Quelle est la valeur diagnostique de ces faits
609. Lorsque le cœur se contracte avec faiblesse , on remarque souvent que l'élévation du bras ralentit de beaucoup la force et la résistance du pouls.
278 CliA^GEMENS DE POSÎTIOiV DES ARTERES.
Lorsque, par une cause quelconque, les artères contiennent peu de sang, on observe que le changement de position affaiblit ou fait disparaître les battemens de la radiale: ceci a lieu, soit que lanhémie artérielle soit partielle, c est -à -dire bornée aux artères des membres tandis qu'il y a beaucoup de sang dans les organes profonds ; soit que cette anliémie devienne générale. Lorsque Ton sent à peine le pouls dans les cas graves, il arrive qu'on le rend sensible en abaissant le bras et en le tenant long-temps dans cette position; c'est ce qui avait souvent lieu dans les cas d'entérorrhée cholérique, lorsque le sang avait perdu une grande partie de sa sérosité.
610. Ainsi, nous pouvons admettre que l'examen de l'artère radiale dans des positions variées du bras , fournira , dans beaucoup de cas , des données importantes sur la force de contraction du cœur gauche et sur les quantités de sang contenues dans les artères. Sans doute ce moyen isolé serait insuffisant ; mais il est encore plus probant que l'examen exclusif du pouls par les procédés ordinaires , et nous avons vu que cet examen ne doit pas être négligé.
611. J'avais depuis long-temps livré à l'impression la plus grande partie de ces faits et de ces idées , lorsque M. Corrigan publia, sans rappeler mes recherches sur rinfliience que la position des membres a sur les pulsations de leurs artères, un mémoire d'après lequel Félévation des bras, dans le cas d'insufîîsance des valvules aortiques, serait suivie d'une augmentation dans les battemens des artères radiale et palmaire. îl cite quelques faits à l'appui de Gctte
AUSCULTATION DES ÂFxTEïlES. 270
assertion, et assure qu'il en est ainsi pour îes membres inférieurs. Dans le cas dont il s'agit, les pulsations deviendraient apparentes à la vue. Il est difficile d'admettre un tel fait comme un signe positif de Tinsuffisance des valvules aortiques puisqu'on le rencontre sur tous les sujets pléthoriques dont le cœur est énergique , et dont les artères sont larges.
612. La percussion des artères d'un médiocre calibre ne pourrait avoir quelque utilité que dans les cas de dilatation ou d'anévrisme, et ce qui a été dit précédemment de l'aorte dispense d'insister d'avantagle sur ce point.
61 3. L'auscultation des artères d'un médiocre volume , donne des symptômes plus ou moins ana-
.logues à ceux que fournit l'aorte, et d'ailleurs, nous avons déjà traité assez au long de ces symptômes , pour pouvoir nous dispenser d'y revenir ici (n^ 479)*
614. La plupart des considérations établies sur les signes physiologiques qui peuvent révéler les lésions de l'aorte, sont applicables aux artères d'un moyen calibre : seulement les troubles de fonctions qui pourraient conduire à les reconnaître , correspondraient aux branches en rapport avec le tronc malade et avec les parties où elles se distribuent, tandis que pour Faorte, toute la circulation au-dessous de ce vaisseau est altérée. Un autre fait non moins important, c'est que la plupart des artères d'un moyen calibre, peuvent facilement être suppléées dans leurs fonctions par des collatérales qui se dilatent, et par des anastomoses qui s'établissent; tandis que pour l'aorte on possède à peine quelques faits du même genr^.
61 5. On a admis que dans l'artérite il y avait mi sentiment de chaleur et de malaise dans l'artère enflammée; sans nier ce fait, j'avouerai que je n'ai rien observé de semblable. Les battemens des artères sont augmentés autour d'une partie enflammée, soit dans les vaisseaux qui se rendent à celles-ci, soit dans ceux des organes voisins. Ce fait est surtout appréciable dans les inflammations extérieures. Quelquefois cette énergie dans les pulsations commence au point affecté , s'étend de proche en proche , semble se propager à tout l'arbre artériel et déterminer ainsi une hyperhémie générale , fébrile , considérée par J. P. Franck comme une artérite aiguë. On a été jusqu'à admettre que la fièvre n'est que la représentation et , pour ainsi dire , l'ombre de l'irritation des» artères et du cœur.
616. Par contre : le ralentissement de la circulation au dessous d'un tronc présumé malade , le refroidissement des parties auxquelles se distribuent ses rameaux, et enfin la gangrène de ces parties dans les cas où d'autres artères ne suppléent pas au tronc intéressé , sont les principaux phénomènes physiologiques qui révèlent le rétrécissement ou l'oblitération des artères. 11 y a du reste beaucoup de recherches à faire encore sur ce sujet, et quelques faits me portent à penser que la gangrène sénile sèche est en rapport avec une oblitération d'artères, tandis que la gangrène humide correspondrait le plus souvent à une lésion de veines»
ARTÉRITE, ARTÉRIECTASIE (anÉVRISMEs). 281
SPÉCIAL ET COMPARATIF DES MALADIES DES ARTÈRES d'uN MEDIOCRE