de gaz antiseptique dans les conditions prévues à l'aide des appareils spécialement autorisés à cet effet.

Pour les vidoirs et éviers :

Lavage à une solution forte (crésylol sodique à 4 p. 100). Pour les cabinets d'aisances :

Lavage à l'aide d'une solution forte (crésylol sodique à 4 p. 100) du siège et des abords.

Recommandations spéciales

Les personnes qui soignent les malades mettront par dessus leurs vêtements une longue blouse qu'elles laisseront dans la chambre et qui sera ensuite désinfectée ; elles mettront également des chaussures qu'elles laisseront en sortant ; elles s'interdiront de prendre leurs repas dans la chambre du malade ; elles se désinfecteront les mains, la figure et la barbe avant de sortir de la chambre et surtout avant de manger.

Ces instructions ont été adoptées par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France et sanctionnées par une décision du ministre de l'intérieur en date du 23 juillet 1907 pour l'application des articles 14 et 17 du règlement d'administration publique du 10 juillet 1906 sur les conditions d'organisation et de fonctionnement du service de désinfection ; elles se réfèrent à l'engagement que peuvent prendre les intéressés, en vue d'assurer eux-mêmes la désinfection obligatoire, suivant le modèle de formule A ou B annexée à la circulaire ministérielle du 18 mars 1907.

INSTRUCTIONS Jl3

Note à l'usage des chefs de poste

MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR

La présente note, exclusivement destinée aux chefs de poste ou agents chargés de la désinfection, contient trois modèles des instructions prophylactiques approuvées par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France pour être remises aux personnes qui désirent effectuer elles-mêmes la désinfection prescrite, en conformité des articles 14 et 17 du décret du 10 juillet 1906.

Ces instructions sont applicables suivant la nature des maladies mentionnées à litre confidentiel sur les déclarations et correspondent aux trois catégories ci-après (1) :

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