SENSATIONS DE LA PULPE DENTAIRE
du goût peuvent, dans un assez bon nombre de cas, donner des notions sur l'état des organes circulatoires 5 respiratoires et digestifs; mais qu'il faut prendre garde de s'en laisser imposer à ce sujet, par les sensations qui résultent de la présence de divers produits sapides dans la bouche. Avant de déduire des conclusions de l'abolition , de l'augmentation ou de la perversion du goût, on doit noter avec le plus grand soin quel est l'état organique de la langue et du palais. Ajoutons même, qu'il faut dans ce cas, examiner aussi les fosses nasales, car beaucoup d'impressions que l'on considère ordinairemenî; comme en rapport avec les saveurs , tienneot aux odeurs et agissent sur les organes olfactifs , plutôt que sur ceux de la gustation. (La saveur du vin, de la moisissure , etc). Il suffit de boucher le nez en même temps qu'on avale, pour ne plus ressentir, une grande partie de ces saveurs.
1500. Les deuts et les gencives sont fort peu sensibles dans l'état normal. Elles le deviennent extrêmement dans les cas de maladie. Les douleurs de gencives coexistent presque toujours avec la rougeur et l'inflammation de leur limbe, ce qui évite toute méprise; dans le cas contraire, il y a quelquefois des élancemeas évidemmeoî; névralgiques qui y correspondent et qui tiennent plus a la soiilfraoce de rameaux de la cinquième paire, qo.'auK- (.■en cives elles-mêmes.
1501 . L'inflammation de la membrane iiiteroe de la dent, rend le moindre contact de celle-ci sensible et quelquefois extrêmement douloureux. La destruction d'une partie de la couronne, mettant le nerf à nu , détermine surtout les plus violentes douleurs. Que le mal ait lieu dans la racine , dans le collet, ou dans l'intérieur de la dent sans lésion extérieure^ il est
des cas où il est fort difFiclle de reconnaître le siège réel de la douleur. La percussion , comme nous lavons dit, fournit ici quelques documens, mais n'a pas toujours empêché d'enlever une dent saine pour une dent malade. C'est que la lésion du filet nerveux de la dent s'étend au rameau d'où il émane et aux autres filets de celui-ci. C'est là le propre de toute lésion des nerfs , aussi n'est-il pas possible de distinguer certaines névralgies indépendantes de la maladie actuelle d'une dent , de telle odontalgie qui provenant de la souffrance du nerf dentaire , résulte de la carie de la couronne, ou de ia portion de la dent engagée dans l'alvéole. Dans ces deux circons-r tances , les douleurs sont extrêmes , s'étendent au loin , souvent jusque vers le sommet de la tête, et cette ressemblance ne doit pas étonner , puisqu'il s'agit toujours d'une même névralgie, dont la cause matérielle est seulement différente. En définitive, ce que le médecin doit toujours faire dans des cas pareils, c'est d'examiner les dents avec le plus grand soin et de faire extraire celles qu'il peut raisonnablement accuser de produire le mal.
1502. La luette enfin, ou plutôt la luette et le voile du palais, peuvent être le siège d'une sensibilité exagérées qui provoque des vomissemens opiniâtres. On sait, en effet, quelle relation étroite lie, dans l'état normal , cette partie de l'appareil digestif avec les puissances actives du vomissement. Presque jamais la luette ne cause spontanément ceux-ci que lorsqu'elle est plus rouge, ou que sa tuméfaction la met en contact avec les organes voisins. Il est de règle, en diagnostic, lorsqu'il existe des vomissemens opiniâtres, d'examiner attentivement la luette et le voile du palais,
1503. A l'occasion de l'inspection de la bouche,
les divers mouvemens dont elle est susceptible , ont été examinés sous le rapport des symptômes et des signes qu'ils fournissent. INotons seulement ici la contraction persistante des muscles élévateurs de la mâchoire, qui applique cet os contre les dents supérieures, et qui constitue le trismus ou le premier degré do tétanos. Ce phénomène consiste quelquefois en un simple resserrement des os maxillaires; mais ordinairement il est bientôt porté au point que ni le malade, ni une main étrangère ne peuvent écarter ces os l'un de l'autre. Lesmasseters, les temporaux sont tendus , durs , et en quelque sorte immobiles. Ce symptôme est souvent funeste et doit faire pronostiquer, dans beaucoup de cas, le tétanos général, surtout lorsque le malade a été soumis à de vives douleurs, ouà quelques-unes des causes les plus fréquentes de cette terrible névrose.
i 5o4. Les fonctions de la bouche étant nombreuses, et se rattachant à plusieurs grands appareils organiques, il en résulte que leurs altérations doivent être fréquemment notées comme élémens de diagnostic ou de pronostic. Contentons-nous de dire ici pour abréger, i** que tout obstacle, même incomplet, au passage de l'air par la bouche, gêoe la respiration à un très haut point (exemple : l'amygdalite, la glossite, etc. ) , et qu'il peut être une source de graves maladies des voies aériennes; 2** que si la mastication se fait mal : faute de dents, par suite de leur mauvaise conformation , ou par toute autre cause, il faut craindre que la digestion n'en soit troublée; 3** que si l'estomac digère mal, on doit examiner la manière dont îa mastication se fait> s'informer du temps que Ton met à l'exécuter, etc. ; 4" ^^1^ ainsi des pertes
de salive que fait un malade et qui l'exposent à la lenteur et à la difficulté des digestions; S*" que, par
EXPLORATiOxX i>£ LA BOUCHE,
contre, line salive troi) abondamment portée dans l'estomac peut entraver , et partant, dépraver les digestions, etc.
1505. Ajoutez à ceci que les états organo -pathologiques locaux de la bouche peuvent déterminer : soit des phénomènes généraux du côté de la circulation, comme cela a quelquefois lieu pour la glossite, la stomatite, etc. ; soit des lésions nerveuses éloignées, comme on le voit à la suite des maladies des dents, etc. , et vous aurez encore une faible idée de toute l'importance de la cavité buccale, envisagée sous le rapport de la pathologie et du diagnostic.