RHYTHME DU COEUR
par rinspection , la paîpation et rauscultalioii , sont quelquefois beaucoup plus marquées chez la femme, vers les âges marqués pour l'apparition ou la cessation du flux menstruel; elles ont souvent lieu pour des causes morales; elles manquent fréquemment chez ceux dont le cœur est modifié dans sa texture d'une manière appréciable , et rentrent dans l'étude des signes physiologiques plutôt que dans celle des signes anatomiques.
340. M. Bouillaud déclare n'avoir jamais rencontré le rhythme à trois ou quatre bruits que sur les individus atteints de rétrécissemens de quelques-uns des orifices du cœur, avec induration des valvules, acccompagnés aussi ordinairement des suites d'un péricardite. Cet auteur cite des observations de ce genre, fort remarquables, dans lesquelles il a entendu un triple et un quadruple bruit {t. i", pag. 189).
Les bruits normaux du cœur peuvent être si peu marqués qu'on les entend à peine, ou bien encore ils semblent n'avoir lieu que très profondément; c'est ce qu'on observe quelquefois dans l'hydro ou la pyo-péricardie (épanchement séreux ou purulent dans le péricarde) ; mais ce signe isolé est de bien peu de valeur , car on le remarque chez des hommes bien portans lorsqu'une lame épaisse du poumon recouvre le cœur, et, dans quelques cas mêmes, où cet organe très volumineux, est en contact avec les côtes.
34 1 . Les bruits précédemment énumérés ne sont que des modifications de ceux que donne le cœur d'un homme sain. Il en est d'autres très nombreux , très divers , dont on a , dans ces derniers temps , siogu-.
lièrement multiplié les variétés, et qui, présentant un caractère bizarre , ne se retrouvent guère dans l'état normal d'une manière un peu suivie.
342, 1° Le bruit de soufflet, imite assez bien , et dans beaucoup de cas , le son produit par l'action de souffler pour éteindre la lumière d'une bougie. Il varie infiniment de force , de durée , de caractère et de persistance. Quelquefois il est difficile de le reconnaître tant il ressemble aux bruits normaux et tant il parait se confondre avec eux. Dans quelques cas , un souffle très gros remplace les bruits normaux; alors il suffît , dit-on , de rallentir les mouvemens du cœur par l'emploi de la digitale , ou autrement , pour que le bruit sourd reparaisse. Le souffle a, dans quelques cas, beaucoup d'analogie avec d'autres sons anormaux dont il sera parlé plus bas.
34^3. Le bruit de soufflet peut être simple ou double , il peut être voilé , ^c.
y 344- 11 est urgent, alors qu'on veut le rechercher,
de suspendre la respiration , car le murmure qui accompagne l'entrée de l'air dans les poumons lui ressemble beaucoup, principalement dans les cas où les mouvemens inspirateurs sont à la fois précipités et énergiques. On pourrait prendre surtout le souffle pulmonaire pour le souffle cardiaque, comme je l'ai vu faire par beaucoup d'élèves lorsqu'une lame de poumon se trouve placée entre le cœur et le point qu'on examine. Du reste , cette erreur sera facilement évitée, si on serapelle que le souffle cardiaque correspond aux battemens du cœur, tandis que le bruit respiratoire est isochrone à l'inspiration.
345. Les bruits de lime^ de râpe à bois, de scie, de rouet ^ etc. 5 imitent assez exactement les sons variés que produisent les outils dont ils portent le nom. Dans leur plus faible degré, ils ont de l'analogie avec le bruit du souffle, et quelquefois ils coexistent avec lui. Ils sont parfois très développés , et c'est alors qu'ils méritent tout à fait le nom par lequel ils ont été désignés. On exprimerait difficilement par des mots les nombreuses variétés que présentent ces bruits qui, par leur violence , causent quelquefois une impression désagréable à l'oreille.
546. 20 Plusieurs bruits produits pendant les mouvemens du cœur ont, en quelque sorte, un caractère musical, et il en est qui ressemblent plus ou moins moins exactement aux cris des animaux. De ce nombre sont : les bruits de diable, d' aspiration, de roucoulement, de ronflement, de hurlement^ de cri d'oiseau^ de piaulement de poulet , de cri de canard, de miaulement de jeune chat, etc. (Laennec et Bouillaud) ; la plupart d'entre eux sont des modifications plus ou moins marquées du bruit de soufflet.
347. 3" D'autres bruits enfin paraissent être différens des précédens , et par leur caractère et par leur expression diagnostique. Ce sont des bruits plus ou moins analogues à celui que produit le frottement de la sole, du parchemin , du papier, du cuir neuf; ou bien encore ceux qui ont un timbre enroué , rauque, âpre fêlé; ceux qui constituent une sorte de râclement^ bien enfin les bruits qui sont plus ou moins analogues au tintement métallique,