‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 23 sur 142 · DES SIGNES · texte numérisé non relu

DES SIGNES

1 42. Par une fâcheuse opposition, 00 ne peul; jamais affirmer qu'une maladie très-légère sera suivie d'un retour prompt à la santé, car on ne sait pas quels sont les accidens ou les épiphénomènes qui peuvent survenir du jour au lendemain; par la même raison que l'homme en parfaite santé peut être soudain frappé d'une maladie mortelle, celui dont vous avez jugé avec raison , la maladie légère , pourrait succomber demain à une maladie accidentelle, et ce serait le cas de dire, avec Hippocrate non onininô tatœ sunt sanitatis prœnotiones.

145. L'importance du pronostic est grande, et personne ne l'a mieux fait sentir qu'Hippocrate , qui le regardait comme l'objet le plus important de la médecine; il influe puissamment sur le traitement qu'on adopte : Medicus curandi rationem optimé molietur si ex prœsentibm affectionibus futura prœnoverit. En effet s'il a des moyens de reconnaître qu'une maladie est légère et se guérira promptement d'elle-même, il s'en tiendra à l'expectation ; s'il découvre que sa marche doit amener des accidens mortels, il fera tous ses efforts pour l'entraver, et s'il juge que le mal est nécessairement mortel, il ne songera qu'à la médecine qui soulage ou qui prolonge la vie, et ne hâtera pas le terme de celle-ci par un traitement dangereux.

i44' Le pronostic est encore utile pour la société, pour les parens du malade ; et le médecin qui ne sait pas reconnaître qu'une maladie peut être, ou doit être promptement suivie de la mort, ou même d'accidens cérébraux qui fassent perdre la connaissance

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avant que la vie cesse , expose une famille aux pertes de fortune les plus graves.

145. Pour lui-même, le médecin doit encore ne pas négliger le pronostic. Ses succès dans sa carrière, seront quelque fois subordonnés à la certitude de son jugement, et celle-ci le sera au degré de ses connaissances. Qu'il se garde d'inspirer une sécurité trompeuse, en représentant comme légère une maladie grave; qu'il annonce avec prudence et avec ménagement aux parens et non au malade lui-même l'issue probable d'une maladie qu'il croit mortelle; qu'il rassure quand il s'a-

- git de paroxismes plus inquiélans que dangereux , et qu'il sache les prédire quand il aura des raisons suffisantes pour le faire ; mais qu'il évite de compromettre et son art et lui-même , en promettant plus qu'il ne peut tenir, ou en faisant craindre plus qu'il ne faut redouter. Savoir, dans le pronostic , dire ce qui est utile, et pas plus que ce qui est utile, est une chose fort difficile , et qui exige beaucoup de tact.

146. Tous les signes de maladies pouvant devenir des matériaux pour le diagnostic, il en résulte que dans les ouvrages de séméiologie , on trouve presque toujours, après l'exposé de la valeur d'un signe comme faisant juger de l'état actuel, les considérations pronostiques qui s'y rattachent. C'est imiter ce que faisait Hippocrate qui, dans un très grand nombre de ses apkorismes ou de ses prénotions, ne manqua pas d'ajonter que tel état du malade est d'un bon ou d'un mauvais augure. Mais presque jamais un seul sigoe oe peut fournir toutes les notions nécessaires sur une maladie , et il en résulte qu'on ne peut

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