DES SIGNES
taines , sur l'issue probable d'une maladie , que ne peuvent le faire les signes commémorai ifs ou fonctionnels. Certes, la ma tité reconnue, pendant plusieurs semaines de suite, au sommet du poumon, et dans une grande étendue , des râles caverneux et de la pectoriloquie qu'on y rencontrera , feront prédire une terminaison fâcheuse avec beaucoup plus de certitude que les symptômes généraux des tubercides ne porteront à le faire.
1 4o. On a reproché à tort, aux médecins modernes, de ne pas s'occuper assez du pronostic. Ils ne le négligent pas plus que les anciens, mais ils se servent fréquemment d'autres moyens pour l'établir. Hippocrate, dans son admirable écrit sur les prénotions et dans plusieurs autres ouvrages, dépourvu du plus grand nombre des signes anatomiques que l'on possède de nos jours, avait été obligé de s'en rapporter à des observations suivies, recueillies, soitpar lui, soit par ses ancêtres ou ses contemporains. A l'aide de symptômes fonctionnels, il se disait : à la suite de tel état morbide, ou de tel accident, se développe d'ordinaire telle affection. Or, c'est sur des bases analogues que les médecins qui l'ont suivi, ont fort long-temps établi leur jugement, soit sur l'issue des maladies , soit sur les phases qu'elles présentent. De nos jours, on est convaincu que le pronostic n'est pas une branche à part de la science , qu'il repose entièrement sur la connaissance exacte de la maladie et de son traitement; que celui qui juge le mieux de l'avenir en médecine, est celui qui reconnaît le mieux l'état actuel d'un malade, et que le pronostic dé-
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coule naturellement de toutes les autres parties de la science.
1 4 1 . Aussi, tout ce qui est vrai des signes de Tétat actuel, l'est aussi des signes pronostiques; et par exemple: il ne faut jamais établir un pronostic sur un seul état organique, mais bien sur l'ensemble de plusieurs phénomènes. Certes, l'extrême débilité du pouls est souvent l'indice d'une mort prochaine; mais dans beaucoup de cas , les malades ont le pouls très-petit et se rétablissent : certes le râle trachéal est souvent suivi de l'asphyxie, mais on voit des hommes revenir à la vie, après avoir éprouvé pendant un certain tems ce funeste symptôme : certes le refroidissement et les sueurs froides ont un haut degré de gravité ; mais la mort ne frappe pas tout ceux qui présentent ces occidens. Ajoutez d'autres signes aux précédens , reconnaissez l'état orga ni '^ue du sujet par des moyens physiques et qui tombent actuellement sous les sens, vous trouverez de nombreuses exceptions à l'aphorisme, si souvent cité d'Hippocrate : tutœsuntmortis prœnotiones. Quand vous aurez trouvé en effet , de vastes cavernes dans les deux poumons d'un phthisique, quand l'utérus sera en très-grande partie détruit par un cancer, quand la percussion aura déterminé que le cœur est proportionnément énorme et qu'il ne varie pas sous l'influence des saignées, et lorsque d'autres signes se réuniront pour prouver qu'il existe un rétrécissement à l'orifice de l'aorte, vous pourrez, à coup sûr, dire que le malade ne se rétablira pas et que la maladie actuelle ou ses complications seront suivies de la mort.