ÉLECTRICITÉ DU SA^'C
<jtfon les traite par ce même réactif ; de lù , suivait M. Donné, la possibilité de distinguer entre eux les ^lolmles sanguins et punilens. Ce moyen d'exploration est trop nouveau et n'a pas encore été assez expérimenté pour qu'on puisse porter une opinion sur sa valeur^ D'ailleurs, M. Donné lui-même a prévu quelques un€s des nombreuses objections qu'on pourrait faire aux inductions diagnostiques qu'il a émises, et le lecteur fera bien de lire ce mémoire, s'il veut prendre une connaissance plus précise des faits annoncés par ce médecin et de la manière dont ils ont été recueillis.
839. Ce serait ici le lieu d'indiquer les procédés à suivre pour analyser chimiquement le sang dans les circonstances où il serait possible, en diagnostic, de tirer parti ^de ces recherches ; mais ce sujet est plutôt chimique que médical ; nous renvoyons ici aux ouvrages qui traitent spécialement de l'analyse du sang^, et, parmi ces ouvrages, on doit surtout citer ceux qui ont été mentionnés dans ce paragraphe,
840. Au rapport de Bellingeri, la quantité appréiable d'électricité du sang veineux est moins grande dans la vieillesse et dans certaines maladies que dans d'autres cas; dans les fièvres graves, les caractères de l'électricité du sang seraient difFérens aussi de ceux qu'elle offre dans l'état sain. Malgré la remarquable thèse de M. Saucerotte sur l'altération des liquides , on n'a pas encore tiré parti, comme pratique, de ces opinions, et il est difficile de croire qu'au lit du ma^ Jade elles aient jamais leur application.
.84 1. Les symptômes physiologiques ou fonctionnel^
372 SIONES PHYSIOLOGIQUES.
qui peuvent conduire à des signes propres à faire soupçonner l'existence de l'hémopathie (maladie ou altération du sang), sont aussi nombreux que variés; ce liquide est le stimulant naturel des organes, il y entretient la vie , il leur fournit les matériaux de la nutrition : de là vient que l'excès de sang vers ces organes, comme son défaut ; que les variations survenues dans sa composition, déterminent sur tous les points de l'économie des phénomènes variés ; le développement de ces phénomènes pourra donc fréquemment faire croire aux altérations du sang en rapport avec eux. C'est ainsi que la syncope porte quelquefois à penser qu'il y a polyanhémie ( défaut de sang en général) , que les congestions pulmonaires, ou encéphaliques donnent lieu de croire, dans certains cas, que la polyhyperhémie ( pléthore ) existe ; c'est ainsi que les symptômes de l'ivresse font présumer que le sang a été altéré par l'addition d'alcool; c'est ainsi quefréquemment le dépérissement graduel fait soupçonner que le sang ne répare pas ses pertes; que la stupeur, l'affaiblissement des sens, un délire spécial, la faiblesse musculaire ou la raideur des muscles portent quelquefois à croire à la typhohémie ( altération du sang par les miasmes putrides ) ; que l'accumulation de sérosité dans les membranes ou le tissu cellulaire fait penser que le sang est séreux. C'est encore ainsi que des productions pseudo-membraneuses à la gorge font admettre comme probable, la plasticité du sérum du sang ; que l'existence d'une pneumonite ou d'une pleuritefait présumer que ce liquide est couenneux, etc. , etc. Evidemment on ne
POLYHYPERHÉMIE. 373
peut entrer ici dans toutes les considérations de ce g^enre que ce grave sujet comporte.
SPÉCIAL ET COMPARATIF DES ALTERATIONS DU SANG (l).
842. 1° iï^'mÉ>/?<^^Aî^ ( maladies du sang considérées en général). Altérations dans les caractères physiques, chimiques et physiologiques que le sang présente dans l'état normal.
843. 2" Poly hyper hémie (pléthore sanguine). Si cette affection est simple, le sang extrait des vaisseaux conserve ses caractères normaux ; en général il coule avec force et par un jet continu qui augmente sou-vent d'étendue et d'énergie à mesure que le liquide coule. Le cœur est volumineux.
844» Circonstances commémoratives : d'une forte constitution 5 d'une alimentation succulente, de la suppression ou de la non-apparition d'hémorrhagies périodiques, du repos ou d'un exercice insuffisant.
845. Le pouls est plein , fort, résistant ; les veines sont distendues; les capillaires profonds et superficiels, surtout ceux des lèvres et de la face, sont rouges; les poumons, principalement en arrière, doiinent peu de son; le foie est généralement gros. Conges-^ tions locales ; tendance auxhémorrhagies, aux inflammations; symptômes d'hypercardiohémie (nV4o2). Ces états organo-pathologiques se remarquent sou-
(1) Le Traité des maladies du sang, dans la Médecine pratique^ me dispense d'cnirer ici dans tous les détails que ce sujet embrrs.ise.
374 POLtANHÉMIE.
¥ent chet ïa femme , aux approches des règles. Ife reparaissent fréquemment d'une manière périodique. Les pertes dp sang spontanées ou artificielles soulagent promptement, sont facilement supportées et sont suivies d'une diminution prompte dans le volume du foie, du cœur, etc. Cet ensemble de symptômes ne se développe pas dans tous les cas de polyhjperhémie, et plusieurs de ces phénomènes peuvent manquer quoiqu'il y ait pléthore.
846. Folyanhérnie (anhémie en général, défaut de sang). Dans la polyanhémie simple, le sang nest pas altéré dans sa nature* Ses caractères sont opposés aux précédons , de sorte que pour la plupart d entre eux il suffira, afin d'éviter les répétitions , de prendre l'inverse de ce qui a été dit pouf la polykyperhémie, Notons seulement quelques autres symptômes propres au défaut de sang :
847. Circonstances eommémoratives d'hémorrhagies abondantes, d'abstinence prolongée, de perte de liquides , de la puberté chez la jeune fille.
8/j8. Accélération des battemens du cœur (qui en général a peu de volume). Au moindre mouvement^ palpitations; les artères battent plus fort lorsqu'elles sont déclives par rapport au thorax; le contraire à lieu dans une circonstance opposée. Lorsque la tête est élevée i tendance à Fanencéphalohémie ( syncope^ défaut d'abord' du sang vers le cerveau ) , les accidcns se dissipent lorsque cette partie est abaissée. Langueur des fonctions , faiblesse générale , etc.
849. 4^ ^/yc/rf?/iemtV ( augmentation dans les proportions relatives de la sérosité du sang). Le sang
ANinBFvOIiEMlE. 375
présente un caillot petit 5 mon , rétracté , non disposé en champignon ; il y a diminution dans les proportions des globules , de la fibrine ét de la matière colorante du sang. Dans certains cas d'hydroiiémie , les vaisseaux et les organes sont presque aussi distendus ou aussi volumineux que dans la polyhyperhémie; mais en même temps les tissus sont pâles , et les capillaires décolorés. Alors les malades sont quelquefois tourmentés par des congestions locales et éprouvent même des hémorrhagies ; mais le sang est peu rouge. Ils éprouvent par fois des phénomènes de cardiopathie ( souffrance du cœur ) et de faiblesse générale du même genre que ceux qui sont observés dans la polyanhémie simple.
850. b° Ayikydrohémie ( perte de la sérosité du sang ) Le sang coule très lentement et en bavant des veines ouvertes ; il est épais , visqueux , noirâtre , quelquefois poisseux; la coagulation est lente, difficile et quelquefois ne se fait que très incomplètement ^ 6ar le liquide n'aquiert qu'une consistance molle. Si la sérosité se sépare du caillot, elle est en petite quantité. Perte d'une grande partie des substances salines que le sang contient d'ordinaire ( ce qui doit être, puisqu'il y a du sérum en moins) ; augmentation proportionnelle de la fibrine , et des globules du sang. La matière colorante a une teinte plus noire que d'ordinaire.
85 1. Circonstances comméiiioratives d'une perte abondante de sérosité (hydrorrhée) , n'importe par quelle voie d'excrétion , mais ordinairement par l'intestin (entérorrhée). .
37(> HEMITE.
852. Faiblesse dans l'action du cœur, qu! a peu de volume; lenteur quelquefois extrême des circulations artérielle et veineuse ; teinte des capillaires périphériques noirâtre, violette, cyanosée. Cette coloration est surtout remarquable aux orbites , à la face, aux oreilles, aux orteils, aux doigts. Les poumons sont sonores , le foie a diminué de volume. Langueur extrême des fonctions ; refroidissement des membres , etc.
855. 6° Hémite (étaî que le sang présente dans les maladies dites inflammatoires, fièvre inflammatoire). Les caractères que le sang offre dans ce cas , ont été donnés précédemment ; rappelons seulement quelques-uns d entre eux ; peu de temps après la sortie du vaisseau , séparation de la sérosité qui surnage; elle présente une teinte opaline; si on la retire ou si on la laisse à la surface du caillot, elle dépose une substance jaunâtre, verdâtre, grisâtre, contenant quelquefois des stries filamenteuses d'une consistance variable entre la mollesse et une grande ténacité, et d'une épaisseur diverse suivant les cas. Quand il n'y a qu'hémite simple, il n'y a pas de granulation dans cette production à laquelle on a donné le nom de couenne inflammatoire. Le caillot n'offre pas dans ce cas de caractère spécial aussi tranché; seulement sa forme est souvent ovoïde; car il est plus large au milieu qu'au dessus et au dessous ( caillot en champigon). Il est revenu sur lui-même et rétracté , offre de la résistance à la pression et à la divulsion ; augmentation dans la densité et dans la pesanteur spécifique du sang. La sérosité des vésicatoires présente
/ PYOHÉMIE. ^ 377
fréquemment une couenne semblable à celle qui reouvre le cruor. Il en est ainsi des liquides séccrétés sur les surfares séreuses ou muqueuses.
855. Circonstances commémoratives d'un refroidissement subit, au moment où le corps vient de perdre beaucoup de sérosité par les sueurs, ou encore de l'ingestion de boissons alcooliques ; frisson initial; accélération constante dans les battemens du cœur; état fébriî , chaleur de la peau qui souvent est halitueuse ; symptômes fonctionnels attribués généralement aux fièvres inflammatoires ou angioténiques; tandance très grande aux phlegmasies des poumons, des plèvres, des jointures , du foie , des amygdales , etc. Coexisîaiice très ordinaire de ces affections qui , tantôt précèdent l'iiémite et qui d'autrefois lui succèdent.
853. 7° Pyohémie ( altération du sang par le pus. Circonstances commémoratives de grands foyers de suppuration existant dans les organes qui , tels que le poumon , sont très vasculaires; ou d'écoulemens purulens abondans à la surface des membranes muqueuses ou séreuses.
854. Ce n'est guère que dans les cas où il y a complication d'hémite qu'on trouve des caractères physiques propres à reconnaître la pyohémie. Bans ce dernier cas, la couenne se forme comme dans Fhémite , mais elle contient dans son épaisseur des granulations grisâtres , jaunâtres variables en nombre et en volume qui égalent quelquefois la grosseur d'un grain de cheénevis. M. Donné a indiqué quelques
378 ANHÉMATOSïE.
moyens chimiques cl microscopiques pour reconnaître la présence do pus dans le sang (n'' 856).
855. Les symptômes à Fétat aigu paraissent être : les frissons, l'accélération du pouls, un faciès altéré, de la stupeur, des abcès secondaires, et beaucoup d accidens semblables à ceux de la typhohémie (maladies typhoïdes. ) A l'état chronique, les caractères précédemment signalés dans le sang se manifestent rarement, parce que ce liquide n'est pas couenneux, La fièvre dite hectic/ue, caractérisée par des frissons, le soir, par des chaleurs et des sueurs nocturnes , par du dépérissement , souvent par du dévoiement , survient ; des abcès , dits tuberculeux se manifestent. Les produits anormaux, semblables aux lésions locales qui en sont la source , apparaissent fréquemment dans des organes divers.
856. 8° Anliématosie (défaut d'oxigénation ou de respiration du sang, asphyxie); le sang qui coule des vaisseaux présente une teinte noire plus ou moins foncée; en contact avec l'air , il ne tarde pas à rougir. Si l'anhématosie est simple, les autres caractères du sang ne sont pas modifiés. Les veines, les capillaires, les tégumens, les lèvres, la langue, etc., offrent une teinte bleuâtre , plus ou moins prononcée.
857. Circonstances commémoratives ou concomitantes de causes qui ont gêné la respiration; tantôt, obstacles à l'entrée de l'air, dûs à l'oblitération de la glotte ou de la trachée ( corps étrangers , croup , submersion, strangulation, suspension), obstacles à Faction des muscles des parois, et surtout à celle du diaphragmé; d'autres fois présence de liquide plus ou
ANHÉMATOSIÉ. StS^
moins spumeux dans les voies de l'air, manifestée par des ronchus , et par le défaut d'expectoration ( anhématosie par les liquides ou l'écume bronchique y qui peut ôtfe générale et avoir son siège dans la plus grande partie des poumons, ou partielle et n'avoir lieu que dans une portion circonscrite de ces organes) ; dans d'autres cas, gêne et lenteur dans la circulation et notamment dans celle des poumons (anhématosie à la suite des maladies du cœur, de Tanhydrohémie^ etc.). Ailleurs encore défaut d'infl#enee nerveuse sur les muscles chargés de la respiration 5 d'autrefois enfin privation d'air respirable , etc.
860. Dilatation du cœur^ principalement„à droite; matité des poumons surtout en arrière; d'abord force, développement, plénitude du pouls, puis faiblesse, petitesse, état vermiculaire , intermittence des baltemens de l'artère. Stagnation du sang veineux, augmentation du volume du foie ; quelquefois hémorrhagies dites passives* Langueur , difficulté ^ alFaiblissement des fonctions et notamment de celles du système nerveux. Les sensations sont confuses et donnent des notions vagues sur les objets extérieurs. Stupeur , délire souvent très faible et assez analogue à celui qu'on a appelé typhomanie; désir fréquent de changer de lieu; quelquefois énergie, excitation très vive et momentanée des fonctions intellectuelles et quelques momens après, affaiblissement de l'intelligence, mouvemens spasmodiques. Il arrive souvent que les membres offrent de la raideur dans le sens de la flexion , raideur qui se dissipe bientôt lorsqu'on étend le bras du malade. Troubles variés dans la
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digestion , évacuation spontanée des fécès , de Furine, etc. Ces divers caractères sont plus ou moins marqués , se prononcent d'une manière plus ou moins lente, suivant que lanhématosie est plus ou moins forte. Voy, dans le Traité de médecine pratique l'histoire des diverses espèces d'anhématosies.
861. 9"* Toxicokémie ( empoisonnement du sang). Dans quelques cas le sang ne présente aucun caractère physique ou chimique qui annonce la grave altér£^ion qu'il a éprouvée , et ce n'est que l'historique et que les symptômes de la maladie qui peuvent faire reconnaître cette altération. C'est surtout lors de l'inspiration de gaz toxiques que le sang offre des nuances de coloration très différentes de celles qu'il présente en santé: il est noir lors de l'inspiration prolongée du gaz hydro-suîfurique; rouge cerise à la suite de l'action de Fammoniaque, et d'un rouge rutilant chez les animaux qui viennent d'étreplongés dans le gaz dégagé du charbon qui s'allume. Les poisons mélangés directement avec le sang , le colorent quelquefois de diverses manières : le nitrate d'argent en noir , l'upas tieuté en rouge, beaucoup de substances toxiques portées dans le tube digestif ou dans le tissu cellulaire donnent au sang une teinte noire. Ce hquide présente l'odeur de l'alcool, du camphre, de l'urée , etc. , lorsque ces substances y ont été portées d'une manière quelconque [Voy. l'article toxicohémie du Traité de médecine pratique),
862. Circonstances commémoratives ou actuelles de l'action d'une substance toxique sur quelques parties du corps de l'homme ; tantôt cette substance
TOXICOHEMIE. 381
toxique consiste dans un agent saisissable, déposé à la surface des organes, ou porté dans leur profondeur; tantôt il vient du dehors 5 d'autrefois il s'est développé au dedans ; quelquefois on ne peut l'apprécier que par ses effets sur l'économie : tels sont certains miasmes épidémiques et contagieux.
863. Troubles fonctionnels, très nombreux et très variésjdanslaplupartdes grands appareils organiques; ils varient suivant la nature et l'espèce de poison ingéré. Quelques-uns de ces poisons tels que la digitale, l'acide hydrocianique paraissent agir sur le cœur ou sur les nerfs qui président aux mouvemens de cet organe. Quelques autres , tels que le tartre stibié , sollicitent des mouvemens de l'estomac , ou comme l'huile de croton, des contractions du tube intestinal. Un très grand nombre d'entre eux , tels que l'opium et les autres poisons stupéfians , agissent sur le système nerveux. Il en est qui, comme les cantharides modifient les reins et les organes de l'excrétion ur inaire. Il en est d'autres ainsi que les moules 5 le virus de la variole , le principe inconnu de la rougeole, qui déterminent des phénomènes variés à la peau , etc. On peut lire à l'article Toxicohémie du Traité de médecine pratique , Fexposition des phénomènes nombreux particuliers aux divers empoisonnemens du sang et qui pourraient en faire soupçonner l'existence. Malheureusement, il reste toujours ici beaucoup de vague dans le diagnostic, et il est très fâcheux que l'analyse chimique n*ait point encore fait retrouver dans le sang les diverses substances toxiques qu'on y a expérimen-
382 TYPHOHEiMîE.
talement portées. Cette analyse, surtout si elle était guidée parles renseîgnemens commémoratifs , serait le meilleur moyen de diagnostic des empoisonnemens du sang. Dans la toxicohémie qui précède et accompagne les dermites aiguës spécifiques (variole, rougeole, scarlatine, fièvres éruptives) les caractères de l'affection cutanée éclairent sur l'espèce de maladie €0-existante de l'appareil circulatoire.
864. 10". Typiio/iémie (altération du sang par les substances ou les miasmes putrides, plusieurs cas de ce genre se rapportent à la fièvre putride des auteurs). En général , ici la coagulation est lente. Le cruor est dit-on noirâtre, quelquefois d'une teinte rosée. Il est mou , difïluent et se déchire avec une extrême Tacilité. Il cède à la moindre pression. Il est plus liquide qu'à l'ordinaire. Il semble que la fibrine ait éprouvé une sorte de dissolution. Le liquide contient des paillettes micacées (Bouillaud) ; le plus souvent des globules rouges se déposent sur les parois du vase où le sang a séjourné. La densité du cruor et de la sérosité est un peu moins grande que d'ordinaire. La couche inflammatoire , quand il s'en forme, est mince, d'une teinte grise colorée de rose. Elle est peu consistante; lorsque la typhohémie est bien déclarée le jet est faible et la coagulation lente.
865. Circonstances commémoratives de l'action de Fencombrement, de l'habitation dans une chambre peu espacée, de la respiration d'un air putride, d'un séjour récent dans un lieu mal sain et surtout dans les grandes villes; application, ingestion de substances putréfiées sur des tissus vivans; gangrènes locales^
cholihémie. 383 entourées de parties riches en vaisseaux ; fluides animaux putréfiés dans les organes.
866. Troubles circulatoires ; le pouls présente un battement qui commence lorsque le battement précédent n'est pas encore fini (pouls entrelacé de M. Bally); "tendance aux hémorrhagies ; faiblesse des pulsations du cœur; pneumohémie hypostatiqueet anhématosie par lecume bronchique; fréquentes entérorrhées; entérite folliculaire; stupeur, délire dont le malade sort quand on lui parle, et dans lequel il retombe bientôt (typhomanie). Faiblesse des sensations; prostration, mouvemens spasmodiques ; éruption de sudamina, de pétéchies; tendance à la gangrène des parties qui supportent le poids du corps ; abcès , parotides ; quelquefois langue sèche et noire, surtout lorsque la respiration est gênée et qu'elle ne s'effectue pas par le nez, etc.
867. Beaucoup de ces symptômes peuvent manquer, bien que la typhohémie existe [Voy, cet art. dans le Traité de médecine pratique),
868. 1 1"" Cholihémie (altération du sang par la bile, ictère). La sérosité du sang séparée du caillot présente une teinte jaune plus ou moins foncée. L'analyse trouve tantôt le principe colorant jaune de la bile, d'autrefois même plusieurs autres de ses parties constiuantes.
869. Circonstances commémoratives ou actuelles d'une maladie des voies biliaires. Tumeur de la vésicule biliaire limitée par la percussion; tumeurs qui gênent le cours de la bile; hyperhépatotrophie ; troubles dans l'action de l'estomac et du duodénum ^ constipation. -
384 CHOLIHÉMIE.
870. Coloration en jaune de Furine, de la sueur, des mucosités bronchiques, de la sclérotique, de la peau, des tissus blancs, etc. (^6>/^2;rart.cholihémie du Traité de médecine pratique),
87 1 . Il faut éviter de cônfondre la teinte jaune des tégumens propre à la cholihémie avec celle qui se remarque dans la polyanhémie: dans la première la sclérotique et l'urine sont jaunes, cequi na pas lieu dans la seconde où le blanc de l'œil est bleuâtre. Dans la cholihémie les tégumens sont vraiment jaunes, ils ne sont que décolorés dans la polyanhémie»
872. Remarquons ici que plusieurs états organopathologiques du sang se combinent fréquemment entre eux ; que souvent , par exemple , la polyhyperhémie est réunie à Fhémite; que celle-ci complique souvent la cholihémie, la toxicohémie, la typhohémie, etc.; on reconnaîtra ces complications diverses à la réunion des caractères propres à chacune de ces altérations considérées isolément. Il en est des hémopathies comme de toutes les lésions des solides : elles se combinent entre elles d'une foule de manières ; presque jamais elles ne sont isolées ; bien plus, elles se réunissent aussi avec des lésions nombreuses d'organes. De là, l'impossibilité d'étudier des tableaux de maladies identiques et entièrement comparables entre elles; de là, la nécessité d'étudier leurs élémens organo-pathologiques ; de là l'importance d'assigner à ces états des noms en rapport avec les idées qu'on se forme de ceux-ci.