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CHAPITRE III Désinfeetion des Habitations

On peut être obligé quelquefois de désinfecter non seulement une chambre de malade, mais encore une maison entière, un hôpital, une caserne, une école, un établissement d'assistance (asile de nuit, asile de vieillards). La désinfection intérieure de ces locaux sera pratiquée par les mêmes procédés que l'on emploie dans la désinfection des appartements. On aura recours de préférence à un gaz antiseptique, tel que la formaldéhyde.

Les désinfecteurs doivent avoir la précaution de pulvériser ou répandre des liquides antiseptiques sur le sol, escaliers, parquet, c'est-à-dire partout où ils ont à circuler.

La désinfection au moyen d'un gaz peut s'effectuer de deux manières : 1° En désinfectant pièce par pièce, étage par étage, en commençant toujours par le plus élevé. On observera les précautions indiquées précédemment dans la désinfection à domicile. Ce procédé est celui qui offre le plus de garanties ; 2° En ne procédant qu'à une seule opération. Après avoir obturé toutes les ouvertures, fenêtres, cheminées, soupiraux, etc., on laisse les portes des différents étages ouvertes, et l'on fait dégager les vapeurs de formol, soit par la porte d'entrée, soit par une fenêtre du rez-de-chaussée. Ce procédé plus simple et moins long que le précédent, est peu applicable dans la pratique, à cause de la difficulté que l'on a d'obturer d'une manière parfaite les nombreuses ouvertures, issues, fentes d'un immeuble.

La désinfection extérieure des bâtiments comprend : la désinfection des murs et celle des cours. Le meilleur moyen

de désinfecter les murs est de les badigeonner avec du lait de chaux fraîchement préparé. La désinfection des cours se fait par lavages ou pulvérisations, avec des solutions désinfectantes.

La désinfection des cabinets d'aisance, soit privés, soit communs à plusieurs locataires, mérite une attention spéciale.

Ameublement

Les meubles et divers objets d'ameublement peuvent être désinfectés, soit au moyen d'un gaz antiseptique, soit à l'aide de pulvérisateurs ou lavages, ou bien encore dans des appareils spéciaux à la station de désinfection.

Si i on a recours à un graz antiseptique, on choisira de préférence I'»ldéMTde formiaue, en observant les précautions que nous avons déjà décrites. Tous les orifices de l'appartement seront obturés d'une manière parfaite, et les meubles éloignés des murs ; les tiroirs et les portes des armoires, commodes, etc., seront ouverts. Les meubles non munis de pieds devront être soulevés à l'aide d'un coin ; le sommier des lits dressé, les tapis, les édredons, les couvertures, suspendus à des cordes, et les rideaux étendus pour faire disparaître les plis au niveau des embrasses. Les tableaux, les glaces, les vitrines pourront être laissés en place. La porte de la chambre sera ensuite hermétiquement fermée. Ce procédé de désinfection ne réalise qu'une désinfection de surface.

La désinfection par pulvérisations ou lavages peut s'appliquer aux meubles ordinaires, tables, chaises, armoires, bureaux, buffets, bahuts, lits et sommiers, etc. Le désinfecteur ne devra négliger aucune des règles exposées dans un chapitre précédent ; il pulvérisera abondamment le liquide germicide, principalement sur les moulures, les sculptures, et dans les fentes, où se déposent les poussières.

Les objets, tels que matelas, oreillers, traversins, édredons, couvertures, tapis, et même rideaux, difficiles à désinfecter par les pulvérisations, seront transportés à la

station, où ils seront, soit traités dans 1 etuve à vapeur, soit soumis dans la chambre à formol à l'action simultanée de ce gaz et de la chaleur,

Objets divers

Le moyen le plus simple de désinfecter les brosses, les balais, les peignes, etc., consiste à les faire tremper, durant une heure, dans une solution antiseptique, froide ou chaude, suivant la nature de l'objet. La verrerie, la vaisselle, les couverts peuvent être désinfectés de la même façon, ou bien maintenus dans l'eau bouillante, au moins pendant une demi heure.

La nécessité de désinfecter au fur et à mesure de leur emploi les instruments des coiffeurs, rasoirs, peignes, ciseaux, servant à toute une série de clients, mérite une attention spéciale. La possibilité de transmission par leur intermédiaire de certaines maladies, et notamment de la syphilis a été m'ise en évidence par de nombreuses observations. Tout salon de coiffure devrait posséder une petite étuve à formol, spécialement construite à cet usage, qui assurerait une désinfection parfaite de ces divers instruments. Les ciseaux, les tondeuses et les rasoirs peuvent être aussi désinfectés par flambage. Depuis quelques années, on constate chez les coiffeurs une heureuse tendance à observer les règles de l'antisepsie ; mais trop souvent il s'agit d'une réclame trompeuse. Il serait à souhaiter que la désinfection des instruments des coiffeurs se généralisât et devint désormais obligatoire.

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