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ËTUVES A AIR CHAUD ET SEC

Les premières étuves à désinfection à air chaud et sec étaient chauffées à l'aide de la houille ou du gaz d'éclairage.

On en construisit plus tard dont le chauffage était assuré au moyen de la vapeur d'eau, circulant dans des tubes de métal et élevant à la température voulue l'air du compartiment où étaient placés les objets à désinfecter.

Les étuves à air chaud ont rendu de grands services, mais la pratique ayant démontré que la chaleur humide avait une supériorité très marquée sur la chaleur sèche, elles ont été remplacées par les étuves à vapeur dont l'emploi remonte à l'année 1881.

Les étuves à chaleur sèche, qui ont eu leur époque de succès, sont celles de Ransom, Léoni, Nelson et Corner, Fraser, en Angleterre ; celle de Esse en Allemagne ; l'étuve de Lelaurin et la chambre à air chaud de Herscher en France.

Pour donner une idée de ce que furent ces appareils, nous décrirons, d'après Vallin (1) :

1° L'étuve de Ransom ;

2° L'étuve de Lelaurin ;

3° Celle de Esse modifiée par Wirchow.

1° Ëtuve de Ransom. — La première étuve de ce genre (1) a été construite à Nottingham en 1871.

L'étuve (lig. 9) est en tôle recouverte de panneaux en bos ; pour empêcher la déperdition du calorique, l'intervalle qui sépare les deux parois est rempli de sciure de bois ou de tourteaux de graine de lin ; la partie inférieure repose sur un soubassement en maçonnerie. L'air qui y arrive est échauffé par le brûleur circulaire G, percé d'un grand nombre de trous par où s'échappe le gaz ; une pomme perforée donne passage à un courant d'air qui se mélange au gaz et assure la combustion complète du carbone. Le thermorégulateur automatique, figuré en H K, permet de régicr lt température au degré voulu. Le thermomètre placé en K indique la température maximum qui ne dépasse jamais 124 degrés. La température minimum est donnée par le thermomètre placé au sommet de l'étuve, près de la cheminée d'évacuation ; elle n'est jamais inférieure à 120 degrés.

Dans la cheminée d'évacuation de l'air chaud, se trouve une valve métallique V pivotant sur un axe horizontal ; un contre-poids suspendu à l'un de ses bords maintient constamment tendue une chaîne fixée par l'une de ses extrémités au bord opposé de la valve et par l'autre extrémité au robi-

(1) Vallin : Traité des désinfectants et de la désinfection. G. Masson, éditeur, Paris, 1883.

(1) Revue d'hygiène et de police sanitaire, octobre 1879. Vallin : Des appareils de désinfection applicables aux hôpitaux et aux lazarets.

net d'arrêt C, actionné lui-même par le contre-poids M. En un point de cette chaîne qui traverse la cheminée de l'étuve, se trouve un chaînon en métal fusible, lequel en se fondant amène la rupture de la chaîne, au cas où, par une cause imprévue, la température de l'étuve dépasserait le maximum fixé à l'avance. Alors instantanément, le contre-poids supérieur fait basculer et ferme la valve A ; en même temps, l'obturateur métallique F glisse dans la direction de la tige qui le supporte, vient fermer l'orifice inférieur de l'étuve et empêche complètement l'arrivée de l'air chaud au cas où le

Coupe de l'appareil de Ransom de la station de désinfection de Nottingham

brûleur à gaz continuerait à marcher. Mais en même temps, le contre-poids M, par un agencement que le plan ne laisse pas très bien comprendre, ferme le robinet d'arrêt C, placé sur le tuyau d'arrivée du gaz qui dès lors s'éteint. Des grilles en fer, horizontales et mobiles permettent de superposer plusieurs couches d'objets très volumineux et en particulier des matelas, des oreillers, etc.

La température peut atteindre avec cette étuve jusqu'à 175

degrés, mais on l'a toujours réglée à 120. La quantité de gaz brûlé n'est pas considérable : 1 mètre cube pour le petit modèle et 1 mètre et demi pour le plus grand. Chaque séance de désinfection dure 3 heures.

(Fig. 10) Vue d'ensemble de l'étuve de Ransom

La figure (10) représente une vue d'ensemble de l'étuve de Ransom.

2° Etuve Lelaurin. — L'étuve de Lelaurin (1) que l'administration de l'assistance publique de la Seine a fait construire à l'hôpital St-Louis en 1881, était chauffée au gaz au moyen de rampes de chauffage et à allumage. Elle était munie, comme l'indiquent les dessins ci-contre (fîg. 11) et la légende, d'un régulateur de pression et de température. La température était maintenue aussi longtemps qu'on le dési-

(1) Vallin : Traité des désinfectants cl de la désinfection. G. Masson, éditeur, Paris, 188$.

rait à 120 degrés centigrades. La consommation de gaz était de 6 mètres cubes à l'heure. La capacité de l'étuve, de 11 mètres cubes, suffisait largement à assurer la désinfection des linges et vêtements des malades à l'hôpital St-Louis.

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(Fig. 11)

Etuve à désinfection de Lelaurin (Hôpital Saint-Louis)

A. Arrivée du gaz.

B. Régulateur de pression.

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