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(Fig. 13) Cuve à désinfecter par trempage de Geneste et Herscher
Lorsque l'eau mise dans la chaudière jusqu'au robinet T est en ébullition, et que l'on ferme la valve s, elle est poussée par sa propre vapeur et s'élève dans le bac supérieur jusqu'à ce que le niveau dans la chaudière ait atteint le bas du tube m. A ce moment, comme l'autre tube n plonge encore dans le liquide inférieur, il se produit, par l'effet de
l'ébullition, une circulation continue ; l'eau de la chaudière s'élève dans le tube n et se déverse dans le bac B pendant que l'eau du bac redescend dans la chaudière par le tube central m. On a ainsi la même température dans le bac supérieur et dans le fond de la chaudière.
Le fonctionnement de cet appareil est très simple :
Remplir d'eau la chaudière jusqu'au niveau du robinet de jauge (cette eau se verse dans le bac B en tenant la valve s ouverte).
Chauffer jusqu'à ébullition, la valve s toujours ouverte.
Mettre dans le bac B la quantité de carbonate de soude nécessaire.
Lorsque l'eau est en ébullition, la faire monter en fermant la valve s pour dissoudre le carbonate. . Cette dissolution faite, rouvrir la valve pour faire redescendre le liquide.
L'appareil est alors prêt à fonctionner.
Placer les objets à désinfecter dans le bac supérieur B, autour du tube central perforé.
Fermer la valve pour faire monter le liquide et laisser bouillir franchement pendant 15 minutes.
Ouvrir la valve pour faire redescendre le liquide.
Ajouter alors la quantité d'eau nécessaire pour que le niveau atteigne toujours bien le robinet de jauge et recommencer un nouvelle désinfection et ainsi de suite.
Lorsque les opérations de la journée sont finies, il faut avoir soin de vider l'appareil par le robinet de vidange V. Lorsque l'appareil doit rester longtemps sans fonctionner, on achève de le vider par l'orifice U.
Pour bien faire redescendre le liquide après chaque opération, il est bon, après avoir ouvert la valve s, d'ouvrir aussi la porte du foyer et de fermer un peu la clef de la cheminée, afin de calmer l'activité de l'ébullition. Au contraire pendant la durée des opérations, il faut activer le feu en fermant la porte et en ouvrant la clef en grand. Il convient alors de maintenir en place le couvercle de la cuve pour éviter les projections de l'eau au dehors. N'enlever le couvercle qu'après l'ouverture de la valve s quand le liquide est redescendu.
La cuve à désinfection de Geneste et Herscher présente l'avantage de ne fonctionner que lorsque le liquide stérilisateur a atteint une température d'au moins 100 degrés, condition essentielle de son efficacité. Elle est disposée de telle sorte que la température du liquide ne peut varier pendant l'opération.
2° Cuve à tremper et à désinfecter le linge de M. Le Blanc Ces appareils sont en tôle (fi g. 14) de forme conique, fermés dans le haut par un couvercle à poignée et dans le bas desquels se trouve une chaudière avec foyer, également en tôle galvanisée.
A l'intérieur, un fond en bois sépare la cuve de la chaudière et sert à recevoir le linge que l'on entasse en mettant le plus grossier et le plus sale dans le fond.
Dans le haut, un couvercle en fer avec anneaux sert à maintenir une série de bâtons fichés dans le fond en bois tout autour de la cuve ; un autre bâton plus gros est placé dans le milieu.
Ces bâtons s'enlèvent lorsqu'on a fini de tasser le linge dans la cuve, cl laissent des trous qui permettent à ta vapeur de passer dans la masse du linge.
La cuve à tremper de Le Blanc est généralement employée comme une lessiveuse c'est-à-dire avec de l'eau tenant en dissolution du savon ou des sels alcalins.
Fonctionnement. — La chaudière ayant été remplie d'eau jusqu'au trou qui se trouve au-dessous du fond de bois, il n'y a plus qu a faire du feu. Au bout de trois heures environ, la vapeur a pénétré tout le linge et vient sortir sous le couvercle par petites bouffées.
L'opération est alors terminée, il ne reste plus qu'à laver et rincer, ce qu'on peut faire immédiatement, bien qu'il soit préférable de laisser refroidir jusqu'au lendemain. u
Cuve à tremper et à désinfecter le linec
3° Lessiveuses
L'expérience a démontré que le lessivage au moyen des lessiveuses usuelles constituait un bon moyen de désinfection du linge. L'efficacité du lessivage réside évidemment dans les propriétés désinfectantes des solutions alcalines portées à la température de 1 ebullition.
Nous croyons devoir décrire quelques unes des lessiveuses fréquemment employées. Ce sont des appareils construits par la maison Geneste et Herscher.
1° Appareil à lessiver à chauffage au bois ou au charbon. - Cet appareil représenté ci-contre (fig. 15) se compose
(Fig. 15) Appareil à lessiver à chauffage au bois ou au charbon
d'une chaudière en forte tôle (A) avec couvercle boulonné, placée à l'intérieur d'un fourneau métallique. Un tuyau d'ascension en cuivre, terminé par une pomme d'arrosoir, répand la lessive sur le linge contenu dans le cuvier B. Un tuyau spécial disposé à la base de ce dernier ramène la lessive dans la chaudière.
2° Appareil à lessiver chauffé à la vapeur. — Cet appareil, (fig. 16) est analogue au précédent. Il en diffère par le mode de chauffage qui est produit par la vapeur. Une disposition
(Fig. 16) Appareil à lessiver chauffé à la vapeur
particulière permet d'essanger le linge placé dans le cuvier, au moyen de jets d'eau froide d'abord, puis à des températures de plus en plus élevées jusqu'à l'ébullition.
3° Lessiveuse désinfecteuse de Geneste et Herscher. ■ — Cet appareil (fig. 17) comprend un cuvier autoclave en forte tôle galvanisée, avec fermeture rapide au moyen d'écrous à
manettes. Au fond se trouve fixée la chaudière à lessive. Le chauffage du liquide lessiveur se fait par la vapeur. Au milieu du cuvier est placée une colonne d'ascension qui déverse la lessive sur le linge disposé tout autour.
L'ébullition se fait progressivement, les jetées de lessive étant d'abord faites à froid., de façon à ne pas cuire les taches du linge.
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(Fig. 17) Lessiveuse dé-infecteuse
Enfin cet appareil est muni d'un manomètre et d'une soupape de sûreté, d'un treuil avec sa chaîne et de robinets d'eau, de vapeur, de vidange.
4° Laveuses-désinfecteuses. — On construit depuis quelques années des appareils spéciaux, les laveuses-désinfecteuses, dans lesquels on utilise l'action de la chaleur et
des solutions alcalines. Il est reconnu que la désinfection des linges s'effectue grâce à ces appareils, dans de meilleures conditions que dans les étuves.
On sait en effet que lorsqu'on désinfecte à l'étuve des draps, serviettes et autres linges, il faut prendre la précaution de laver à froid les taches d'origine albuminoïde, afin de ne pas les rendre indélébiles, opération qui n'est pas sans danger pour le désinfecteur qui la pratique. Malgré cela, le linge désinfecté sort généralement de l'étuve plus sale en apparence qu'avant son introduction.
On évite cet inconvénient avec les laveuses-désinfecleuses qui permettent d'obtenir dans le même appareil le lavage et la désinfection. Il en résulte une économie de temps et l'avantage d'avoir du linge absolument blanc et n'ayant pas couru le risque d'une détérioration. Avec les laveuses-désinfecteuses, les manipulations de linges souillés sont réduites au minimum. Dans certains de ces appareils, les liquides d'essangeage, qui peuvent être contaminés, sont stérilisés avant d'être déversés à l'égoui ou au ruisseau.
Ces appareils conviennent surtout aux stations de désinfection, aux hôpitaux et aux buanderies, qui d'après un décret du 4 avril 1905, sont tenues de désinfecter le linge avant de le soumettre au blanchissage.
Il existe plusieurs sortes de laveuses désinfecteuses : les unes dans lesquelles l'opération se fait à la pression ordinaire et par conséquent à la température de la lessive employée, les autres qui fonctionnent sous pression et où la température peut s'élever à 120 degrés centigrades.
1° Laveuse-désinfecteusl: de Gfneste et Herscher
FONCTIONNANT A LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE. — Dans Ses
grandes lignes, la laveuse-désnfecteuse Geneste et Herscher (fig. 18) comprend une enveloppe extérieure supportée par de forts bâtis et à l'intérieur de laquelle se trouve un tambour en cuivre avec perforations embouties et barrettes également embouties. Ce tambour intérieur est monté sur deux tourillons creux qui permettent l'arrivée de la vapeur, de l'eau froide, de l'eau chaude et de la lessive à
l'intérieur de l'appareil, au moyen de robinets appropriés. Un système de poulies, fixe et folle, communique au tambour-laveur un mouvement automatique alternatif, de façon que le linge ne puisse ni s'enrouler, ni s'entremêler. A l'intérieur de l'appareil, se trouve un serpentin réchauffeur, pour éviter en cours d'opération, le refroidissement et la dilution
(Fig. 18)
Laveuse-désinfecteuse de Geoeste et Herscher
des liquides lessiviels et enfin, un verrou d'arrêt permet d'amener le tambour dans une position commode pour l'arrêt de la machine, le chargement et le déchargement du linge.
Fonctionnement. — L'opération du lavage et de la désinfection du linge comprend plusieurs phases.
1° Essangeage. — Après avoir introduit le linge sec, on fait arriver l'eau froide ou tiède, ou mieux encore de la vieille lessive, de manière que le niveau atteigne une hauteur raisonnable. On ferme les portes de l'appareil et on communique au tambour intérieur le mouvement alternatif dans les
deux sens. Au bout d'une dizaine de minutes, on évacue l'eau sale et on la remplace par une nouvelle quantité d'eau propre tiède ou même un peu chaude. On continue l'opération pendant dix minutes et on évacue à nouveau cette eau. L'essangeage est terminé, si l'eau d'évacuation est propre. Dans le cas contraire, on recommence une troisième fois.
2° Lessivage. — On introduit alors dans l'appareil la quantité d'oau et de lessive ou de savon correspondant au poids du linge. Le lessivage se fait en môme temps que la désinfection.
3° Désinfection. — On ouvre le robinet qui permet de diriger la vapeur produite dans la chaudière qui actionne en même temps le moteur, dans les serpentins intérieurs. La vapeur a pour effet de porter le liquide lessiviel à l'ébullition qui se produit à la température de 101 à 102 degrés, à cause des sels alcalins que tient en dissolution le liquide.
On fait tourner le tambour-laveur pendant demi-heure ou trois quarts d'heure, dans les deux sens.
4° Lavage et rinçage. — On vide l'appareil ; on y fait arriver de l'eau d'abord chaude, puis froide de façon à enlever les dernières traces de lessive ou de savon et on ne cesse l'action de l'eau qu'au moment où elle sort absolument claire.
5° Azurage. — On peut alors, si on le désire, faire dans la machine elle-même l'opération de l'azurage c'est-à-dire l'addition de bleu d'outre-mer que l'on fait ordinairement dans les blanchisseries.
Le linge sortant de la machine n'a plus qu'à être essoré et séché. Il est lavé et désinfecté.
Cette laveuse-désinfecteuse peut être disposée, dans une station de désinfection ou dans tout autre établissement de telle sorte que le linge souillé est introduit du côté infecté, tandis que le linge lavé est sorti du côté désinfecté.
La température obtenue avec cet appareil et la durée de l'opération sont suffisantes pour assurer une désinfection
parfaite, ainsi que l'ont démontré nos expériences personnelles et celles du Conseil supérieur d'hygiène. Ces dernières ont permis au Ministre de l'Intérieur de déliver à la maison Geneste et Herscher, le certificat d'efficacité n° 58, prévu par le décret du 7 mars 1903.
2° Laveuse-désinfecteuse a vapeur sous pression de Dehaitre. — La laveuse-désinfecteuse de M. l'Ingénieur Dehaître (fig. 19) est une machine à laver le linge fonctionnant à l'intérieur d'une étuve à désinfection.
(Fig. 19)
Laveuse-désinfecteuse à vapeur sous pression de Dehaître
L'étuve ou enveloppe extérieure est constituée par un corps cylindrique en tôle à double paroi, fermé à chacune de ses extrémités par une porte à charnières avec fermeture à verrous rayonnants (fermeture Dehaître) mues simultanément au moyen d'un seul volant central qui assure un joint étanche et rapide par serrage uniforme, régulier et progressif. Ce corps cylindrique est revêtu extérieurement d'une enveloppe en tôle vernie laissant une couche d'air isolant entre elle et le corps de l'étuve et évitant ainsi les déperditions de calorique. Cette enveloppe en tôle vernie, absolu-
ment lisse, se lavant facilement, n'est pas, comme les enveloppes en bois, susceptible de produire par la dessication des réceptacles à microbes.
L'espace compris entre les deux viroles du corps cylindrique reçoit la vapeur à la pression de 3 kilos et forme par
(Fig. 20.
A. — Arrivée d'eau froide. L. — Arrivée de lessive- Y.— Echappement de vapeur.
C. — Arrivée de vapeur au EN. — Vidange à '2 directions. S. — Vapeur désinfection,
barbotteur. B. — Niveau à tube d'eau. D. — Vapeur chauffage.
suite une double enveloppe de chauffage clans toute la péri: phérie de 1 etuve, en laissant l'intérieur de cette dernière absolument net et libre.
L'appareil repose sur le sol par l'intermédiaire de piedssupports en fonte.
Une robinetterie spéciale dont nous donnons ci-après la désignation (voir fig. 20 et 21) permet de distribuer et d'évacuer des différentes parties de l'appareil la vapeur et les divers bains lessiviels nécessaires aux opérations de lavage et de désinfection.
La laveuse est constituée par un tambour cylindrique en tôle perforée galvanisée, divisé en deux compartiments par
un diaphragme longitudinal en tôle ondulée perforée galvanisée.
Chacun de ces compartiments possède une porte à chaque • extrémité de façon à permettre le chargement et le déchar-
(Fig. 21]
Robinet d'arrivée d'eau froide. Robinet d'arrivée de lessive.
Robinet d'arrivée de vapeur au barboteur réchauffeur à vapeur. — Robinet de vidange à 2 directions pour vidange à la bouteille de stérilisation ou directement à l'égout avec cadran indicateur.
Niveau à tube de verre avec ses deux robinets et sa purge.
Robinet d'échappement de vapeur et de buées.
Robinet d'arrivée de vapeur p^ur la désinfection.
Robinet d'arrivée de vapeur pour la double enveloppe.
Robinet de purge d'eau condensée pour la double enveloppe.
Robinet de purpe d'eaucondensée dans l'intérieur de l'appareil.
Robinet de rentrée d'air.
Robinet de purge d'air.
Robinet de vapeur pour le souffleur-aspirateur, pour l'aération et le séchage des objets soumis à la désinfection.
Manomètre pour l'intérieur de l'appareil.
Manomètre pour la double enveloppe.
Soupape de sûreté à contrepoids pour l'intérieur de l'appareil.
Soupape de tûrelé à contrepoids pour la double enveloppe.
gement dans des locaux distincts, condition essentiellement nécessaire dans tout appareil de désinfection.
Ce tambour-laveur repose sur les parois intérieures de 1 etuve par l'intermédiaire de galets de roulement et le mouvement de rotation de ce tambour est produit au moyen d'une disposition d'engrenages et d'un arbre extérieur dont la commande se fait soit par moteur à vapeur direct fixé sur l'un des bâtis supports de l'appareil, soit par une transmission ordinaire ; dans ce dernier cas, un dispositif de changement de marche automatique assure la rotation du tambour dans les deux sens.
L'installation se complète par une bouteille en tôle (fig. 22) de capacité suffisante pour recevoir les divers bains et, en
(Fig. 22 j
Laveuse désinfecteuse Dehaitre. — Coupe en travers montrant la bouteille BT de stérilisation des eaux d'essangeage.
particulier, l'eau d'essangeage, qui n'aurait pas subi l'ébullition dans l'appareil.
Ces liquides sont alors portés dans ce bouilleur à la température de 115 degrés au moyen d'un barboteur de vapeur avant leur rejet à 1 egout général.
Fonctionnement. — Le linge contaminé ou suspect est introduit dans l'intérieur du tambour-laveur dont on referme les portes ainsi que celle de l'étuve.
1° Essangeage. — On introduit de l'eau froide de façon à submerger le linge qui est soumis à l'essangeage, le mouvement de rotation du tambour active l'action de l'eau sur les matières solubles à froid et en particulier sur les taches albuminoïdes, gommeuses ou sucrées ; cet essangeage peut être activé au bout de quelque temps par un chauffage léger de l'eau au moyen d'un barboteur de vapeur.
T.p hain d'essangeage est alors évacué au bouilleur de stérilisation où il est porté à 115 degrés centigrades, puis rejeté à l'égout.
Cette opération se fait pendant que les opérations dans la laveuse-désinfecteuse s'effectuent.
2° Lessivage. — On introduit ensuite dans l'appareil par un robinet ad hoc une dissolution de lessive préparée préalablement dans un bac spécial ; cette dissolution mélangée avec de l'eau donnera un bain convenable que l'on porte progressivement à 1 ebulition, puis sous pression de 0 k. 750 correspondant à la température de 115 degrés centigrades.
On obtient ainsi un lessivage sous pression qui dissout toutes les taches du linge et lui donne une parfaite blancheur. On évacue directement à l'égout le bain de lavage qui a été stérilisé puisque l'opération a eu lieu à 115 degrés.
3° Rinçage. — Ce rinçage se fait soit à froid, soit avec de l'eau mitigée comme pour l'essangeage.
4° Désinfection. — Après le rinçage, afin d'éviter toute recontamination du linge par les eaux qui ont servi à cette opération (ce qui est absolument nécessaire pour les services de chirurgie et d'accouchement où le linge doit être absolument aseptique^, on soumet le linge, avant sa sortie de l'appareil, à une stérilisation par la vapeur sous pression,
comme dans une étuve ordinaire ; les taches ayant disparu par le lavage, il n'y a aucun danger de fixation de matières colorantes ou autres.
Cette opération de stérilisation se fait par la vapeur directe sous pression à 115 degrés et le mouvement de rotation du tambour intérieur assure un parfait contact de la vapeur et du linge dans toutes ses parties. La désinfection terminée, on ouvre la porte de l'appareil du côté désinfecté et l'on retire le linge qui n'a plus qu'à être séché pour être employé.
Vapeut* d'eau
La vapeur d'eau est le mode d'application le plus sûr et le plus pratique de la chaleur à la désinfection. Elle peut être employée à l'état de vapeur surchauffée ou de vapeur saturée.
1° Vapeur surchauffée. — La vapeur d'eau surchauffée est de la vapeur dont on élève la température après sa sortie du générateur. Elle permet d'atteindre des températures élevées, mais son pouvoir de pénétration est très inférieur à celui de la vapeur saturée humide. La vapeur surchauffée qui se rapproche des gaz secs se comporte comme eux visà-vis des microbes pathogènes, et son action germicide devient plutôt incertaine. Les appareils dans lesquels on l'utilise sont aujourd'hui abandonnés.
2° Vapeur saturée. — La vapeur d'eau est saturée lorsque, à une température et à une pression données, elle contient le maximum possible de son liquide générateur. On comprend que la pression étant invariable, le moindre abaissement de température détermine la condensation d'une certaine proportion de vapeur.
La vapeur d'eau saturée a une grande puissance de pénétration ; elle désinfecte et stérilise les objets que l'on soumet à son action, si la température est suffisamment élevée. D'après les expériences de Koch, Gaffky et Lœffler, les spores les plus résistantes sont détruites en 10 minutesr à
Une température de 108 degrés centigrades. Tous les microbes pathogènes et leurs spores sont tués lorsqu'on les expose pendant un temps convenable dans la vapeur d'eau à 100 degrés.
La vapeur a l'avantage d'agir rapidement et d'être d'un prix de revient peu élevé.
La vapeur d'eau saturée convient particulièrement à la désinfection de la literie, des linges et de certaines étoffes, à la condition d'être employée avec les précautions que nous exposerons plus loin. Elle a l'inconvénient de détériorer parfois, les tissus de laine et de soie, les cartons, les livres et papiers de toutes sortes ; elle ne peut servir à la désinfection des peaux, fourrures, objets en cuir ou en caoutchouc.
- Dans la pratique de la désinfection on utilise la vapeur saturée sous les deux formes suivantes :
1° Vapeur circulante ou fluente ; 2° Vapeur dormante.
1° Vapeur saturée circulante ou fluente. ■ — Ce mode d'utilisation de la vapeur consiste à exposer à un courant de vapeur continu les objets que l'on veut désinfecter.
On peut se servir de la vapeur circulante ou fluente de deux façons :
1° A la pression atmosphérique : vapeur circulante sans pression ;
2° A une pression effective relativement faible : vapeur circulante sous pression.
De nombreux appareils sont basés sur l'emploi de la vapeur fluente sans pression. Ainsi le stérilisateur de Koch (fig. 23) depuis si longtemps usité dans les laboratoires de bactériologie est constitué par un récipient de forme cylindrique divisé en deux parties par une plaque horizontale percée de trous. La portion inférieure est destinée à recevoir l'eau soumise a 1 ébullition ; dans la partie supérieure, on place les objets à stériliser. Cet appareil n'étant pas hermétiquement clos fonctionne à la pression atmosphérique.
Certaines étuves ont été construites sur le principe de ce stérilisateur.
Les appareils à vapeur circulant sous pression ne diffèrent des précédents que par un dispositif spécial permettant d'obtenir un courant continu de vapeur que l'on soumet à une faible pression effective. A cette pression correspond
Stérilisateur de Koch
une élévation de température qui facilite la pénétration de la vapeur et qui a l'avantage d'avoir une action microbicide plus complète.
La plupart des étuves modernes fonctionnent à la. vapeur circulante ou fluente avec pression.
agents et Appareils
2° Vapeur saturée dormante sous pression. — Dans les appareils a vapeur saturée, dormante, sous pression, ce n'est plus un courant de vapeur que l'on utilise, mais de la vapeur saturée, ne circulant pas, c'est-à-dire immobile que l'on soumet à des pressions plus ou moins considérables.
(Fig. 24) Autoclave de Chambreland
Les autoclaves sont les appareils de laboratoire dans lesquels on applique la vapeur dormante sous pression. L'autoclave Chamberland notamment est une sorte de marmite de Papin (fig. 24) en cuivre rouge. Le couvercle est fixé à l'aide de fortes vis et porte trois orifices. Sur l'un de ces
iG6 TRAITE DE DÉSINFECTION
orifices se trouve un manomètre gradué de 0 à 2 atmosphères ; le deuxième orifice est muni d'un robinet ; au troisième est adaptée une soupape de sûreté. La chaudière est supportée par un fourneau à enveloppe de tôle unie et portant plusieurs couronnes de brûleurs à gaz.
Il suffit, pour mettre l'appareil en marche, d'introduire une certaine quantité d'eau, de placer le panier en fil de fer ou de cuivre contenant les objets à stériliser, d'adapter le couvercle et de le fixer solidement au moyen des vis. On chauffe ensuite ; on peut obtenir des températures variant entre 100 et 133 degrés centigrades.
La vapeur saturée dormante sous pression a au moins, si ce n'est plus, les mêmes propriétés germicides que la vapeur fluente sous pression. Il n'existe pas de microbes pathogènes et autres capables de résister à son action. Parmi les nombreux modèles d'étuves fonctionnant à la vapeur dormante sous pression, il faut citer celles de Geneste et Herscher les plus généralement employées.