IMPULSION STÉTHOSCOPIQUE DU COEUR
tole ventriculaire. Ce phénomène varie du plus au moins. Il est quelquefois porté à un degré d'énergie tel, qu'il imite la violence d'un coup de poing ou de marteau qui frapperait le thorax dans une étendue plus ou moins considérable.
33â. L'impulsion du cœur ne peut être considérée comme un symptôme stéthoscopique, mais bien comme en rapport avec la palpation. Que ce soit la main ou la tête qui reçoive l'impulsion , le phénomène n'en est pas moins le même , et n'en doit pas moins donner lieu au même signe.
353. Aussi, tout ce qui a été dit précédemment des sensations de force ou de faiblesse que donne la palpation de la région du cœur, trouvant ici son application, il serait inutile d'y revenir, s'il ne fallait encore dire ici les opinions de Laennec à ce sujet.
334. Suivant cet observateur^ une impulsion forte annonce que le cœur est épais et robuste. L'absence d'impulsion dénote un état contraire. Un terme moyen entre ces deux extrêmes désigne une épaisseur moyenne du cœur. D'après l'étendue de l'espace où cette impulsion existe, on peut juger de l'étendue des points où le cœur est épais; c'est surtout dans l'hypercardiotrophie sans cardiectasie (hypertrophie concentrique du cœur) , si bien décrite par M. Bouillaud, que l'impulsion est prononcée, etc. , etc.
335. C'est encore avec peine que je vois mes observations conduire à des résultats dilFérens de ceux que Laennec a publiés. Presque jamais le cœur de vieilles femmes , à la Salpêtrière , n'offre d'impulsion^ et très souvent cet organe est très épais. Non
moins fréquemment on trouve une impulsion très énergique chez des sujets faibles, que l'on dit être nerveux, chez lesquels la percussion médiate trouve le cœur peu volumineux, et chez lesquels aussi, lors delà nécroscopie, on ne trouve pas d'hypercardiotrophie. Ajoutez encore que , sur le même sujet, et d'un instant à l'autre, tantôt on trouve l'impulsion et tantôt on ne la rencontre pas, et concluez que s'il faut admettre, comme je le crois, que l'impulsion doive être rangée parmi les signes de l'hypertrophie du cœur, il faut se donner de garde d'y attacher autant d'importance qu'on le fait communément. Pour se former, du reste, une opinion sur la valeur de ce signe, il faut bien prendre garde de se méprendre sur l'état du cœur pendant la vie; ne pas apprécier l'épaisseur de celui-ci, en se fondant entièrement sur l'aspect du cœur du cadavre. En effet, d'une part, une mort violente et prompte (celle qui a lieu par une perte rapide de sang , par exemple ) est accompagnée d'une raideur et d'une épaisseur considérables des parois du cœur, qu'on pourrait prendre pour l'hypertrophie concentrique (Percussion médiate p. i48); de l'autre, une lente agonie, suite de l'anhématosie par l'écume bronchique , détermine toutes les apparences delà cardiectasie avec amincissement (anévrisme passif, dilatation avec amincissement). Ajoutez encore qu'une lame de poumon, placée au-devant du cœur, détruit toute impulsion; que la proximité de la pointe du cœur et des côtes l'augmente; que le coucher sur le dos la diminue; que le plus léger mouvement du tronc la modifie, et déduisez de tout