ÊTUVE POUR LA DÉSINFECTION DES LD7RES
La maison Geneste-Herscher vient, tout récemment, de breveter un nouvel appareil pour la désinfection des livrespar les vapeurs de formol (aldéhyde formique ou trioxyméthylène) (fig. 122).
L'appareil, très simple, et de prix peu élevé, comprend une petite étuve métallique munie d'une porté à fermeture hermétique et au bas de laquelle se trouve une coupelle (C). Latéralement, un thermomètre (T) permet de surveiller de l'extérieur la température de l'étuve, et un petit entonnoir (m) sert à l'introduction des liquides dans la coupelle (C). Enfin, une petite bombe en cuivre (b) contiendra le trioxyméthylène, dan le cas où l'on voudrait faire de la désinfection sèche.
Fonctionnement. — Sur les tablettes ajourées que possède l'étuve, on dispose les livres debout, c'est-à— dire sur tranches, les couvertures ouvertes et ramenées en arrière, et maintenues ainsi, au moyen de petites pinces, par exemple. On les place tête bêche, pour utiliser toute la place, tout en laissant les livres bien séparés les uns des autres, de façon à faciliter, autant que possible, l'action désinfectante des vapeurs de formol. Dans la coupelle, on verse un peu d'eau pour saturer l'atmosphère de l'étuve, (30 à60 gram., suivant la quantité de livres). En effet, le papier étant po-
(Fig. 122)
Etuve à formol pour la désinfection des livres
reux, il y a lieu de tenir compte de l'absorption par les livres eux-mêmes, d'une partie de cette eau.
La même observation s'applique d'ailleurs aux quantités de désinfectants que nous énumérons ci-dessous.
On ferme l'étuve, et, au moyen d'un petit réchaud à pétrole, ou d'une lampe à gaz (k), on élève lentement la température intérieure jusqu'à GO degrés. C'est à ce moment cjue la désinfection proprement dite va commencer.
On peut opérer de deux façons : avec le trioxyméthylène ou avec l'aldéhyde formique.
Si l'on fait usage de trioxyméthylène on place, dans la petite coupe, de quatre à huit grammes de ce produit que l'on fait évaporer au moyen d'une petite lampe spéciale. Il faut de 10 à 15 minutes environ. Cela fait, on continue pendant trois heures à maintenir au moyen du réchaud la température de l'étuve dans les environs de 60 degrés. La désinfection est alors terminée.
Si l'on emploie de l'aldéhyde formique du commerce il faut opérer comme il suit :
Dans la coupelle inférieure et au moyen de l'entonnoir extérieur, on verse un mélange de une partie d'aldéhyde à 40 p. 100 et un égal volume d'eau pure (en tout 20 à 40 grammes de mélange, suivant la quantité de livres à traiter).
Pendant une heure, on continue le chauffage au moyen du réchaud inférieur, de façon à maintenir la température de l'étuve aux environs de 60 degrés.
L'opération est terminée.
On procède alors à la désodorisation des livres.
On ouvre le robinet supérieur et par l'entonnoir on introduit dans la coupelle 10 grammes d'ammoniaque. Le chauffage continuant, l'ammoniaque s'évapore, neutralise le P formol et après quelques minutes, on peut arrêter l'opération et disposer des livres.
Le trioxyméthylène qui permet de travailler en atmosphère relativement sèche, convient surtout aux livres et objets fragiles redoutant l'humidité.
L'aldéhyde formique sert lorsqu'on est obligé d'opérer rapidement.
M. le professeur Berlioz a présenté à l'Académie de médecine (30 juillet 1907) le résultat de ses expériences sur la désinfection des livres fermés au moyen de l'étuve à formol de la Société Française économique précédemment décrite.
Il a posé les conclusions suivantes :
1° Que la désinfection des livres fermés peut se faire parfaitement dans son étuve.
2° Que pour les spores de subtilis et du charbon la désinfection en bord libre est efficace dans les livres de 1000 pages et non dans ceux de 2000 ; qu'en marge adhérente, elle est efficace dans les livres de 225 pages et non dans ceux de 500 et au dessus.
3° Que pour les autres microbes pathogènes la désinfection est assurée en bord libre et en marge adhérente dans les livres fermés de 1000, 2000 et 3000 pages.
Il n'est pas inutile d'ajouter que les livres, même ceux recouverts de maroquin, ne subissent pas de détérioration.
Les expériences de M. Berlioz sont résumées dans le tableau ci-dessous :
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En résumé, les appareils où l'on utilise l'action simultanée de la formaldéhyde et de la chaleur (appareils Geneste- Herscher — Fournier — Berlioz), permettent une désinfection parfaite des livres même fermés. Il est bon de mettre en piles les livres, et de les comprimer dès leur sortie de l'appareil, afin d'éviter toute déformation.
A défaut de l'une de ces étuves, on pourra désinfecter les livres en aspergeant les pages, une après l'autre, avec une solution de formaline à 40 pour 100, en les introduisant ensuite dans une boîte fermant hermétiquement et préalablement humectée de formaldéhyde. On tient cette boîte fermée 24 heures, dans un endroit chaud.
Les livres de peu de valeur, les brochures, les journaux seront tout simplement brûlés.
2° Lettres. — Les lettres, comme les livres ont été parfois la,cause de la propagation de certaines maladies, particulièrement de celles qui produisent une desquamation de la peau-: scarlatine, variole.
Le meilleur agent de désinfection est l'aldéhyde formique que l'on peut utiliser de diverses manières.
1° Les lettres sont placées soit dans des étuves à vapeurs sèches de formol, où l'on peut obtenir des températures assez élevées, soit dans des étuves à vapeurs formulées, humides, dans lesquelles la température ne devra jamais être supérieure à 65 degrés centigrades.
On aura soin de ne pas mettre les lettres en tas, et de les ranger debout et séparées les unes des autres, afin que toutes les surfaces soient en contact avec le gaz antiseptique.
2° Lorsqu'on ne possédera pas d etuve à Tormol, on pourra se servir d'un petit local ou bien d'une armoire, d'une caisse, ou toute autre capacité, pouvant être hermétiquement close, dans laquelle on fera dégager une quantité convenable de formaldéhyde. Les lettres seront disposées de la même façon que dans les étuves.
3° Les lettres peuvent être aussi désinfectées de la ma-
nière suivante : on découpe un coin de l'enveloppe, et on pulvérise sur toute la surface de la lettre, une solution forte de formaldéhyde. Les lettres, ainsi traitées, sont introduites dans des sacs imprégnés à l'intérieur avec le même antiseptique. Les sacs fermés sont laissés dans un local chauffé pendant au moins 7 à 8 heures.