‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 12 sur 101 · EXAMEN DE LA. SALIVE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE LA. SALIVE

phie; 5° dans deux cas de tubercules pulmonaires; 4^ dans une hydropîeurîe accompagnée de la formation d'enduits noirs sur la langue; 5" dans une pneumonite en voie de guérisoo avec coïncidence d'enduits jaunâtres épais. Quand on mettait le papier dans la bouche il était rougi, quand au contraire le malade crachait la salive {juon laissait tomber sur le papier sans détacher les enduits j, le même phmomène n avait plus lieu; & dans une autre pneumonite, le papier n'était pas rougi , il le fut tout aussitôt que des enduits épais et jaunâtres se formèrent ; mais sur ce cas comme dans le précédent, c'était seulement dans la bouche et non quand le malade crachait sur le papièr que celui-ci était rougi A la nécroscopie, il y avait dans l'estomac des rougeurs, des arborisations et des taches rouges pointillées ; 7° la salive était neutre dans un cas de gastrite reconnu pour tel par M. Andral ; 8® dans beaucoup d'expériences qui ne furent pas notées, la salive était acide sur des personnes en parfaite santé.

1481. Il semble résulter de ces faits : 1° que dans les cas où existent des symptômes gastriques, la salive examinée dans la bouche est ordinairement acide ; 2" que le même caractère chimique de ce liquide est parfois observé sur des personnes bien portantes ou qui sont atteintes de maladies autres que celles de l'estomac; 3° que l'acidité de la salive n'est pas un signe positif de gastrite ; car on la trouve lorsque cette affection n'existe pas et la salive est quelquefois neutre alors que les symptômes portent à croire qu'elle existe,

1482. Il paraîtj ainsi que les expériences de Montègre portent à le croire, que fréquemment ce n'est pas au moment où elle est sécrétée que la salive est acide : en effet, en humectant le papier de tournesol

avec celiè qui sortait actuellement de la bouche, il n'était pas rougi, et ii ne Tétait pas davantage ainsi que Ta constaté M. Bélouino, lorsqu'on le mettait en contact avec l'orifice du conduit de Sténon. Or, sur les mêmes sujets qui avaient servi à cette expérience, îe papier placé sur la langue était devenu manifestement rouge. Seraient-ce donc les enduits qui auraient acidifié la salive et lui auraient fait rougir le papier de tournesol? Ce qui porterait à îe faire croire c est que parmi les symptômes dits gastriques , on a surtout relaté les enduits. Or, pour nous, ces enduits ne sont pas le résultat direct de la gastrite ; seulement ils coexistent fréquemment avec elle. Il ne serait donc pas étonnant que dans la gastrite, la salive fut souvent acide; mais cela ne démontrerait pas qu'il y eut une relation directe entre la phlegmasie gastrique et les caractères de la salive.

i483. La salive conservée pendant plusieurs heures hors la bouche, à une température de 3^ dégrés, ne s'acidifie pas; c'est du moins ce que M. Bélouino aobservé dans des recherches que je l'ai prié de faire. Ce n'est donc pas à l'état de décomposition de ce fluide qu'il faut rapporter son acidité; mais c'est une question de savoir si la salive ne devient pas acide lorsqu'elle séjourne sur la membrane muqueuse, car M. Donné a constaté, ainsi que nous l'avons vu, que celle qui recouvre les lèvres est constamment acide. La stagnation de la salive dans la cavité orale pourrait donc contribuer à son acidité.

i484* Dans l'état actuel de la science, il n'y a pas encore de signes positifs déduits de l'état acide, neutre, ou alcalin de la salive, propres à annoncer une affection bien déterminée de l'estomac ou des autres organes , et il faut faire de nouvelles recherches sur ce sujet avant d'établir une opinion fixe. Dans

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