‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 13 sur 101 · EXAMEN DE LA SRLIVE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE LA SRLIVE

tous les cas , l'art du diagnostic est redevable a M. Donné d'une voie nouvelle d'investigation , dont à coup sûr, on tirera parti.

iZ^85. Pour bien juger des qualités et des propriétés physiques de la salive excrétée hors la bouche, il est urgent de recommander au malade de ne recueillir que des liquides rendus par expuition ; c està-dire qui proviennent de la cavité orale , et non des voies bronchiques et pharyngiennes : il faut recueillir la salive à jeun et avoir soin qu'elle ne contienne ni des détritus d'alimens, ni des substances liquides. Or , ce fluide ainsi obtenu est clair , visqueux, filant, légèrement adhérent au vase, susceptible de mousser et de contenir des bulles d'air; albumineux, ordinairement alcalin et variable en quantité et sans doute dans les proportions de ses élémens chimiques , qu'on trouve indiquées avec soin dans les ouvrages de physiologie (1).

i486. Ce qu'on doit surtout chercher, dans l'état actuel de la science, c'est à déterminer la quantité de salive formée dans certains états morbides. îl faut ici bien prendre garde de s'en laisser imposer par l'issue de ce fluide hors la bouche. En effet, dans l'état normal 5 et sans entrer dans les calculs très peu positifs que l'on a faits sur ce sujet, on peut dire que la proportion de salive formée est très considérable. INous avalons ce liquide à chaque instant par un mouvement de déglutition presque automa-

(1) Il serait à désirer, qu'indépendamment des recherches sur l'état d'alcalinilé ôu d'acidité de la salive, on en fit quelques autres de comparatives sur sa composition chimique en santé et en maladie. De telles analyses seraient du reste fort difficiles ; lors même que l'on était porté à croire que ce liquide dût éprouver des modifications importantes, on n'a pas constaté qu'il en fût ainsi : dans la sturaatite mercurielJe , par exemple, il ne contient pas de mercure; dans l'ictère, il n'est pas coloré en jaune, etc.

tique, et dont nous n'avons la conscience que lorsque jnous y portons attention. A peine se passe-t-il quelques m ou ve m en s respiratoires sans qu'une déglutition ait lieu, et à chaque fois une grande quantité de salive coule dans l'estomac, où elie remplit des usages importans , dont en général on ne tient pas toujours assez compte.

1487. Or, pour peu qu'il y ait des obstacles: — douleur, engorgement , anervie (paralysie) qui gênent la déglutition, — la salive n'est avalée qu'avec peiiie ; on la crache ou on îa laisse couler des lèvres en penchant la téte sur le côté ; ce fluide s'échappe en abondance, sans pour cela que la quantité formée dans un temps donné soit plus considérable. Cette considération majeure est applicable à l'amygdalite, à la pharyngite, à la stomatite mercurielle , à la glossite, etc., et dans tel cas où l'on croirait qu'il y a hyper-crinie saiivaire, pour me servir de l'expression de M. Andral, il n'y a que difficulté dans l'excrétion.

1488. Il paraît cependant que, dans la plupart de ces cas , la formation de la salive se fait en plus grande proportion; cela a lieu à l'occasion de la plus légère stimulation delà membrane muqueuse orale, surtout dans celle de nature spéciale qui est produite par la pyrèthre. Il en est encore ainsi lorsque les gencives , la langue ou la surface interne des joues sont le siège d'ulcérations, de pseudo-membranes, etc. On a vu, dans un court espace de temps, rendre plusieurs livres de salive , et il n'est pas douteux pour moi que îa matière que crachent en si grande abondance certaines personnes atteintes de catarrhes dits pituiteux, ne soit en grande partie constituée par de îa salive qui s'écoule pendant les quintes de toux.

1489. En général, une salivation abondante épuise; elle annonce souvent qu'il y a une cause d'excitation :

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