I. — ÉTUVES A VAPEUR FLUENTE SANS PRESSION. — Ces étu
ves sont très simples et d'un prix très réduit. Le maniement en est facile ; elles ne présentent aucun danger et n'exigent pas l'emploi d'un chauffeur mécanicien. Elles conviennent spécialement aux petits hôpitaux civils et militaires, aux infirmeries régimentaires, crèches, dispensaires, etc.
Nous décrirons deux modèles de ces appareils : l'étuve (N 86) de Geneste et Herscher et le stérilisovaporigène de Dehaître.
1°- — Etuve Geneste et Herscher. — Cette étuve (type N 86) est construite pour fonctionner à très basse pression assurant une température de 100 degrés et demi au minimum. Un tuyau de décharge sans robinet rend impossible tout excès de pression et offre ainsi une sécurité absolue. Le dessin ci-contre (fig. 26) représente une coupe de cette étuve avec séchoir et appareil à douches.
1° L'étuve consiste en un cylindre de 0m. 80 de diamètre et de lm. 20 de profondeur faisant corps avec la chaudière également cylindrique placée au dessous et avec le foyer. Elle est garnie intérieurement d'un écran circulaire en cuivre étamé qui constitue avec le corps cylindrique de l'étuve une double paroi empêchant toute condensation à l'intérieur sur les objets traités ; ces derniers subissent ainsi l'opération
sans être mouillés. Trois claies mobiles à l'intérieur servent à supporter les effets à désinfecter ; retirées, elles laissent la place pour un matelas entier.
La fermeture de l'étuve (fig. 27) est faite par une porte à charnière assujettie par quatre boulons articulés.
La vapeur produite dans la chaudière pénètre dans l'étuve par une valve placée à l'avant ; elle circule dans la double paroi formée par l'écran et pénètre dans la capacité centrale par des ouvertures ménagées à la partie supérieure de cet écran ; de là, elle s'échappe par un tuyau situé en bas et
(Fig. 26) Coupe de l'étuve Geneste et Herscher tvpe N° 86
en arrière : ce tuyau porte un thermomètre qui indique constamment l'état de la vapeur d'échappement et il plonge à une profondeur de Om. 60 dans un récipient plein d'eau. La vapeur ne peut donc s'échapper que lorsqu'elle a atteint
TRAITÉ DE DÊSIttFËCTÏÔN
une légère pression (Om. 60 en colonne d'eau) et sa température est ainsi, après complète purge d'air, d'un peu plus de 100 degrés.
Un autre tuyau, de sécurité, part de la chaudière et plonge de Om. 80 dans le même récépient plein d'eau. Cette retenue est plus forte que celle de l'échappement de l'étuve ;
iFig. 26 bis) Etuve Genestc cl IIer?cher (type N° 86)
aussi la vapeur ne peut prendre le chemin de ce tuyau que si la vanne d'introduction dans l'étuve est fermée ou encore si l'ébullition est par trop active.
L'introduction de l'eau dans la chaudière, au fur et mesure des besoins, se fait à l'aide d'un entonnoir surélevé sans aucun robinet.
On voit donc que la simplicité de la manœuvre est très grande puisque tout se fait à l'aide de la seule vanne placée sur l'avant de la chaudière.
La mise en train de l'appareil demande environ une heure ; chaque opération de désinfection dure une demiheure. Le fonctionnement de l'appareil est facile à suivre. Dès que la vapeur est produite en quantité suffisante pour chasser l'air de l'éluve et porter le thermomètre à 100 degrés, ce qui s'apprécie aisément tout en surveillant le foyer, on charge alors l'étuve après avoir fermé la valve ; dans cette opération le thermomètre baisse et tombe à 60 degrés environ ; l'étuve chargée et refermée, on rouvre la valve, la vapeur pénètre dans l'étuve, et au bout d'un quart d'heure le thermomètre remonte à 100 degrés, dix à quinze minutes après la désinfection est achevée. L'étuve est ouverte et les effets sont secoués, étalés comme au sortir de l'étuve sous pression et parfaitement secs.
2° Le séchoir qui est annexé à l'étuve n'est pas le complément nécessaire de l'appareil, comme la plupart des appareils à vapeur fiuente construits jusqu'ici ; il a sa raison d'être pour enlever l'humidité préalable à toute opération de désinfection, pour les linges lavés, les effets et vêtements mouillés, humidité que ne ferait pas disparaître l'étuvage. Le séchoir ainsi annexé est un coffre en tôle de 0m. 80 de largeur, de 0m. 65 de profondeur, de lm. 20 de hauteur ; il est chauffé par les gaz perdus de la combustion ; la température y atteint aisément de 60 à 70 degrés.
Le compartiment inférieur sert de coffre à charbon.
3° Le seau à douche avec sa chaîne, sa poulie, et son récipient inférieur, formant bain de pieds ne présentent rien de particulier On remplit simplement le seau en prenant une petite quantité d'eau bouillante de la chaudière par un robinet placé à l'aval. On ajoute de l'eau froide pour amener la totalité de l'eau du seau à 35 degrés environ. On peut aisément, tout en poursuivant l'opération de désinfection, fournir ainsi de l'eau chaude à trois ou quatre bains-douches ; le remplacement de l'eau consommée ne retarde en rien l'opération.
Cette étuve fonctionne dans les conditions suivantes :
1° Chauffage préalable de l'étuve ;
2° Chargement ;
3° Faire circuler la vapeur pour purger l'air ;
4° Monter en température et en pression à 102 degrés et maintenir cette température et cette pression pendant 45 minutes au minimum.
Les expériences faites par le Conseil supérieur d'hygiène dans les conditions que nous venons d'énumérer, ont permis de délivrer à cet appareil le certificat n° 17 du Ministère de l'Intérieur.
II. — Stérilisovaporigène de Dehaitre. — Cette étuve (fig. 27) comporte essentiellement un corps cylindrique en tôle, rivé sur deux couronnes d'extrémité et fermé par deux portes à charnières et à fermeture étanche par verrous rayonnants, mus simultanément par un seul volant central.
(Fig. 27) Stérilisovaporigène de Dehaître
Une enveloppe calorifuge en tôle vernie avec matelas d'air interposé empêche tout refroidissement.
Un chariot intérieur roule sur des rails et sort de l'étuve sur deux voies intérieures à rails articulés.
Ce chariot est constitué par un cylindre muni de deux fonds rivés et présentant sur sa partie longitudinale basse
Agents et appareils lll
des perforations qui le mettent en communication avec le corps de l'étuve ; un couvercle à charnières et une fermeture étanche semblent l'en isoler.
Sur le haut de ce chariot est placée une tubulure, conique intérieurement et dans laquelle, lorsque ce chariot est à sa place dans l'étuve, peut pénétrer, au moyen d'un mouvement de descente à vis, un ajutage amenant la vapeur et la dirigeant directement dans le chariot.
Sous la tubulure du chariot est une sorte de récipient recevant la vapeur d'où elle s'épanouit dans toute la partie haute du chariot et où se dépose l'eau entraînée qui est dirigée par un tuyau spécial au fond de l'étuve même.
Les robinets et accessoires comprennent :
L'ajutage à vis' d'arrivée de vapeur avec robinet ;
Un robinet de purge d'eau condensée ;
Un robinet d'échappement ;
Un thermomètre témoin placé sur la sortie de la vapeur et donnant la température de cette vapeur au moment où elle quitte l'appareil ;
La tuyauterie d'amenée de vapeur, de purge et d'échappement.
La chaudière vaporigène automatique qui accompagne cet appareil est à feu continu avec réservoir de combustible et alimentation en eau par robinet à flotteur.
Elle présente un dispositif de régulateur qui maintient une pression de 60 à 80 centimètres d'eau, formant la surpression nécessaire à la circulation dans l'étuve.
Fonctionnement. — Les objets ayant été placés dans le chariot et le chariot dans l'étuve et les portes fermées, on descend au moyen d'un volant l'ajutage dans la tubulure du chariot qui forme avec elle joint étanche ; la vapeur se répand dans le chariot, traverse les objets de haut en bas et sort du chariot par les trous de la porte basse pour remonter dans l'étuve entre le chariot et l'étuve où elle abandonne ses dernières calories au chauffage de l'appareil.
Cette vapeur sort ensuite par l'échappement en passant sur un thermomètre qui en indique la température.
La période de désinfection proprement dite commence au moment où le thermomètre témoin marque 98 à 99 degrés (ce qui demande en moyenne trente minutes, suivant la nature des objets soumis à la désinfection) ; elle doit être continuée trente minutes.
Au bout de ce temps, la désinfection est terminée ; on ferme le robinet sur la chaudière ; on remonte l'ajutage et on ouvre les portes.
On sort le chariot et on l'ouvre.
La température obtenue est de 101 à 102 degrés.
Les expériences du Conseil supérieur d'hygiène, qui ont permis au Ministre de l'Intérieur de délivrer à cet appareil le certificat n° 6, ont été pratiquées dans les conditions de fonctionnement ci-après :
1° Mise en pression de la chaudière vaporigène ;
2° Charger l'étuve et la fermer ;
3° Manœuvrer le volant pour introduire la vapeur dans l'étuve ;
4° A partir du moment où le thermomètre témoin marque 98 à 99 degrés, maintenir la circulation de vapeur dans / etuve pendant 30 minutes ;
5° Manœuvrer le volant pour arrêter l'introduction de la vapeur, ouvrir les portes, sortir le chariot et l'ouvrir.