SIGNES PFIYSIOLOGIQUES OU FONCTIONNELS
dans la marche ascendante, et à roccasion du moindre effort, îes réveils en sursaut, un faciès particulier dans lequel les joues sont violacées, les lèvres gonflées, le nez grossi, les yeux brillans et la face boufïie. 7° Le développement anormal de Fabdomen qui est ici plutôt cause qu'effet , etc. Tels sont les principaux symptômes fonctionnels qui se rattachant aux maladies du cœur, se retrouvent dans le plus grand nombre, ou seulement dans quelques-unes délies.
En définitive , donnons-nous garde d'attacher trop d'importance, comme diagnostic, aux sensations, aux moi^vemenset aux signes fonctionnels du cœur. E.appelons-nous bien qu'une infinité de personnes jeunes et impressionnables éprouvent la plupart des symptômes physiologiques précédons, sans qu'il y ait de lésions du cœur appréciables par les signes physiques ou par le scalpel de l'anatomiste. Il serait facile de citer un grand nombre de cas où, faute d'avoir vérifié par des signes positifs, le jugement porté sur une maladie du cœur, que les phénomènes fonctionnels faisaient considérer comme grave, on a employé un traitement actif contre un mal qui n'existait pas (Procédé opérât, de la percussion^ pag. 343.)
391. Faisant ici l'application des généralités établies n** 20 et suivans, nous dirons qu'il faut avoir égard, pour spécifier l'état organique du cœur, à la plupart des circonstances qui ont été énumérées dans ces articles.
392. Nous dirons que les causes qui ont déterminé une affection du cœur peuvent éclairer sur sa nature; qu'une cardiopathie dont le père a été atteint pourra
porter à craindre que la même maladie existe pour le fils;
393. Que, sous le rapport de Vâgej, les ajQTections du cœur dans les premiers temps de la vie tiennent ordinairement à des lésions congénitales, tandis que, dans le vieillard, ce sont souvent des ossifications , ou des maladies des bronches ou des poumons qui leur donnent naissance ; que des rétrécissemens sont souvent de nature fibreuse ou cartilagineuse dans Fenfance, et qu'ils sont osseux, crétacés à une époque avancée de la vie; qu'il existe moins de bruits stéthoscopiques sur le vieillard, dans les mêmes degrés de rétrécissement ^ sans doute ^ parce que chez lui le cœur se contracte avec moins d'énergie,
394. La jeune fille est sujette à des palpitations , qu'il faut se donner garde de considérer comme le résultat d'une lésion profonde des tissus ; ces accidens sont souvent dûs à la polyhyperhémie, et se dissipent lorsque les règles paraissent. A l'âge de retour surviennent des accidens du même genre qui sont en rapport avec la suppression ou la difficulté de la métrorrhagie normale [Menstruation).
395. L'homme ou la femme ro bustes j surtout s'ils gardent le repos, et s'ils se nourrissent bien, seront , exposés à des accidens généraux de cardiopathie qui cesseront momentanément par les saignées, mais qui, plus tard , pourront être suivis d'hypercardiotrophie. Les hommes à membres grêles^ allongés, et à poitrine resserrée, sont sujets à des palpitations en rapport, soit avec la longueur de leurs membres, et la distance à laquelle le cœur doit porter le sang; soit
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avec le refroidissement que subit ce liquide dans le chemin qu'il parcourt; soit enfin avec la gêne de la respiration. Tel qui porte un gros ventre refoulant les viscères, éprouve tous les accidens de !a cardiopathie, sans être cependant atteint d'une affection primitive du cœur [Médec, pratique^ art, anhématosie ' par refoulement du diaphragme).
096. Une nourriture insuffisante^ par la perte de sang qu'elle cause, détermine des palpitations en rapport avec Fanhémie.
397. Les hommes qui portent des fardeaux^ qui font habituellement des efforts, ou qui montent des escaliers, sont plus fréquemment que d'autres atteints de maladies du cœur, etc.
398. Le mode d'invasion des accidens de cardiopathie peut éclairer le diagnostic. A-t-il été brusque ? On peut croire qu'une affection aiguë a été la source du mal. Y a-t-il eu d'abord rupture ou distension de muscles, puis douleurs vives dans la région du cœur? On peut supposer qu'il s'est agi d'abord d'une affection des fibres charnues (Bullet, clinique,, if i.) Une hémo-arthrite a-t-elle immédiatement précédé l'invasion ? Tout porte à penser qu'une maladie du péricarde est d'abord survenue. Est--Ce à la suite
|l d'un point de côté avec crachement de sang que la cardiopathie s'est manifestée ? On peut penser que le cœur droit a été affecté par suite du trouble survenu à la circulation pulmonaire. Tout au contraire, le début de la maladie a-t-il été marqué par des symptômes peu tranchés qui auront lentement pris du développement? 11 y a lieu de penser qu'il s'agira d'une lésion organique. Ceci sera plus positif si ces
accidens ont continué sans interruption ^ s'ils ont toujours augmenté d'intensité, et si de nouveaux symptômes sont venus se joindre aux premiers.
399. Le traitement enfin modifiant les signes anatomiques que donne le cœur, fera, comme nous l'avons déjà vu, mieux apprécier, dans quelques cas, la nature de la lésion dont cet organe est atteint.
C'est ainsi que dans Fart si difficile du diagnostic il faut tenir compte d'une infinité de circonstances. Qu'on reproche si l'on veut aux hommes qui s'occupent avec ardeur des signes positifs et physiques des maladies, de s'en occuper exclusivement. Il est inutile de répondre à ce très injuste reproche autrement qu'en priant le lecteur de jeiter un coup d'œil d'ensemble sur la manière dont ces hommes considèrent l'art de reconnaître ks maladies, ou plutôt les états organiques (1) . ,
(1) Les pages précédentes étaient imprîjfiées lorsquej'ai eu connaissance des recherches de M. Beau su ries bruits'du cœur; {Archives, décembre,
1835) . Ainsi que moi cet expérimentateur n'en assigne pas la cause aux valvules niais au passage du sang dans cet organe et dans ses orifices. Suivant lui, les bruits coincident :^le bruit sourd avec la dilatation des ventricules ; le clair avec un premier tems brusque de dilatation des oreillettes. Celui-ci est suivi d'ua second tems aphone, (tems de siience) auquel succède la contraction de l'oreillette. Cette contraction cause presque immédiatement la dilatation et le resserrement subit des ventricules et par conséquent le bruit sourd. Dans l'état actuel de la science, on ne peut encore adopter celîe opinion fondée d'ailleurs sur des faits curieux ; mais toujours est-il que dans mes expériences c'était plutôt pendant la dilatation du cœur que lors de son resserrement que les bruits avaient lieu. C'était en effet au moment où le coup de piston était porté que les bruits se faisaient entendre. La théorie de ces bruits préoccupe encore les médecins anglais; le Congrès scientifique d'Edimbourg en i835, a destiné des fonds à des recherches expérimentales sur ce sujet. En France on est moins prodigue et on ne donne guère aux expérimentateurs que des tracasseries pour ne pas dire plus. M. Spittal [thc Edimbourg méd. andsurg. journal, juillet
1836) , assure que dans quelques expériences, le frottement du cœur d'animaux ou de cadavres contre les parois du thorax a donné lieu à un son analogue à celui du premier bruit du cœur. On se rappelle que dans nos expériences nous n'avons ptss été aussi heureux (n. 297) quoi qu'il en soit de CCS discussions, elles ne modifient pas pour nous ce qui a préce'dé sur le diagnostic des lésions du cœur par l'auscullation, (du n. 52i au n.377).