‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 133 sur 142 · MENSURATION · texte numérisé non relu

MENSURATION

1323. La mensuration de la poitrine , donne quelques résultats utiles dans le diagnostic des maladies des plèvres. « Elle consiste dans l'appréciation exacte et mesurée des diverses dimensions du thorax.

1324. On peut d'abord pratiquer la mensuration dans le sens horizontal , et c'est à ma connaissance le seul procédé dont on se serve habituellement, ou bien on peut le faire verticalement , je ne sache pas que jusqu'à présent on en ait même parlé.

1325. La mensuration exige d'abord que la poitrine soit mise à nu. On marque avec de l'encre, un point de la colonne vertébrale en arrière, et on cher~ che a déterminer aussi exactement que possible quel est le point du sternum situé à la même hauteur en avant. On a soin que les deux marques correspondent exactement à la ligne médiane. On prend alors un lien qui ne soit pas élastique, tel qu'un ruban de fil neuf, ou une bande très fortement étirée; on entoure le thorax avec ce lien en ayant le soin qu'il passe sur les points qu'on a notés , soit en avant , soit en arrière , et qu'il ne s'abaisse ou ne s'élève pas plus, ou encore qu'il ne soit pas plus tiré d'un côté que de l'autre. On marque ensuite avec l'encre les points du lien qui correspondent à ceux qu'on a notés sur le sternum et les vertèbres. On retire alors le lien , on rapproche les deux extrémités en le pliant sur la partie où l'on a fait la marque avec l'encre , et on compare enfin la longueur de ses deux chefs. Les différences qui existent d'un coté à l'autre du lien donnent celles qui se trouvent entre la di-

EXPLORATION DES PLEVRES.

mension du thorax à droite et son étendue à gauche. M. Chomel a proposé de se servir, pour cette mensuration , d'un hen gradué en pouces d'un côté et en centimètres de l'autre. Ce lien est assez semblable à celui dont se servent les tailleurs et est très applicable au cas dont il s'agit. Il n'a d'autre inconvénient que celui d'être moins sous la main . Depuis, M. Montault à réuni ce lien au stéthoscope et au plessimètre (n" i49).

1326. La mensuration verticale exige seulement que la partie antérieure de la poitrine soit découverte des deux côtés , elle se fait à l'aide d'un lien semblable aux précédens, dont une extrémité est fixée par un aide, au niveau de la clavicule d'un côté, et près de l'épaule, tandis que l'autre va correspondre au rebord saillant de la dernière côte sternale et près de sa pointe.

1327. En se servant de ce procédé, et en ayant les précautions , soit de porter le lien précisément sur les points correspondans à droite et à gauche, soit de mesurer les deux côtés dans le même temps de la respiration et dans la même attitude du malade , on arrive à reconnaître la moindre extension, du thorax^ dans le sens de sa hauteur.

1528. Au premier abord, il semblerait que de telles mesures soient des signes, en quelque sorte, géométriques et partant très précieux; il s'en faut cependant de beaucoup qu'ils soient aussi positifs qu'on pourrait le penser, et cela pour plusieurs causes.

1327. D'abord, ainsi que l'a fait observer M. Chomel, il est mathématiquement prouvé qu'une très

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