‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 54 sur 142 · CARDIOPATHIES VARIEES · texte numérisé non relu

CARDIOPATHIES VARIEES

ces orifices produite par une cause quelconque.

438. Un grand nombre d autres lésions du cœur, étudiées avec soin par Fanatomie pathologique, n'ont point de caractères diagnostiques précis qui puissent les faire reconnaître pendant la vie. De ce nombre sont les abcès, les ulcérations et Fœdème. Les perforations de la cloison donnant lieu au mélange du sang noir et du sang rouge, ainsi que la conservation du trou de Çotal, sembleraient, comme celle-ci, devoir déterminer la teinte violacée des capillaires, des tégumens, ainsi que les autres symptômes dont Fensemble est désigné sous le nom de maladie bleue. Mais, d'une part, d'après les faits observés par MM. Ferrus, Louis, Breschet, Bouillaud, la communication du cœur gauche et du cœur droit nest pas toujours suivie de cyanose, et, comme le remarque judicieusement M. Fouquier, la peau du fœtus nest pas bleuâtre, mais bien rose; d'un autre côté, beaucoup d'affections du cœur très variées sont accompagnées d'un aspect bleuâtre de la peau très prononcé. 11 résulte de ceci que la teinte foncée des capillaires n'indique point la communication anormale dont il s'agit. Les autres signes attribués à cette communication sont encore moins positifs.

439. La transposition du cœur se reconnaîtrait facilement à ce que les caractères que le plessimètre et le stéthoscope donnent d'un côté dans l'état normal, se rencontreraient alors du côté opposé. Des gens, dont il faut mépriser le caractère, puisqu ils calomnient, ont osé dire que la percussion m'avait lait méconnaître une transposition des viscères 1| est bien vrai que j'ai vu un seul cas de ce genre, que

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je lai même publié avec beaucoup de détail dans ie Journal de médecine^ et que le fait n'avait pas été reconnu pendant la vie. Mais, il y a quinze ans de cela^ et je ne connaissais pas plus alors la plessimétrie que l' auscultation médiate.

[[1^0. Dyscardionervie (troubles dans l'innervation du coeur ). C'est à une semblable affection qu'il faut rapporter certains bruits organiques du cœur : dans ce nombre il faut ranger les palpitations dont sont atteints les sujets nerveux, irritables, et surtout les femmes, soit à l'approche de leurs règles, soit lorsque cette évacuation tend à s'établir pour la première fois, soit enfin lorsqu'elle se supprime. On voit aussi survenir les palpitations aux hommes laborieux dont la poitrine est étroite et l'abdomen est habituellement penché en avant, et aux sujets dont la poitrine est mal conformée. Le diagnostic est ici fondé : i° sur l'absence des signes de percussion propres à faire reconnaître i'hypercardiotrophie ou l'atrophie, et aussi sur l'absence des signes fonctionnels des maladies du cœur; on observe fréqueinmeot dans les palpitations, dites nerveuses, le bruit du souffle et quelquefois ce^ lui du diable se prolongeant au loin dans les artères. 2" Sur la marche de la maladie sujette alors à des accès qui, pour un temps, cessent d'une manière compièie et reparaissent ordinairement dans certaines circonstances déterminées, telles que des travaux, des impressions morales, etc.

Remarquez que le diagnostic des palpitations nerveuses est entièrement fondé sur l'exclusion que l'on fait des signes positifs propres aux lésions organiques du cœur.

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Remarquez encore qu'ici comme dans d'autres cas, on a étrangement abusé du mot nerveux; que les palpitations qui précédent les règles ou les suivent, sont souvent en rapport avec la polyhyperhémie ou la polyanhémie; remarquez que, sur des individus grêles, c'est quelquefois par suite de la gène que le cœur éprouve lors de certaines positions du corps, dans un thorax trop étroit, ou encore par suite de la longueur des membres, que les palpitations surviennent, etc., et donnez -vous garde de considérer de tels cas, comme nerveux. Que de fois un praticien, au niveau de la science, trouve-t-il des lésions très matérielles et très évidentes, sur des personnes que Ton avait depuis longtemps traitées pour des affections dîtes nerveuses?

\ »U Acardionervie (défaut d'action nerveuse du cœur). Cet état est assez fréquent, il se reconnaît à ce que l'on cesse de sentir et d'entendre les bruits du cœur. Il peut être complet ou incomplet ; si dans le premier cas il se prolonge, il cause la mort; s'il est momentané, il est suivi d'anencéphalohémie (défaut d'abord du sang vers le cerveau ) ou de syncope. Je conçois difficilement comment, dans un ouvrage récent, on a encore rapporté au cœur la syncope, qui évidemment est due à l'absence de l'abord du sang vers l'encéphale ( V, le Procédé opératoire^ n° 4^7). L'acardionervie est une cause de syncope ainsi que la polyanhémie ; mais à coup sûr ce n'est pas dans le cœur que se passe le phénomène qui fait perdre connaissance, c'est dans le défaut d'excitation du cerveau par le sang. Le cœur se con-

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tracterait à vide avec une force extrême, que la syncope n'en aurait pas moins lieu; mais que, par une cause quelconque, l'encéphale cesse de recevoir du sang, la syncope en est la conséquence. C'est donc au diagnostic des affections cérébrales que nous renvoyons celui de la sVncape.

44^ . Cardialgie (douleur névralgique dans les points du thorax que les signes physiques démontrent correspondre au cœur). Variations fréquentes dans l'apparition et le retour de cette douleur, elle vient souvent par accès ; son invasion est quelquefois aussi rapide que sa disparition est brusque. Elle alterne fréquemment avec d'autres névralgies. Celle qui lui ressemble le plus est la névralgie brachio-thoracique (angine de poitrine) qui part ordinairement des nerfs des parois thoraciques voisins de la région cardiaque ou de ceux du sein. Rarement dans la névralgie des parois, les fonctions du cœur sont très altérées; il y a seulement douleur à l'occasion des mouvemens que l'organe imprime aux côtes, et elle a pour caractère de s'étendre vers le plexus brachial, l'épaule et le nerf cubital, ce qui n'a pas lieu dans la cardialgie. [V. le diagnostic des névropathies) .

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