ASPECT DU SANG
teinte livide et foncée survenue rapidement dans la peau et les capillaires des malades ( n« 67 1 ) et c*est im bon signe au contraire que de voir, après les saignées 5 celte teinte noire faire place à une coloration rosée, etc,
1 245. L'hématose^ peut être rendue plus active à l'occasion de certains états pathologiques du poumon. C'est ainsi que l'inflammation bornée à une très petite étendue de l'organe et qui ne se complique pas de l'oblitération d'un grand nombre de bronches ou de vésicules, peut en accélérant la respiration ainsi que le cours du sang, combiner beaucoup d'air avec ce liquide. 11 en est peut-être encore ainsi de certains tubercules disséminés qui, tout en gênant la respiration l'accélèrent et rendent le cours du sang plus rapide. De là , sans doute , cette teinte rosée des joues, des capillaires et du sang de certains phlhisiques , et de quelques personnes atteintes de pneumonite. Ainsi les mêmes affections pourront, suivant leur étendue, et suivant aussi une foule de circonstances coïncidentes déterminer dans le sang des eff'ets opposés: ici, un excès; là, un défaut d'hématose; ici, de la vigueur; là, de la faiblesse dans la circulation, tant il est vrai que ce ne sont pas en général do^ symptômes de maladies qu'il faut étudier en les désignant par un nom , mais des états organiques variables dont il faut rechercher les causes et les phénomènes !
1246. Pour bien déterminer d'une manière parfaite les variations que l'hématose éprouve dans l'état morbide et pour en déduire des signes incontes-
tables, il faudrait, à coup sûr, faire d'une part, lanalyse, soit du sang qui arrive au poumon par les veines, soit de celui qui est porté par les artères dans toutes les parties; et de l'autre, avoir aussi recours à l'analyse comparative de l'air inspiré et des gaz expirés. Tout cela est beau en théorie, mais inexécutable en pratique. On ne peut établir pendant la vie, la première comparaison, et quant à la seconde, elle exigerait trop de précautions, de soins et de temps pour pouvoir être utilisée. Il est donc impossible en diagnostic d'avoir recours à cette source de lumières.
1247. ^^"^ peuvent faire, jusqu'à un certain point, cette analyse. Nous avons déjà parlé des variations de coloration que le sang présente suivant la manière dont la respiration s'accomplit. De plus , ce liquide est souvent couenneux dans les maladies aiguës du poumon ; c'est un fait qu'il ne faut pas perdre de vue et lorsqu'on trouve le sang couenneux, c'est une raison de rechercher s'il n'existe pas quelque maladies des voies de l'air, ou au moins quelque altération de la respiration et de la circulation en rapport avec cet état organo-pathologique.
1248. D'un autre côté, l'odoration démontre souvent que l'air qui s'échappe des poumons répand des odeurs fétides. Nous avons déjà parlé de ce fait à l'occasion de l'exploration des bronches. Il est assez important pour qu'on puisse y revenir ici.
1 249. La fétidité de l'haleine ne doit pas être confondue avec l'odeur dite gastrique. Celle-ci est produite par les enduits de la langue, par des concrétions membraneuses de la gorge, etc. , et ressemble à la féti-
ODEUR DE l'air EXPIRE. 541
tité qii exhale une dent cariée. Pour éviter iioe telle erreur, on tiendra non-seulement compte de la différence que la sensation olfactive fait apprécier, mais encore on examinera avec soiq l'état de la bouche et du pharynx et cela dans l'intention de rechercher si l'odeur fétide ne proviendrait pas de quelque état pathologique de ces parties. Des considérations du même genre sont applicables aux émanations auxquelles les fosses nasales pourraient donner lieu.
1250. L'odeur fétide qui prend sa source dans les poumons eux-mêmes 5 est infecte. Elle, se fait surtout remarquer quand de grandes cavités à moitiés remplies d'air et de liquide existent dans le poumon (cavernes tuberculeuses 5 ouverture de communication entre la plèvre et les bronches). Nous avons vu que c'est surtout dans les cas de nécro-pneumonie (gangrène du poumon ) qu elle a un caractère tout spécial qui est bien celui de la gangrène de toute autre partie; mais ici , à cause des rapports continuels des parties malades ou mortes avec l'air, la putréfaction est plus complète et l'odeur encore plus fétide. Cette odeur jointe à quelques symptômes généraux de faiblesse rapide et à une altération profonde dans les traits, est le signe le plus positif de la gangrène du poumon. En général , les crachats présentent alors aussi une odeur qui correspond à celle de l'haleine, bien quelle soit cependant moins marquée.
1251. On sait encore que par Fodoration de l'air qui s'échappe des organes respiratoires, on peut reconnaître qu'il y a eu résorption urineuse ou absorîion de diverses substances odorantes.
125.2. Bien que la respiration ne soit pas la soiii-ce exclusive de la chaleur, toujours est-il qu'elle eu est le principal foyer. Aussi la chaleur générale et locale dans les maladies des poumons, est-elle par fois singulièrement troublée,
1253. Bien que le thermomètre constate à peine une élévation de température, la main du médecin le reconnaît souvent d'une manière évidente. Presque toutes les fois que la chaleur est très vive, le poumon présente une exagération d'action, soit partiellemenl, soit généralement. Certes, les phlegmasîes du tube digestif et des autres organes déterminent bien aussi une augmentation dans la chaleur, mais le plus souvent c'est d'une manière médiate, c'est-à-dire en modifiant d'abord les poumons que cet accroissement de température a lieu. Tout ce qui a été dit des variations que l'hématose présente dans les maladies des poumons et des bronches , est applicable à la production de la chaleur; et trouve évidemment ici sa place. Ce sont les mêmes variations en plus ou en moins suivant les mêmes circonstances organiques; aussi observerez-vous les faits suivans :
1254. Un frisson initial plus ou moins fort; maïs ordinairement très marqué, se déclare d'ordinaire au début de la pneumOnite.
î 255. Pour peu que les poumons soient le siège d'une sur-excitation vitale, congestion active, inflammation, action plus énergique, etc., îa chaleur de la peau ne tarde pas à s'élever.
1 256. La chaleur locale et circonscrite à une partie, n'exige pas, il est vrai, une plus grande action de
CHALEUR , REFKOiDISSEMENT. 543
-r-espi ration , mais dans ce cas, plus de sang liéma^ iosé passe dans les tissus en un temps donné et y produit plus de chaleur.
1267. Si Taction pulmonaire est ralentie, si des tubercules la diminuent, si le défaut de sang fait ^u'il y en a moins d'oxigéné ; si, comme dans le choléra, la viscosité et le peu de volume de ce liquide gênent ou ralentissent son passage dans le poumon; si les mouvemens respiratoires ou si -ceux du cœur sont trop affaiblis pour entretenir l'acte respirateur, le passage du sang dans le poumon, alors il y a refroidissement : expliquez donc ainsi : la difficuUé avec laquelle certains phthisiques supportent le froid, et l'état glacial de leurs mains; 'le refroidissement cadavérique des cholériques; la réfrigération des mourans et des vieillards, etc. Sans doute, des phénomènes organiques autres que la faiblesse de la respiration , faciliteront la déperdition de la chaleur ; sans doute , des membres longs et grêles se refroidissent plus vite que des bras volumineux; sans doute, une peau mince et maigre conserve moins le calorique que celle qui sera dans des conditions contraires; mais en somme, c'est bien plus souvent dans le poumon qu'ailleurs, ou dans les organes circulatoires ,^ qu'il faut chercher la cause de la réfrigération.
1258. IXous verrons plus tard, à l'occasion des signes fournis par le système nerveux, qu'il ne faut pas oublier non plus le rôle qu'il joue dans la production de la chaleur.
1259. Du reste , il est utile , relativement à Tex-
ploration de la température, de distinguer avec soin le refroidissement ou la chaleur réelle, des sensations de froid ou de chaod perçues par le malade : les premières seules sont souvent en rapport avec la respiration , el tels sont les cas dont il a été pécédemment queslion ; les autres sont manifestement sous l'empire du système nerveux , tels sont la chaleur féhrile et le frisson qui a lieu au début d'une infinité de lésions, etc. La plupart des phénomènes de la chaleur ou du froid, considérés coipme signes , seront étudiés à l'occasion de l'exploration de la peau.
1260. Les considérations précédentes nous conduisent à parler ici du mouvement fébrile considéré sous le rapportdu diagnostic, et nous pouvons d'autant mieux le faire ici, que précédemment nous avons parlé des symptômes fournis par la circulation et le pouls.
1261. Le mot FIEVRE a été appliqué à des étals organiques si variés , qu'm définitive^ il est fort difficile de dire ce quil signifie ^ ce n'est pas , comme l'étymologie devrait l'indiquer, une maladie dans laquelle il y a de la chaleur ; car on admet «f^s fièvres algides caractérisées par un froid glacial, et le frisson est observé dans toutes les maladies appelés fièvres. C'est encore bien moins l'accélérai tion du pouls qui constitue celle-ci, car la seule fièvre qu'admettent encore les partisans de celle expression ( la fièvre dite typhoïde ; présente souvent une assez grande lenteur du {)6lils , etc., ce n'est pas non plus la réunion de ces deux phénomènes,