AUSCULTATION DES FOSSES NASALES
encore n'est-il pas à ma connaissance qu'elle ait été employée. Cependant, s'il arrivait que des liquides muqueux ou purulens fussent accumulés dans les sinus frontaux et maxillaires et que l'air continuât à y pénétrer, on pourrait à coup sûr obtenir un râle ou un gargouillement remarquable ; il suffirait pour cela, de faire boucher le nez et la bouche en même temps qu'on ferait exécuter des mouvemens énergiques d'inspiration et d'expiration. Gomme la surface sur laquelle il faudrait poser^le stéthoscope aurait peu d'étendue, on se servirait de tfelui que j'ai proposé; on ôterait l'en-bout et l'opercule; l'extrémité évasée et conique serait appliquée sur l'oreille et on placerait, sur la région qu'on explorerait, l'autre extrémité sur laquelle se visse d'ordinaire la plaque auriculaire. Cette manière d'employer le stéthoscope est aussi applicable à l'exploration des artères.
894. L'examen des liquides formés par les fosses nasales, ou plutôt par la membrane qui les tapisse, mérite aussi , dans certains cas , un sérieux examen. D'abord, il faut constater si ces liquides prennent effectivement Jeur source dans les cavités olfactives. 11 n'est pas difficile de le faire pour celles qui sont rendues parle moucher; mais il n'en est pas ainsi des fluides qui s'écoulent des orifices pharyngiens des fosses nasales , et qui sont parfois mélangés avec des liquides pharyngiens, laryngiens ou trachéaux.
895. Il est deux moyens à peu près certains de constater l'origine nasale des liquides excrétés par l'arrière-gorge : c'est, d'une part, de faire pratiquer l'espèce d'inspiration connue sous le nom de renifle-
ment, puis de comparer les liquides oblenus par ce moyen à* ceux que le malade a rendus précédemment et qu'il vous montre, et do l'autre de faire i>encher la tête en avant, de manière à ce que le plancher des fosses nasales présente un plan incliné qui fasse glisser les fluides formés vers les narines. C'est surtout dans le diagnostic différentiel des hémorrhagies pharyngiennes qu'il est utile d'avoir recours à ces moyens d'exploration.
896. On peut encore examiner avec attention la paroi postérieure du pharynx , à l'effet de constater si le liquide couîe le long de cette paroi en descendani dans la gorge; mais ici il faut bien s'assurer si ce ne seraient pas des fluides que la toux aurait lancés dans les fosses nasales qui retomberaient ensuite dans le pharynx. Pour cela, il suffit d'examiner le malade pendant un temps assez long après celui où il a toussé pour la dernière fois.
897. Tantôt, les liquides qui s'écoulent par l'orifice antérieur des fosses nasales sont clairs comme de l'eau, et proviennent , soit de l'écoulement plus abondant des larmes (ce qu'on reconnaît à ce que l'œil larmoie en môme temps plus qu'à l'ordinaire, comme on le remarque lorsqu'un vent froid frappe cet organe )j soit de la membrane pituitaire elle-même; et c'est ce qu'on observe dans les premiers temps d*une phlegmasie aiguë de la pituitaire.
898. Dans l'état normal, et lorsque l'inflammation est peu intense, le liquide nasal, éminemment muqueux, est, quelque temps après sa formation, et lors qu'il a scjourné assez pour s'accumuler en quantité