‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 6 sur 142 · NOMENCLATURE ORGANO-PATHOLOGIQUE. XI · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE ORGANO-PATHOLOGIQUE. XI

que ces expressions elles-mêmes. G est ainsi qu*Aj- ;o^r-trophie , hypo-Ûièse^ a?i-encéphalie, /7o(y-sarcie, djs-ménorrhée, hydro-^isie , a'éro-lithe , toxico-lo^ie , pyo-génie, depuis long-temps admis, permettaient bien d'employer ces autres noms composés : hyper-nervie ( augmentation d action nerveuse ) , hypopneumonite (faible pneumonite), jyd?/j-hyperhémie (beaucoup de sang en général), ^ïn-hémie (défaut de sang ) , ^/js-gastro-nervie ( difficulté dans l'action nerveuse), hydro-]^lQune (hydropysie de la plèvre) , aër{?-péritonie (gaz dans le péritoine), toxlco-hémie (empoisonnement du sang), pyo-hémie (pus dans le sang), etc.

Les reproches qu'on peut faire à la nomenclature organo-pathologique, sont les suivans :

1° Quelques mots de la nomenclature sont trop longs. Exemple : kyper-spléno-trophie^ mais qui ne voit que la phrase indiquée par cette expression est bien autrement longue, puisqu'elle désigne une augmentation de volume de la rate? C'est rendre le style plus rapide et plus concis, que de remplacer une phrase par un mot.

2^* Quelques expressions de la nomenclature sont très loin d'être harmonieuses ^ et de flatter agréablement l'oreille; exemple : Cardiarctie. Mais d'abord ces mots, encore une fois, sont passés dans la science, et il vaudrait mieux les admettre, bien qu'ils sonassent mal, alors qu'ils seront compris, que d'en créer de très doux dont personne ne pourrait dire la signification qu'en feuilletant le dictionnaire. Mais remarquez que ce mot arctie dérive du latin et que les latins

XII AVANÏ-PROPOS.

a*employaient guère d expression dissonante que pour désigner des choses en rapport avec cette dissonance; aussi voit-on que cette expression si dure : arctie (de coarctare rétrécir, mettre à l'étroit) , sert à exprimer un resserrement, un rétrécissement, un obstacle. D'ailleurs, la plupart des autres termes proposés sont assez doux, et cela n*est pas surprenant, puisque, ainsi qu'il vient d'être dit, c'est dans la langue grecque, et surtout dans des mots usités dans le langage médical, que la nomenclature organo-pathologique a été presque complètement puisée.

'5" Il faudrait que ce ne fût pas un seul auteur qui se hasardât à modifier ainsi les noms des maladies ; mais qu'un corps savant:, ou qu'une réunion de médecins l'établît, et soutînt une nomenclature de son autorité.

Personne plus que moi ne respecte les corps savans; mais, bien que je sois éloigné de croire que des assemblées scientifiques ne soient point utiles, je pense cependant qu'une volonté ferme et unique, mais soutenue par un ardent désir de bien faire, peut entraîner les convictions. De sa nature un corps délibérant marche lentement ; et des siècles se passeraient avant que cinquante médecins réunis s'entendissent sur les noms à donner aux maladies. D'ailleurSj ce n'est pas un seul auteur qui a fait la nomenclature organo-pathologique; elle est née du progrès; de l'anatomie des organes sains et malades; elle est née de cette haute pensée : que tout symptôme doit avoir sa raison anatomique ou organique. C'était aux médecins, en général, à créer les noms des maladies, et ce sont eux qui ont pariiellement fondé

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la nomenclature organo-palhologique. Un d'entre eux a seulement cherché à faire en philologie un tout de leurs travaux épars.

4° Le reproche de néologisme serait ici fort pea fondé, puisqu'il n'y a pas de mots nouveaux créés ^ mais seulement assemblage de mots déjà consacrés par la science.

5° Mais, à quoi sert-il de changer les mots f* Pour-quoi ne pas conserver un langage reçu^ tout vieux qu'il estj lorsque chacun entend ce qu'il signifie? Cette objection est plus solide que les précédentes , et elle exige une réfutation sérieuse :

D'abord s'entend-on sur les mots reçus? à coup sûr il n'en est pas ainsi. L'apoplexie est une congestion pour les uns, une hémorrhagie pour les autres. La fièvre est une entité créée dans des temps d'ignorance, sur laquelle chacun a parlé et que personne n'a jamais compris. Il n'est pas de labyrinthe plus sinueux que l'histoire des maladies de la peau; et le seul fil d'Ariane qui puisse en faire sortir, c'est de nommer organiquement les lésions, et d'oublier les mots en partie modernes, et en partie anciens qui forment de la pathologie cutanée un inextricable nœud, etc. Que de fois ne voit-on pas des médecins faire plus que discuter chaudement près du lit du malade, seulement à l'occasion du nom de la maladie, alors qu'ils sont d'accord sur son traitement !

La nomenclature organo-pathologique remédie à ce grave abus. Elle ne nomme pas définitivement les maladies; elle exprime seulement, mais d'une manière nette et par un ou plusieurs mots positifs, l'état

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