BRONCHIEGTASIE ( DILATATION DES BRONCHES
le poumon, soit dant tout un lobe, suivant qu'il s'agira de la première division bronchique ou des secondes et troisièmes branches des conduits aériens. La dyspnée correspondra, en général , pour son degré , au nombre et à la grosseur de bronches oblitérées ou diminuées de calibre; souvent les symptômes généraux correspondront aussi au degré de la dyspnée.
1 135. La bronchiectasie (dilatation des bronches), si bien étudiée par Laennec et par M. Andral , a des caractères assez douteux, au moins dans lamajorité des cas : la sonoréité, sur le point où existe la dilatation ; l'audition delà respiration tubaire, quelquefois avec un caractère de souffle spécial; la voix articulée; des ronchus très larges , sur le même point; l'expectoration de crachats îîummulaires sur quelques sujets, et les symptômes généraux de la bronchopathîe , tels sont ses principaux phénomènes. On la distingue très difficilement de certaines cavernes tuberculeuses; le plus souvent , cependant , il n'y a pas dans la simple bronchiectasie, d'induration alentour des points af fectés, comme cela a le plus souvent lieu dans les cavilés qui succèdent ^ chez les phthisiques, au ramollissement des tubercules: les sueurs, le dévoiement, l'amaigrissement sont moins marqués dans le premier cas que dans le second, et manquent même souvent; enfin, la dilatation des bronches a lieu le plus souvent chez des gens âgés, tandis que chez les jeunes sujets, se manifestent le plus souvent les tubercules.
§. IV. Exploration des poumons,
INSPECTION
11 36. L'inspection immédiate des vésicules pulmonaires (hors les cas de hernie de ces organes à travers une plaie ) ne peut être faite directement ; mais on parvient, jusqu'à un certain point , à faire médiâtement cette inspection par l'exploration attentive de la forme et des dimensions des parois thoraciques. Lorsque en effet, la percussion a démontré qu'il n'y a pas de collection de liquide dans la plèvre , et que la poitrine est sonore et élastique, on peut, dans le diagnostic des lésions des vésicules pulmonaires , tirer quelque parti de la configuration que présentent les parois pectorales.
1137. Arrive-t-il, en effet , que des mucosités et de l'écume , existant dans les bronches , gênent la sortie de l'air introduit dans les vésicules par de fortes inspirations? ces vésicules restent volumineuses, effacent les dépressions intercostales, rendent le thorax proéminant sur les points affectés, et, refoulant en même temps le diaphragme de haut en bas , donnent à l'épigastre de la saillie et au ventre l'aspect du météorisme. Ici, lair contenu dans les poumons, fait pour le thorax ce que les gaz de la tympanite produisent pour l'abdomen.
11 38. Des phénomènes du même genre ont été observés dans la pneumonectasie (dilatation des vésicules pulmonaires) , maladie qui n'est, à vrai dire , aU moins le plus souvent, que l'état chronique et persistant de la lésion précédente.
1 139. Par contre, le rétrécissement de la poitrine d'un côté (lorsque la colonne vertébrale offre une direction normale et que la percussion ne trouve pas que les viscères soient modifiés dans leur position) annonce souvent que les vésicules pulmonaires sont diminuées d'ampleur. Cela à surtout lieu à la suite de la guérison des anciens épanchemens pleurétiques.
\ i4o. On observe le même fait consécutivement à la cicatrisation des cavernes pulmonaires. Dans quelques cas de pneumopathie tuberculeuse, la compression du thorax par un bandage approprié , a été suivie de la dépression profonde des parois costales correspondantes ( Bulletin clinique^ n° 201 ). M. le docteur Usiglio de Florence , a observé un fait remarquable de diminution partielle de la cavité thoraeique. Cette diminution eut lieu à la suite d'une fistule des parois pectorales ; il se forma une dépression assez profonde pour y placer le poing. Le malade guérit.
1 i4ï . La manière dont le thorax se dilate , fournit dans la pneumonite des signes assez importans. C'est ainsi que, des médecins d'une grande autorité affirment que les côtes restent immobiles sur les points où les vési<éiles pulmonaires sont imperméables à l'air, et qu'il en est surtout ainsi lorsque le tissu du poumon est hépatisé. J'avoue que le plus souvent il ne m'a pas été possible de constater ce fait, et que j'ai trouvé la mobilité des côtes chez un grand nombre de sujets atteints de pneumonite occupant des points en rapport avec les côtes examinées.