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DÉSINFECTION DES LOCAUX ET DES DIVERS OBJETS

Locaux. — La désinfection peut être partielle ou totale. Partielle, lorsqu'il s'agit de purifier dans une chambre l'emplacement occupé par un malade atteint d'affection transmissible et l'emplacement des lits immédiatement voisins, elle ne nécessite pas l'évacuation préalable du local.

Totale, lorsque plusieurs cas d'une maladie transmissible s'élant déclarés successivement dans la même chambre, celle-ci parait devoir être considérée comme un foyer d'infection ; la désinfection ne peut alors être effectuée qu'après l'évacuation du local. La désinfection se fait par des lavages antiseptiques, les pulvérisations antiseptiques, la sulfuration.

La désinfection partielle est faite de préférence par le lavage énergique du plancher, des murs, des planches à lit, avec la solution de chlorure de chaux, de chlorure de zinc, d'acide phénique ou de sublimé. Pour la désinfection totale, on enlève la literie, les vêtements et l'équipement qui sont purifiés à part. Les murs, les^ fenêtres, les portes, les boiseries sont soumis au lavage méthodique avec les solutions précédentes, soit au mouillage effectif par la pulvérisation de la solution de formol ou de la solution de sublimé. Après la désinfection des parois murales, le plancher est lavé avec la solution de chlorure de chaux.

Le blanchiment à la chaux est un excellent moyen d'assainissement qui pourra compléter là mesure précédente. Mais celte opération, comme d'ailleurs les réparations à effectuer dans les locaux contaminés (grattage, peinturage), ne sera faite qu'après la désinfection des locaux ; les poussières et gravats provenant de

ces opérations doivent, avant l'enlèvement, être humectés avec une solution antiseptique.

Si la sulfuration paraît applicable, les objets métalliques doivent être préalablement enduits d'un corps gras.

La désinfection générale d'un casernement est parfois nécessaire ; elle doit porter non seulement sur les locaux habités, mais sur les couloirs, corridors, passages, escaliers, etc., et sera toujours utilement suivie d'un blanchiment à la chaux.

Lors des remplacements ou réparations des planchers dans les chambres des casernes ou dans les hôpitaux, les poussières accumulées dans les entrevous ne seront jamais enlevées à sec ; on les humectera, avant leur enlèvement, avec une solution antiseptique.

Divers objets. — Vêtements, linges et literie. — Les vêtements et linges contaminés doivent être manipulés soigneusement, rapidement et sans secousses, de façon à ne pas disséminer les poussières ou agents infectieux qu'ils supportent. Tout effet suspect doit être immédiatement déposé dans un récipient métallique clos soit dans des sacs à désinfection, soit dans des draps mouillés par une solution antiseptique.

Les effets de toile ou de coton, tels que chemises, bonnets, caleçons, chaussettes, cravates, mouchoirs, serviettes, torchons, tabliers, bourgerons, pantalons de treillis, draps de lit, alèzes, taies d'oreillers, seront plongés, durant trente minutes, soit dans l'eau bouillante, soit dans une solution antiseptique (chlorure de zinc, sublimé, acide phénique), puis lessivés par les procédés ordinaires.

Les vêtements de laine (tuniques, vestes, capotes, pantalons, etc.), les effets de laine (chemises, gilets, ceintures de flanelle), les objets de literie (couvertures, matelas, traversins, oreillers, édredons) sont de préférence désinfectés par la vapeur d'eau sous pression et, à défaut, par immersion dans une solution antiseptique (sublimé) ou par la sulfuration.

Le sublimé et la sulfuration altèrent les galons d'or ou d'argent et les boutons métalliques. Autant que possible, on évitera de soumettre à l'action de la vapeur les effets tachés ; si on doit désinfecter ces effets dans 1 etuve on recommandera d'en enlever préalablement les taches, sinon,, elles s'incrustent dans les tissus et deviennent indélébiles. Il faut préserver, à l'aide de sacs à désinfection, les effets ou objets à désinfecter, de tout contact avec les parties métalliques des appareils, pour éviter les taches de rouille.

Enfin, on prend aussi toutes les précautions nécessaires pour que le matériel à désinfecter ne soit pas souillé par l'eau de condensation. La. désinfection des effets de laine par les bains antiseptiques exige une immersion de 12 heures, et il ne faut pas, dans

ce cas, aciduler les solutions par l'acide chlorhydrique, car cet acide compromettrait la solidité des tissus.

Les objets de literie, tels que matelas, traversins, édredons, ne peuvent être désinfectés par immersion sans être défaits. Pour les découdre, on asperge à fond les enveloppes avec une solution antiseptique, puis on lessive celles-ci à part ; la laine et le crin animal sont immergés, pendant deux heures, dans le bain désinfectant, puis lavés à grande eau et séchés ; la plume est soumise à la sulfuration, et le crin végétal brûlé.

La sulfuration peut s'appliquer à la fois aux vêtements de laine, de coton, et aux objets de literies. Cependant la couleur de certains tissus peut être altérée par cette opération. Les objets sont étalés dans un local de 40 à 50 mètres de cubage, sur des tringles en bois ou des cordages scellés au mur, à 2 mètres au-dessus du sol et exposés aux vapeurs sulfureuses pendant 36 heures ; au sortir de ce local les effets sont aérés pendant 2 ou trois jours puis lavés s'il y a lieu, et les matelas refaits.

Les toiles cirées, les objets en cuir, en peau, ainsi que les objets en bois collés à la colle forte ne doivent être désinfectés ni à l'étuve, ni à l'eau bouillante ; il faut se contenter de les lotionner avec des solutions antiseptiques ou de les sulfurer.

Les képis, les masques d'escrime, après lavage dans une solution alcaline, sont désinfectés par des frictions faites au moyen d'une brosse ou d'un linge trempé dans une solution phéniquée.

Les instruments des perruquiers sont désinfectés par une immersion dans une solution phéniquée ou formolée tiède. Les trompettes, clairons et instruments de musique sont désinfectés toutes les fois qu'ils changent de détenteur ou qu'ils sont réintégrés en magasin.

Les objets sans valeur tels que paille, foin, chiffons, papiers, pièces de pansement, décombres, fumier, et débris d'animaux ou de végétaux doivent être incinérés dans un foyer si leur volume le permet ; ou, dans le cas contraire, hors des habitations en se conformant aux règlements de police. L'incinération des substances peu combustibles telles que le fumier est facilitée par un arrosage de pétrole.

Les meubles en bois, cadres, glaces sont désinfectés à l'aide de pinceaux ou de linges imbibés de solutions phéniquées fortes. Les meubles capitonnés peuvent être soumis aux pulvérisations antiseptiques.

Les voitures et les wagons sont désinfectés par les mêmes moyens que les locaux et les meubles. Les voitures et les brancards qui ont servi au transport des contagieux, de leurs effets et de leur fourniture sont désinfectés dès que le transport est terminé,

ttUTiOUE DE LA DESINFECTION' 4G7

Les tentes, à moins de souillures par des déjections ou des produits d'expectoration, peuvent être facilement purifiées par une exposition de plusieurs jours à l'air et à la lumière solaire. Elles sont abattues et leurs faces alternativement exposées à l'action du soleil. Les souillures, s'il en existe, seront soigneusement lavées avec une solution antiseptique, (chlorure de zinc, acide phénique, formol, sublimé).

Les déjections des malades sont désinfectées par l'addition de solutions antiseptiques, et les vases destinés à recevoir ces déjections doivent toujours contenir à l'avance une certaine quantité de solution de sulfate de cuivre à 5 p. 100.

Les parquets, les meubles et les effets souillés de déjections doivent être désinfectés avec le plus grand soin par les procédés indiqués. Les crachats des tuberculeux et des diphtériques doivent être l'objet de la plus grande surveillance ; on recommande aux malades de ne pas cracher ni sur des mouchoirs, ni sur des serviettes, ni surtout sur le sol, mais seulement dans un crachoir contenant à l'avance une petite quantité d'une solution antiseptique, et le contenu ne sera, si faire se peut, versé dans les latrines qu'après avoir été soumis à 1 ebullition.

Les cabinets d'aisance communs doivent être interdits aux malades atteints d'affections contagieuses, surtout de fièvre typhoïde, de choléra, de dysenterie et de scarlatine ; il faut attribuer à ces malades des seaux inodores, contenant à l'avance des solutions désinfectantes et entretenus en parfait état de propreté.

Quand un de ces malades a fréquenté un cabinet commun, le réduit doit être désinfecté avec soin, ainsi que le siège et le tuyau de chute, par des lavages avec des solutions fortes.

Les fosses d'aisances qui reçoivent les déjections suspectes doivent être désinfectées à l'aide du lait de chaux ou de l'huile lourde de houille.

Les baquets de propreté devraient être en métal ; s'ils sont en bois, ils sont imperméabilisés par plusieurs couches de goudron bouillant, et coaltarisés à l'intérieur. Ils seront vidés et lavés à grande eau matin et soir, puis on y versera 100 grammes d'huile lourde de houille émulsionnée.

Les urinoirs doivent être souvent entretenus à l'huile lourde de houille et désinfectés par le chlorure de chaux.

Les incrustations qui se produisent sur les parois des urinoirs, particulièrement dans les angles et sur la rigole placée au pied des appareils pour collecter les liquides, sont enlevées par des frictions énergiques faites avec une brosse rude, trempée dans une solution aqueuse d'acide chlorhydrique du commerce à 150 ou 200 p. 1000.

Qn ne peut désinfecter les murs profondément imprégnés d'urine,

qu'en les faisant repiquer, puis cimenter à nouveau et en recouvrant leur surface d'une couche de goudron de houille.

Les cadavres des personnes qui ont succombé à une affection contagieuse, doivent être enveloppés dans un suaire imprégné d'une solution phéniquée forte. La bière est remplie de sciure de bois imbibée d'une solution antiseptique. Les locaux où ils ont séjourné, les brancards et les voitures qui ont servi à leur transport doivent être désinfectés avec soin.

Les personnes qui ont été en contact prolongé avec des personnes atteintes d'affections contagieuses doivent changer de vêtements pour les faire désinfecter ; d'autre part, elles doivent se laver le visage et les mains avec de l'eau savonneuse chaude, se nettoyer les ongles soigneusement et enfin se lotionner les parties découvertes, surtout la barbe et les cheveux, avec de l'alcool étendu d'eau. On doit aussi plonger les mains pendant une minute dans une des solutions désinfectantes indiquées plus haut.

En général un grand bain savonneux ou même de sublimé à 20 grammes suffit pour obtenir une désinfection totale du corps, et cette manière de faire est applicable à la plupart des convalescents de maladies contagieuses, avant de cesser l'isolement et de permettre le retour à la vie commune. ,

Inslruclions pour pratiquer dans Varmêe les désinfections par les éluves sous pression de Geneste et Herscher, et par les étuves à circulation de vapeur sous pression de Vaillard et Besson :

Les établissements ou corps de troupe qui ont à effectuer des désinfections au moyen detuves, doivent opérer conformément à la présente instruction, relative aux étuves sous pression de Geneste et Herscher, et aux étuves à circulation de vapeur sous pression de Vaillard et Besson.

Les étuves Vaillard et Besson, de faible capacité ne peuvent contenir qu'une petite quantité d'effets d'habillement et d'objets de literie à désinfecter.

Les dimensions plus grandes des étuves Geneste et Herscher permettent de mener plus rapidement les opérations quand on doit étendre la désinfection à un groupe considérable d'effets et d'objets de literie.

Objets appartenant au Service de Santé

La désignation des objets à placer dans l'étuve est faite par les médecins de l'établissement, d'après les consignes et les ordres généraux donnés par le médecin-en-chef.

Un inventaire des objets à désinfecter est fourni par chaque service au chef mécanicien et il en est donné récépissé.

Il faut se garder de secouer les vêtements ou les objets de literie suspects, afin de ne pas disséminer dans Pair les germes infectieux qu'ils peuvent renfermer.

Les effets et couvertures doivent être plies avec soin, superposés et maintenus en paquets, s'il y a lieu, par des liens modérément serrés, afin que la vapeur puisse pénétrer entre eux.

Ils sont apportés dans des récipients métalliques hermétiquement clos, ou dans des sacs à désinfection que l'on dépose, sans les ouvrir, sur les claire-voies d'un local approprié, contigu à l'étuve.

Objels appartenant aux Corps de Troupe

Lorsque des désinfections sont ordonnées, la désignation des objets à envoyer à l'étuve est faite par les médecins du corps, qui indiquent les précautions particulières à observer pour les transports.

On se conforme, pour la désinfection des effets d'habillement ainsi que pour celle des fournitures appartenant à la Compagnie des lits militaires, aux instructions données dans le paragraphe I de la présente notice.

Le passage à l'étuve se fait généralement en présence des parties intéressées ; dans le cas contraire, un inventaire des objets est donné, contre récépissé, au chef mécanicien, et on opère quant au reste comme pour les effets appartenant au service de santé.

Personnel chargé des désinfections

Avant toute manipulation, les désinfccteurs doivent se couvrir d'effets de travail spéciaux, comme il a été dit au paragraphe II de la présente notice. Chaque fois que ces effets sont quittés, ils sont placés dans l'étuve avec les derniers objets à désinfecter, pour être stérilisés ; les désinfecteurs se savonnent les mains et le visage, et plongent les mains dans une solution antiseptique de sublimé.

Le personnel attaché au service d'une étuve doit être divisé en deux groupes : l'un est destiné à faire fonctionner l'appareil et y introduire les effets contaminés ; l'autre qui ne doit jamais avoir de communication par contact avec le précédent ni toucher les objets infectés, est chargé de retirer les effets lorsqu'ils ont été désinfectés.

470 ÎRAITÊ DE DÉSINFECTION

2° Instruction spéciale aux étuves sous pression de Geneste et

Herscher

1° Personnel chargé des désinfeclions.

Un mécanicien et un aide sont nécessaires pour le service d'une étuve.

L etuve ne doit jamais être confiée même à un mécanicien de profession, si celui-ci n'a pas fait un stage spécial pour la conduite des étuves Geneste et Herscher, attendu que les tâtonnements pour la mise en œuvre de ces appareils compromettent leur intégrité.

2° Contenance des étuves

Les groupes d'objets que l'on peut mettre ensemble dans une étuve locomobile pour une opération sont les suivants :

Des Hôpitaux militaires

1° une literie complète ;

2° ou quinze couvertures ;

3° ou un matelas, un traversin et les vêtements d'un malade.

De la Compagnie des lits militaires

4° ou deux fournitures complètes ;

5° ou une literie complète avec les vêtements de l'homme ;

6° ou vingt couvertures.

Du service de V habillement

7° ou quarante couvre-pieds ; 8° ou soixante pantalons ; 9° ou quarante capotes ; 10° ou cinquante tuniques ; 11° ou soixante vestes.

Dans l'étuve fixe du grand modèle, on peut mettre ensemble les groupes d'objets suivants :

Des Hôpitaux militaires

1° trois literies complètes avec les vêtements des malades ;

2° ou soixante couvertures ;

3° ou quatre matelas et quatre traversins ;

De la Compagnie des lits militaires

4° ou cinq fournitures complètes et cinq paquets d'effets ;

5° ou soixante couvertures ;

6° ou quatre-vingt-dix couvre pieds ;

Du service de Vhabillement

7° ou cent pantalons ;

8° ou quatre-vingt capotes ;

Du service de Vhabillement

9° ou quatre-vingt-dix tuniques ; 10° ou cent vestes.

Les matelas se placent verticalement, les couvertures et les effets plies dans le sens de la longueur sont disposés avec soin dans les compartiments et par couches régulières.

Les objets apportés dans les sacs à désinfection ou (et seulement à défaut^ dans des draps, sont étuvés avec leur enveloppe qu'on a pris soin d'ouvrir.

Conduite et durée des opérations

Pour faire fonctionner les appareils et conduire l'opération de la désinfection, on se conforme strictement à la notice spéciale à chaque appareil, (suivant qu'il est fixe ou locomobile), notice qui est fournie par le constructeur lors de l'expédition de chaque étuve. On obtient une désinfection complète quand la température de l'étuve est portée à 115° centigrades pendant 20 minutes, avec une pression de sept hectogrammes à la soupape. La tension de la vapeur est alors de 1.273 millimètres de mercure et correspond à 1,66 atmosphère.

Les étuves fixes sont munies d'un appareil enregistreur de pression qui permet de contrôler la conduite, la durée et le nombre des opérations de désinfection pratiquées dans un temps donné ; une notice sur le fonctionnement de ces appareils spéciaux est fournie également par le fabricant.

Chaque sorte d'étuve a son allure particulière, mais les frais diffèrent peu.

La mise en train d'un appareil exige environ une heure de chauffage préalable et consomme en moyenne 20 kilos de charbon de terre.

La durée d'une opération de désinfection avec ses divers temps, nécessite environ 45 minutes et la consommation de charbon de terre est de 5 k. 500 pour chacune d'elle.

Par mesure économique, il convient, autant que possible, de faire plusieurs étuvages de suite. Dans une journée de 10 heures, en comptant le temps nécessaire pour la mise en train «le l'appareil, on peut faire 10 à 12 opérations successives de désinfection et la quantité de charbon consommée est alors de 90 à 95 'rilogrammes.

L'alimentation de la chaudière pendant la journée de travail exige environ 250 litres d'eau.

Bien que les éLuves ù désinfection, de Geneste et Herscher fonctionnent sous de faibles pressions, ces appareils sont soumis aux prescriptions concernant les machines à vapeur, et il y a obligation pour les gestionnaires à les faire visiter au moins une fois par an par. les agents locaux du Service des Mines ou les Inspecteurs des associations régionales de propriétaires d'appareils à vapeur.

3° Instruction spéciale aux étuves a circulation de vapeur sous

PRESSION DE VaILI.\RD ET BeSSON

1° Personnel chargé des désinfections

Dans les hôpitaux et dans les corps de troupes détenteurs d'étuves, les médecins-chefs et les médecins-majors chefs de service se familiariseront avec le fonctionnement de ces appareils pour en enseigner le maniement aux infirmiers.

Le fonctionnement de l'étuve ne doit jamais être confié qu'à un personnel dressé à cet effet.

Contenance des éhwes

Les groupes d'objets qu'on peut mettre ensemble dans l'étuve verticale sont les suivants :

De la Compagnie des lils militaires

1° deux matelas roulés ensemble ;

2° ou une literie complète avec les vêtements de l'homme ;

3° ou seize couvertures ;

4° ou quarante couvre-pieds ;

Du service de Vhabillemenl

5° ou soixante pantalons ; 6° ou trente-cinq capotes ;

Du service de l'habillement

7° ou quarante tuniques ; 8° ou une literie complète ;

Des Hôpitaux militaires

9° ou soixante vestes ; 10° ou douze couvertures.

L'étuve horizontale est plus grande d'un tiers environ que l'étuve verticale.

Les matelas sont placés roulés, dans l'étuve. Les autres objets sont introduits renfermés dans l'enveloppe qui a servi à les apporter et qu'on a eu soin d'ouvrir. On évite de les tasser, pour permettre à la vapeur de les pénétrer plus facilement.

Conduite et durée des opérations

La mise en train des appareils, la conduite de l'opération de désinfection, la manière de sécher les objets désinfectés, le mode d'entretien des appareils, sont exposés dans une notice que le fabricant fournit à la livraison de chaque étuve. Pour toutes ces opérations on se conformera rigoureusement à cette notice qui est la même pour les étuves du type vertical et du type horizontal.

Il est indispensable que le foyer de l'étuve soit établi dans de bonnes conditions de tirage, sans quoi, la mise en pression est difficile à obtenir et il en résulte une durée plus longue de l'opération et une dépense plus considérable en combustible ; en outre, la chaudière est exposée à se détériorer.

Bien que le foyer soit adapté pour tous les combustibles, la houille est celui qui convient le mieux.

Le cendrier doit être nettoyé fréquemment pour éviter qu'il se forme un second foyer au-dessous d'e la grille, ce qui l'amènerait à fusion.

Avec du charbon de bonne qualité et un tirage convenable du foyer, le temps nécessaire à la mise en pression est de 50 à 60 minutes environ, pour l'étuve verticale, et de 1 h. 15 à 1 h. 30 pour l'étuve horizontale.

L'aiguille du manomètre marque alors 500 grammes, charge correspondant à 112°, qu'on doit maintenir pendant vingt minutes, durée de la désinfection. La durée totale d'une opération est donc

de 1 h. 10 à 1 h. 20 avec l'étuve verticale et de 1 h. 35 à 1 h. 50 avec l'étuve horizontale.

Pour une deuxième opération et pour des opérations successives, il y a avantage à remplir la chaudière jusqu'au robinet de

niveau avec de l'eau échauffée par la vapeur de détente de l'opération précédente.

L'eau nécessaire à ce remplissage (environ dix litres) s'échauffe très sensiblement si on fait barboter la vapeur qui se dégage par le tuyau adapté au robinet de la partie supérieure du cylindre externe.

On arrive, par un travail journalier de dix heures, à effectuer de 9 à 12 étuvées, suivant qu'on se sert d'un appareil du type vertical ou du type horizontal.

La quantité de combustible employé varie avec la qualité du produit et les conditions du tirage du foyer.

La consommation d'eau pour une journée de désinfection est de 150 à 200 litres.

'4°. Circulaire Ministérielle du 26 février 1905 relative a la

DÉSINFECTION DES EFFETS d'haRILLEMENT DU GRAND ET DU PETIT ÉQUIPE- MENT PAR LES PULVÉRISATIONS DE FORMOL

Le règlement sur le service de santé à l'intérieur, prescrit à l'article 235, la désinfection par l'étuve à vapeur sous pression des effets d'habillement du grand et du petit équipement de tous les hommes qui entrent à l'hôpital. Jusqu'à présent, aucune mesure d'assainissement ou de désinfection n'a été prévue pour les souillures banales ou suspectes des effets neufs à recevoir dans les magasins de l'état, ainsi que des vêtements usagés laissés par les hommes libérés, les réservistes et les territoriaux.

Dorénavant, ces effets ne seront réintégrés et ultérieurement distribués qu'après avoir subi non seulement le nettoyage et le dégraissage prévus dans l'instruction du 30 janvier 1892, mais encore l'opération complémentaire de la désinfection. Les effets neufs confectionnés par des mains inconnues seront également soumis à cette mesure sanitaire.

De récentes expériences ont montré que la solution de formol à 5 p. 100 employée en pulvérisations pouvait assurer, selon les cireconstances et les besoins, la désinfection et superficielle ou profonde » des vêtements divers de toile, de coton ou de laine, des chaussures, de tous les objets en cuir et en peau, ainsi que des parties métalliques de l'équipement. Elle n'altère et ne modifie en aucune manière la texture ou la couleur des étoffes et ne détériore aucune des parties métalliques dos offris du soldat, boutons, boucles, plaques de ceinturon ; il suffit de les essuyer après pulvérisation pour leur rendre leur éclat.

*>fcÀTIQtlË DE LA DÉSINFECTION 475

Préparation de la solution désinfectante. — Le formol du commerce qui figure dans les approvisionnements du service de santé et qui contient 40 p. 100 d'aldéhyde formique servira à préparer la solution à 5 p. 100. Pour l'obtenir, il suffit de mélanger 125 centimètres cubes de la solution commerciale de formol à 875 centimètres cubes d'eau. Cette solution liquide titrée se présente dans l'état le plus propice pour détruire les germes banals ou pathogènes ; elle a de plus le grand avantage de pouvoir être répandue aussi largement qu'on le désire et de façon très visible sur les parties à purifier.

Appareils et personnel nécessaire. — Les pulvérisateurs que possèdent déjà les corps ou établissements militaires suffiront à assurer dans d'excellentes conditions les opérations de désinfection.

Quatre hommes au minimum sont indispensables pour mener à bien l'opération : le premier pour manœuvrer la pompe foulante de l'appareil, le second pour diriger le jet du pulvérisateur, les deux autres pour déplier les vêtements, les préparer, les étaler ou les étendre sur des cordages ou des fils de fer galvanisés, ou les présenter à la pulvérisation. Aucun danger d'intoxication ne peut résulter des manipulations prolongées que nécessitera la désinfection.

Technique de la pulvérisation. — La destruction des germes parait être en quelque sorte fonction de la quantité du liquide projeté et de la durée de son contact. Les pulvérisations devront être pratiquées largement, à petite distance presque à bout portant de façon à mouiller suffisamment les objets souillés. Lorsqu'on devra traiter des vêtements neufs ou simplement usagés et qu'il paraîtra suffisant de rechercher « la désinfection le surface » on pourra se contenter de pulvérisations moins prolongées qui humecteront les effets sans aller jusqu'au ruissellement. Si on recherche au contraire « la désinfection totale, complète en profondeur » la pulvérisation sera poussée jusqu'au ruissellement du liquide sur les effets à désinfecter.

Les capotes, tuniques, pantalons devront être traités à l'extérieur et à l'intérieur, les manches et les poches préalablement retournées. On peut désinfecter par le même procédé les couvertures. Quant aux matelas, traversins ou oreillers dont la garniture intérieure ne saurait être atteinte par les pulvérisations, il conviendra de les soumettre à l'étuvage comme on l'a fait jusqu'à présent. Les effets de grand et de petit équipement, les chaussures, les objets en cuir ou en peau seront installés ou présentés

47ô TRAITÉ DE DÉSINFECTION

au jet du pulvérisateur de façon à recevoir sur toutes leurs surfaces le liquide désinfectant.

Il est nécessaire de maintenir ouvertes les portes et fenêtres du local où se fait la désinfection, pendant toute la durée de l'opération, afin d'atténuer le picotement léger et |tr#s supportable provoqué par l'antiseptique au niveau des muqueuses oculaires et nasales.

L'opération terminée, les vêtements et objets seront abandonnés dans le local où on vient d'opérer.

On maintiendra ce dernier soigneusement clos pendant vingtquatre heures pour éviter la diffusion trop rapide des vapeurs de formol qui se dégagent par la suite et complètent l'œuvre de la désinfection.

Le lendemain, le local doit être ouvert et largement aéré, pour dissiper les vapeurs formolées et permettre le séchage rapide des effets désinfectés.

En principe, la désinfection par la pulvérisation de la solution de formol titrée à 5 p. 100 sera réservée aux vêtements, chaussures et objets d'équipement des hommes de la classe libérée, des réservistes et des territoriaux. Elle ne vise donc que les souillures de surface, de telle sorte que la pulvérisation ne sera pratiquée que jusqu'à « simple hurnectation ».

La désinfection profonde, poussée jusqu'au « ruissellement » ne sera utilisée que d'une façon exceptionnelle, en l'absence d'étuve à vapeur sous pression, pour suppléer la sulfuration ou concurremment avec elle.

Elle est en outre applicable « dans tous les cas », aux objets de cuir, de peau ou de métal qui ne peuvent supporter le passage à l'étuve.

Signé : M. BERTEAUX.

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