‹ Traité de désinfectionChapitre 42 sur 134 · L. Cercle pour suspendre les · texte numérisé non relu

L. Cercle pour suspendre les

habits.

R. Robinets d'arrêt.

P, Portes,

Cette étuve était construite en briques et présentait deux enveloppes séparées par un intervalle isolant. Elle était divisée en deux parties : la partie inférieure qui renfermait l'appareil de combustion du gaz et la partie supérieure, la chambre à désinfection, destinée à recevoir les objets suspendus à un cercle mobile autour d'un axe de rotation.

3° Ëtuve de Esse modifiée. — Cette étuve, à chaleur sèche obtenue au moyen de la vapeur d'eau, a été construite en 1879 à Berlin (hôpital de Moabit).

Voici la description de cet appareil donnée par Vallin dans son Traité des désinfectants et de la désinfection :

« Des fondations, s'élève une chambre carrée dont les murs sont à double paroi ; l'externe a 13 centimètres d'épaisseiir, l'interne, 25 centimètres ; entre les deux, existe un intervalle de 7 centimètres, rempli de sciure de bois sèche et formant un matelas isolant pour empêcher la déperdition du calorique intérieur.

Le fond de la chambre, en ciment imperméable, est également à double paroi et l'intervalle qui les sépare est beaucoup plus considérable. Il en est de même du plafond, de sorte que l'étuve représente deux chambres en maçonnerie, emboîtées l'une dans l'autre, dans toute leur étendue, et séparées par une couche isolante.

Les dimensions intérieures utilisables sont les suivantes : longueur, 3 mètres ; largeur, 1 m. 50 ; hauteur, 2 m. 24, soit une capacité de 9 m. 390. Cet édicule de 3 m. 40 environ est surmonté d'une cheminée de 2 mètres de hauteur ; celle-ci contient une valve métallique à contre-poids, qui permet d'ouvrir ou de fermer hermétiquement toute communication avec l'extérieur.

L'étuve est fermée par une première porte intérieure en fer, de 1 m. 50 de hauteur sur 0 m. 75 de largeur, une seconde porte extérieure, superposée à la première, mais séparée par un intervalle de 0 m. 20 à 0 m. 30, assure l'occlusion hermétique et empêche la déperdition du calorique.

Aux quatre angles du toit sont disposées de petites cheminées en poteries ou mitrons ; elles communiquent avec l'espace isolant qui sépare les deux parois de la chambre et empêchent l'humidité de la sciure de bois qui remplit cet intervalle.

Un épais tuyau de cuivre, de 8 centimètres de diamètre, traverse la double paroi et va à l'intérieur s'aboucher avec une chaudière à vapeur assez puissante servant d'ordinaire à d'autres usages, bains, buanderie. Ce large tuyau, véritable serpentin, décrit tout le long de la paroi interne de la chambre, en bas et sur les côtés, un très grand nombre de spires écartées entre elles de 12 centimètres et

restant distantes de la paroi également de 12 centimètres. Cet écartement rend faciles les lavages fréquents à grande eau, non seulement des spirales métalliques, mais aussi des murs de la chambre ; les parois sont en ciment imperméable et le fond est incliné en pente vers un caniveau qui conduit l'eau du lavage

(Fig. 12)

Etuve à désinfection de l'hôpital Moabit, près de Berlin.

c. d. e. Intervalle isolant, rempli de sciure do bois, entre les deux parois a et b.

f. Cheminées de ventilation des espaces c.

g. Cheminée de ventilation de l'émve, avec registre en h.

k. Section des tubes dans lesquels circule la vapeur sous pression. y. Crochets pour suspendre les effets,

dehors. Le serpentin est complètement fermé et sans discontinuité ; aux points déclives se trouvent des robinets qui permettent d'évacuer au dehors l'eau de condensation qui pourrait s'accumuler dans les tuyaux.

De chaque côté de la porte, un peu au-dessus du sol, l'on voit deux orifices de 5 centimètres de diamètre qui font office de ventouses et permettent d'établir une ventilation très puissante dès qu'on ouvre la plaque obturatrice de la cheminée ; le courant d'air résultant de la différence de la température est alors si violent, que des feuilles de papier sont rapidement entraînées dans la cheminée d'évacuation. A droite de la porte, se trouve un pyromètre donnant exactement la température de la chambre, et dont le cadran se trouve à l'extérieur.

Quand on veut faire fonctionner l'étuve, on remplit la chambre d'objets de literie ou de vêtements accrochés à des tringles horizontales ; on ferme hermétiquement les deux portes. Le tuyau de la chaudière à vapeur est ouvert, et celle-ci circule sous pression dans l'intérieur du serpentin, jusqu'à ce que le pyromètre marque 125° centigrades ; cette température est obtenue au bout d'une demiheure environ ; on la maintient à ce degré pendant une heure encore. Durant la première demi-heure, on tient ouvertes les ventouses inférieures et la plaque obturatrice de la cheminée, afin de chasser rapidement l'humidité qui se dégage des effets ou de la literie ; on ferme ces orifices pendant la seconde demi-heure pour que réchauffement soit bien complet.

L'opération terminée, les portes sont ouvertes et la température de l'étuve tombe en 15 minutes à + 35° ou + 40° C. Quand on pénètre dans la chambre, on ne sent aucune odeur appréciable. Deux heures suffisent pour le chargement, le déchargement de l'étuve et une opération complète de désinfection. On peut y porter à la fois 120 couvertures de laine, ou les vêtements de 60 personnes, il est donc facile de faire 8 à 9 fonctionnements en 24 heures, et un hôpital de 1.000 lits peut-être desservi par un seul appareil ».

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