SIGNES PHYSIOLOGIQUES OU FONCTIONNELS
sant découvrir des battemens sur le lieu où le mal est ressenti, servent à démontrer le siège de celui-ci. La percussion, surtout plessimétrique, en déterminant la véritable position du foie, de l'estomac, de la rate et des poumons, sert à prouver qu'il s'agit de douleurs cardiaques, et non de la souffrance d'organes voisins.
583. Le caractère de ces douleurs varie. Quelquefois à peine appréciables, elles sont dans d'autres cas aiguës, déchirantes ; telles sont celles qui sont généralement attribuées à la eardialgie (névralgie do cœur). Quelquefois^ elles sont aussi très vives lorsqu'elles succèdent aux douleurs musculaires {Bidletin clinique n° i), et, dans quelques cas semblables à ceux qui ont été vus par M. Andral, et dans des observations qui me sont propres, ou des symptômes de péricardite ont succédé a l'arthrite sponlanée aiguë. Les douleurs dans le cœur ne sont pas toujours accompagnées, bien qu'on serait porté à croire le contraire, d'un sentiment de pulsation plus marqué que celles dont les organes voisins sont le siège,
084. Dans quelques cas, des élancemens névralgiques partent de la région du cœur, et s'étendent avec violence vers le plexus brachial, le tronc et les filets du nerf cubital; ces douleurs ne dépendent pas du cœur, mais bien des parois thoraciques. Plus tard, lorsque nous nous occuperons de l'exploration du système nerveux et des névralgies, nous aurons l-'occasion de revenir sur ce sujet, Voyez les 162, 187, 188, 189 du Bulletin clinique Voyez 3ii\?sû lespag, 67, 267 de la Clinique médicale àe \^ Pitié.
385. Moiwemens. Les mouvemens du cœur sont susceptibles de plus grandes anomalies, depuis la diminution voisine de la cessation, jusquà laugmentation la plus grande que l'on puisse concevoir ; depuis la rareté extrême (3o pulsations par minute) jusqu'à une fréquence excessive, 200, par exemple; depuis la régularité la plus parfaite jusqu'à l'irrégularité la plus marquée. Tantôt cette rareté existe pendant quelques momens, et un instant après est remplacée par une fréquence excessive. Tantôt c'est d'un jour à l'autre que ces variations se succèdent. Ici le cœur frappe plusieurs fois avec régularité les parois costales, puis, il suspend ses battemens pendant quelques secondes; tantôt une pulsation manque toutes les 3, 4? 5, 6 contractions, etc.; d'un moment à l'autre le cœur bat fortement ou faiblement, etc. Il est impossible de présenter le tableau de toutes les anomalies de mouvement dont le cœur est susceptible, anomalies qui, lorsqu'elles sont accompagnées de sensations de battemens pénibles éprouvés par le malade, ont reçu le nom de palpitations.
386. Celles-ci n'indiquent, en général, qu'an trouble dans l'action du cœur, et ne font pas remonter jusqu'à sa cause. Ici des palpitations ont lieu, parce qu'il y a trop de sang (polyhyperhémie) ; ailleurs, parce qu'il y a un obstacle mécanique, ou un rétrécissement dans les orifices du cœur (cardiarctie) . Dans d'autres cas, elles se déclarent à la suite d'un simple trouble dans l'innervation. Or, c'est en rapprochant l'étude de ces palpitations des signes physiques ^ étudiés dans les paragraphes précédeus,
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qu'on pourra apprécier le caractère de celles-ci, et leur importance diagnostique.
387. Notons cependant ici : T que Textrême irrégularité dans les mouvemens du cœur existant pendant long-temps, d'une manière constante, et lorsqu'il n'y a pas de symptômes d'anhémie ou d'hypérémie générales, se font très fréquemment observer chez des personnes atteintes de lésion organique, ou de cardiarctie; que des mouvemens très faibles et très accélérés, quelquefois irréguliers, ont lieu dans l'anhémie, tandis que des mouvemens forts et lents coexistent souvent avec l'hyperhémie et la cardiotropliie. Notons encore un fait important sur lequel M. Rostan a insisté avec raison : c'est que l'intermittence, ou plutôt la non continuité des palpitations ou des autres troubles de fonctions du cœur n'indiquent pas la non-existence de lésions organiques. Sans qu'on puisse, en effet, en expliquer la cause dans tous les cas, on voit des sujets atteints des plus graves altérations de texture du cœur, et chez lesquels les troubles fonctionnels sont intermittens, ou du moins non continus.
388. Les fonctions du cœur droit étant de porter le sang noir vers les poumons, et celles du cœur gauche de le lancer vers le corps, il en résulte qu'il y aura des modifications nombreuses dans la circulation pulmonaire et dans la circulation artérielle et veineuse, à l'occasion des maladies du cœur. Engénéral^ les exercices violens, et surtout la marche ascendante, augmentent les palpitations et l'irrégularité des mouvemens du cœur. Aussi, dans certains cas^
est-il avantageux, pour mieux juger d'une maladie de cet organe, de faire exécuter ces mouvemens divers, et d'examiner l'état de la circulation immédiatement après.
589, Les modifications que la circulation pulmonaire, et celles que le cours du sang éprouvent par suite des maladies du cœur, seront étudiées, les unes lorsque nous parlerons des signes propres aux lésions des vaisseaux sanguins des poumons, les autres lorsque nous nous occuperons des maladies des artères et des veines. Nous renverrons aussi à d'autres parties de cet ouvrage pour l'histoire des signes fonctionnels indirects des maladies du cœur, tirés de Texamen des fonctions autres que la circulation et la respiration. Notons seulement ici quelques-uns de ces signes en général, pour ne pas laisser de lacune dans ce qui a rapport au cœur.
590. 1° La difficulté de respirer, qui peut être portée depuis la dyspnée la plus légère jusqu'à Yorthopnée dans laquelle le malade est forcé de se tenir debout pour pouvoir inspirer, et même jusqu a la suffocation. 2° Les congestions pulmonaires artérielle ou veineuse (pneumohémies artérielle ou veineuse). 3" Les hémorrhagies du nez, des bronches ou des poumons; les congestions muqueuses des bronches (bronchorrhées); l'asphyxie (anhématosie) par l'écume bronchique. 4' L'œdème des extrémités inférieures ou supérieures; l'hydro-pleurie (hydro-thorax), l'hydro-péritonie (ascite). 5° Les congestions artérielle ou veineuse du cerveau (eocéplialo-hémies), l'encéphalorrhagie. 6^ La difficulté de respirer