CHAPITRE II Ineinération
L'incinération serait le meilleur procédé de désinfection, mais son emploi ne saurait être généralisé.
Elle ne peut en effet s'appliquer qu'aux objets combustibles et de peu de valeur, tels que, la paille, le varech, les chiffons, les vêtements et linges et autres objets hors d'usage. Elle convient surtout aux objets ayant servi aux pansements, aux balayures et détritus de toutes sortes provenant de chambres de malades.
Dans certains cas exceptionnels, il est vrai, on s'est vu obligé, afin de circonscrire une épidémie, de mettre le feu à des baraquements, à des maisons et même à des quartiers.
A Kobé et à Osaka, au Japon, durant l'épidémie de peste qui sévit en 1906, on n'a pas hésité à brûler des faubourgs entiers.
Lorsque les objets à incinérer sont combustibles, il suffit d'y mettre le feu. Lorsqu'ils brûlent difficilement, il est nécessaire d'aider à leur combustion soit avec un foyer de bois ou de charbon, soit en les arrosant avec du pétrole.
Le meilleur moyen d'obtenir une incinération complète consiste à se servir de fours spéciaux parmi lesquels il faut citer le four de Geneste et Herscher, le four Le Blanc, le four de la station de désinfection de Milan et l'incinérateur domestique de Bréchot.
Four Geneste et Herscher
Il se compose principalement (fig. 1) d'une dalle en pierre réfractère, D, chauffée directement par le combustible, la houille, que reçoit une grille inférieure, G. Tous les gaz, produits brûlent avant de s'échapper par la cheminée F. Les flèches des deux dessins indiquent la marche des gaz.
Four à incinérer de Genesto et Herscber
Les organes essentiels de cet appareil sont en fonte. Une épaisse enveloppe réfractaire empêche toute déperdition de chaleur. Le tout est entouré d'une armature métallique complète qui permet d'obtenir une parfaite étanchéité. Le four est muni de trois portes superposées : la supérieure, a, sert à l'enfournement des objets à incinérer ; l'intermédiaire, b, sert à l'introduction du combustible ; l'inférieure, c, est celle du cendrier.
Les dimensions du four construit par la maison Geneste et Herscher sont les suivantes : hauteur 1 m. 25 ; largeur, 1 m. 20 ; profondeur, 2 mètres.
Four Le Blanc
Les fours construits par la maison Jules Le Blanc et fils de Paris ont été installés dans plusieurs hôpitaux pour incinérer les objets souillés, les débris d'opérations et les détritus de toutes sortes.
(Fig. 2 et 3)
Four Le Blanc vu de face et en coupe longitudinale
Le four Le Blanc se compose d'une devanture en fonte avec portes (fig. 2 et 3) et de dalles réfractaires superposées, disposées de façon à produire un retour de flamme qui assure une combustion complète et à empêcher les objets enflammés d'être enlevés dans la cheminée. Chaque porte est munie d'un regard qui permet de voir à l'intérieur du four sans ouvrir.
On met le four en fonctionnement en allumant un feu de
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charbon sur la grille inférieure ; les détritus à détruire sont placés sur la dalle au-dessus où ils sont rapidement desséchés par le contact des retours de flamme. Ils s'enflamment ensuite et tombent dans la grille inférieure où ils deviennent à leur tour combustibles. On les remplace par d'autres détritus et le four peut avoir une marche continue jusqu'à épuisement et sans addition de charbon.
- La conduite de ce four est très simple. Le nettoyage est facile grâce aux portes. Un autre de ses avantages est sa grande fumivorité ; il ne laisse dégager par la cheminée qu'une très légère fumée.
Four a incinérer de la station de désinfection de Milan
Ce four est à cheval sur le mur qui sépare le côté infecté du côté non infecté de l'établissement.
Les ordures et détritus sont introduits du côté infecté, tandis que l'allumage, la surveillance du four et l'extraction des résidus de la combustion s'effectuent du côté non infecté.
Les matières à incinérer sont jetées dans une trémie T (fig. 4) au fond de laquelle se trouve une valve métallique V que l'on manœuvre du côté désinfecté. Cette valve n'est ouverte qu'au moment où on laisse tomber les matières sur le foyer allumé.
La grille du foyer est remplacée par des dalles réfractaires disposées en gradins et concaves de façon à empêcher les matières à incinérer de tomber dans le cendrier.
Ce four fonctionne de la manière suivante : lorsque le foyer est allumé, les flammes provenant de la combustion ►prennent les directions 1, 2 et 3, chauffant ainsi l'espace D de tous les côtés. Au bout d'un certain temps, on ouvre la valve V, pour laisser tomber les matières à incinérer dans la chambre D. Durant cette opération, la valve est disposée de telle sorte qu'elle empêche les gaz de s'échapper dans la trémie. Aussitôt la valve fermée, les matières commencent à se décomposer, à distiller, sous l'action de la température élevée du four.
L'air nécessaire à la combustion arrive par le conduit x, où il s'échauffe suffisamment pour ne pas refroidir les gaz du foyer.
La porte p du foyer est toujours fermée. L'accès de l'air sous la grille est réglé par la porte du cendrier q. Lorsqu'on brûle des matières très humides, on les additionne de rési-
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(Fig. 4) Four à incinérer de la station de désinfection de Milan
dus de charbon, de poudre de tourbe, etc., pour en faciliter la combustion.
Grâce à ces dispositions, on peut porter l'appareil à une température très élevée, suffisante pour détruire toutes les matières introduites dans le four et cela avec une consommation assez faible de combustible.
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Incinérateur domestique du Dr Bréchot
L'incinérateur du Dr Bréchot, que nous décrirons d'après « 1' Hygiène générale et appliquée » (septembre 1907) permet de détruire par incinération, au domicile même du malade, les matières fécales, urines, vomissements, crachats, desquamations etc..
(Fig. 5)
Cet appareil offre donc un intérêt tout particulier au point de vue de la prophylaxie des maladies transmissibles, puis-
qu'il réalise une désinfection absolument sûre des produits de contage aussitôt qu'ils sont éliminés. L'appareil comporte 3 parties ;
I. — Un seau qui reçoit les déjections, les ordures dans lequel elles sont anéanties.